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La Réserve naturelle a présenté le rapport de ses activités en 2015 en préfecture le 16 décembre dernier, à l’occasion de la réunion du comité consultatif qui se tient traditionnellement chaque fin d’année depuis 2001.

Le rapport d’activités, qui comprend toutes les actions de la Réserve depuis le début de l’année, a été présentée par Nicolas Maslach, le directeur de la Réserve naturelle, en vidéo projection, sur une soixantaine de pages. Une différence considérable avec le premier rapport, en 2001, qui tenait sur 4 pages ! Mais l’objectif principal de la Réserve reste le même : le maintien de la biodiversité et la préservation des différents écosystèmes marins et terrestres. Toutes ses missions étant clairement définies par son plan de gestion, la Réserve s’attache à le respecter au plus près. Il s’agit d’améliorer les connaissances sur les espaces et les espèces protégées, de maîtriser les impacts humains sur l’environnement, de restaurer les milieux ou les populations dégradés, de communiquer et de sensibiliser à l’environnement, d’optimiser les moyens pour assurer la qualité du travail et de renforcer l’intégration régionale.
 
LES ACTIONS DE LA RÉSERVE
Parmi la multitude d’actions réalisées en 2015, on retiendra…
• La campagne Megara 2015, soit 12 jours d’observation des baleines à bosse, qui ont permis de prendre un grand nombre de photos, notamment de nageoires caudales, dont les caractéristiques signent l’identité de chaque baleine à bosse. Ces photos sont classées dans le catalogue créé par la Réserve et partagées avec les catalogues existants, dans la Caraïbe, mais aussi aux USA, au Canada, en Islande, en Norvège…
• Les deux tortues équipées d’une balise GPS en juin dernier sont régulièrement suivies. Elles sont restées autour de Tintamare et dorment au pied des falaises. Elles migreront lorsqu’elles deviendront adultes, à l’âge d’environ 25 ans. Grâce à une opération identique, une tortue marine adulte a pu être suivie de Curaçao à la République Dominicaine, via Saint-Martin, avant qu’elle redescende vers son point de départ.
• Le projet d’habitat artificiel BioHab suit son cours, notamment par la mise en place d’une structure en parpaings sur le sentier sous-marin de Pinel. Les effets de ce programme sur la biodiversité sont énormes puisque l’on est passé sur l’un des sites de 4 espèces et 7 individus à 49 espèces et 1500 individus. Des braconniers ont porté atteinte à l’une des structures et ont subtilisé entre 60 et 70 langoustes à 21 mètres de profondeur. La Réserve envisage de développer ce projet en lui donnant beaucoup plus d’ampleur.
• Les gardes ont effectué 218 patrouilles en 2015 et 58 des contrôles se sont avérés non conformes. Quelques rares infractions ont fait l’objet d’un procès-verbal et le braconnage, qui concerne surtout le lambi, est en baisse. L’unique souci d’ordre réglementaire concerne quatre parcelles contigües au Galion, où sont installées la Ferme aux Papillons, le centre équestre, le refuge canin Pawsitive et l’école de dressage canin. Régis Armangaud, qui représentait l’Etat en l’absence de la préfète, est intervenu sur l’importance de faire respecter la réglementation, sous peine d’encourager d’autres contrevenants à s’installer.
• Un quatrième observatoire aux oiseaux est en cours de construction sur les berges de l’étang de Chevrise.
• La maison en ruines à Babit Point a été détruite et désiamantée au préalable. La même procédure est prévue pour les ruines de l’hôtel sur le site du Galion. On estime le volume d’amiante à 34 mètres cubes, qui devront être transportés par mer pour leur traitement en métropole. La durée du désamiantage sera de deux à trois mois.
• La préfecture ayant signé l’arrêté nécessaire, la redevance sur les passagers maritimes peut effectivement passer de 1,52 euro à 2 euros.
• Le projet BEST, confié à Romain Renoux et Amandine Vaslet, avance à grands pas. L’idée est d’évaluer les besoins de tous les territoires ultramarins de l’Europe en matière de biodiversité, avant le financement des actions préconisées.
• Le projet de l’Institut Caribéen de la biodiversité insulaire prend forme. Le choix de l’architecte se fera en février 2016, parmi les trois cabinets présélectionnés, et les dernières études préalables au lancement de la construction auront lieu dans l’année.

Les participants
 
Régis Armangaud, chef du service des territoires, de la mer et du développement durable de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy a présidé la réunion, aux côtés du député Daniel Gibbs, du conseiller territorial Jean-David Richardson, du responsable du service direction de la mer Michael Very, du chef du service vétérinaire Mario Poggio, de la directrice de l’Office de tourisme Kate Richardson. Du côté de la Réserve, on trouvait le président de l’association de gestion de la Réserve naturelle, Harvé Viotty, ainsi que plusieurs membres de l’association et les salariés de la Réserve.
Le rôle du comité consultatif, comme son nom l’indique, est de fournir des analyses, des conseils, des recommandations et des orientations à la Réserve naturelle.
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