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Deux premiers cas de personnes contaminées par le zika ont été identifiés en Guyane et en Martinique. Ce cousin de la dengue et du chikungunya suscitait déjà depuis quelques mois les inquiétudes du Haut conseil de santé publique.

Le zika s’invitera t-il pour les fêtes de fin d’année ? Si aucun cas n’a encore été recensé à Saint-Martin, ce virus, qui se transmet à l’homme par une piqûre de moustique, a déjà fait son entrée dans les Antilles-Guyane, ainsi que le confirme le ministère des Affaires sociales et de la Santé : « Les Agences régionales de santé (ARS) de Guyane, de Martinique et de Guadeloupe sont mobilisées pour mettre en oeuvre toutes les mesures permettant de surveiller et de limiter la dissémination du virus et de prendre en charge les personnes concernées contaminées par ce virus émergent. Les professionnels de santé sont informés de la mise en oeuvre de ces dispositions ».
 
L’évolution de la situation épidémiologique vient donc conforter les craintes du Haut conseil de santé publique. Le 10 août dernier, l’instance d’expertise nationale publiait un rapport mettant en garde les autorités contre le risque de propagation du zika, non seulement à la Réunion et dans les départements métropolitains, où le moustique Aedes est implanté, mais aussi « dans les départements français d’Amérique ». Le HCSP estimait même que concernant nos territoires insulaires le risque de transmission du virus zika était « élevé » et concernait « l’ensemble de la population y résidant ou y séjournant ».
 
DES SERVICES SANITAIRES EN ALERTE
L’ARS de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy indique elle que « les services de veille sanitaire et de lutte anti vectorielle sont en alerte depuis le mois de septembre 2015 ». « Les médecins de ville, sensibilisés, sont en mesure de prendre en charge les cas suspects et de les signaler à tout moment à l’ARS » poursuit l’agence de santé. Il existe en effet un terrain propice à l’implantation du virus dans nos îles car le zika a récemment provoqué quatre grandes épidémies dans le monde et notamment au Brésil depuis mai 2015. Début juin, les autorités sanitaires brésiliennes confirmaient l’extension géographique de l’épidémie.
Or dans nos territoires le moustique Aedes aegypti, impliqué dans l’actuelle épidémie brésilienne de zika « est implanté et abondant » soulignaient déjà les experts du Haut conseil de santé publique : « les conditions pour une transmission autochtone du virus zika sont réunies ». Les flux de voyageurs rendent probable l’arrivée d’une personne porteuse du virus et pouvant ensuite générer une transmission locale. Avec les premiers cas constatés en Guyane et en Martinique, le contexte est donc désormais propice au développement d’une épidémie.  
Comme pour la dengue ou le chikungunya, il n’existe pas de traitement pour le zika. Les précautions à prendre sont donc les mêmes : éviter de favoriser la prolifération des moustiques en supprimant tous les points d’eau stagnante et se protéger des piqûres.
 
 
Transmission et symptômes du zika

Le virus zika est un arbovirus, qui appartient à la même famille que ceux de la dengue et de la fièvre jaune (famille des Flaviviridae). Ce virus, étant transmis par le même moustique que celui responsable de la dengue et du chikungunya (Aedes aegypti), l’ARS Guadeloupe / îles du Nord rappelle que les mesures de prévention et de protection, connues de tous, sont plus que jamais de rigueur.

En cas de piqûre, le moustique prélève le virus sur une personne infectée. Après un délai d’incubation chez le moustique de l’ordre de quelques jours et à l’occasion d’une autre piqûre, l’insecte peut transmettre le virus à une personne saine. « Les mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques sont donc indispensables pour lutter contre le développement d’une épidémie » veut rappeler l’ARS.
 
Les symptômes sont le plus souvent de type grippal (fièvre, maux de tête, courbatures) avec des éruptions cutanées et se manifestent dans les 3 à 12 jours qui suivent la piqûre par le moustique contaminé, indique l’ARS. Le zika peut également se manifester par une conjonctivite ou par une douleur derrière les yeux, ainsi que par un oedème des mains et/ou des pieds. Par ailleurs, un grand nombre de cas sont asymptomatiques. Il n’existe pas de traitement curatif, ni de vaccin et le traitement est donc symptomatique (traitement des symptômes). L’utilisation d’aspirine est fortement déconseillée en raison des risques de saignement.
 
Si la gravité du virus « n’est pas immédiate », le Haut Conseil de Santé publique indique lui qu’elle est surtout liée à la survenue de « complications neurologiques » : 42 cas de syndromes de Guillain-Barré ont été rattachés sur le plan temporel à l’épidémie de virus zika en Polynésie française.
 
 
Vigilance particulière pour les femmes enceintes

L’Agence régionale de santé indique qu’une attention particulière est recommandée aux femmes enceintes dès le début de la grossesse car le zika est susceptible de développer des malformations congénitales. Il leur est recommandé de se protéger contre les piqûres de moustique (répulsifs, vêtements longs, moustiquaires) et d’assurer un suivi médical rigoureux de la grossesse auprès de la PMI, dont l’accès est gratuit, ou du médecin généraliste, du gynécologue, de la sage-femme.
 
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