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Politique, économie, société, faits divers, sports, culture… Retrouvez tous les faits marquants de juillet à décembre 2015.

Juillet
 
• Eleveurs et animaux souffrent de la sécheresse
Avec un déficit pluviométrique alarmant de 60% par rapport à la normale, les éleveurs et leurs animaux sont touchés directement. Certains ont même déjà perdu des têtes de bétail. Ressentie depuis décembre 2014, le phénomène de sécheresse est donc entré dans son 8ème mois. Autant de mois pendant lesquels les éleveurs ont dû pallier le manque de ressources naturelles, par l’importation de nourriture sèche en provenance de Puerto Rico ou de Guadeloupe. « De toute ma vie, c’est la première fois que je vois une pareille sécheresse », assure Maxime Parotte, éleveur de bovins et de caprins à Friar’s Bay. La chambre d’agriculture recense déjà une douzaine de pertes sur l’ensemble du territoire saint-martinois depuis le début du phénomène. A Anse Marcel, un éleveur déplore à lui seul la mort de 8 veaux et d’une vache.
 
 
• Sargasses : l’exaspération
Les invasions de sargasses, qui proviennent de l’embouchure de l’Amazone au Brésil et prolifèrent par la surcharge de phosphates et de nitrates, se sont intensifiées depuis l’année 2011. Pendant que les touristes pataugent dans les algues et que les riverains respirent l’odeur d’œuf pourri, les autorités se concertent et planifient. Un protocole sera signé entre l’État, la Collectivité et l’ADEME, prévoyant l’organisation générale du ramassage des algues, la création d’une brigade verte et un dispositif d’observations. Cette brigade, dont le nombre sera de 20 agents, pris en charge par l’État et l’ADEME, et embauchés par une entreprise d’insertion locale, sera chargée du ramassage des algues sargasses, et de la préservation des milieux. Les moyens humains et matériels seront mis en oeuvre le plus rapidement possible pour assurer le ramassage, le traitement et la valorisation de ces algues. L’objectif est de restaurer la qualité des plages à l’approche de la prochaine saison touristique.
 
• 400 000 € pour Sandy Ground et Quartier d’Orléans
Le contrat cadre de la politique de la Ville 2015 – 2020 a été signé le 24 juillet entre la présidente de la Collectivité et la préfète. Désormais les crédits politique de la Ville seront ciblés sur deux secteurs du territoire : Sandy Ground et Quartier d’Orléans. Le contrat de ville nouvelle génération a en effet défini une nouvelle géographie prioritaire, souhaitée par le gouvernement afin de concentrer les efforts sur les quartiers pauvres. Ce contrat de ville prévoit un apport de 250.000 € sur 2015, issus des crédits du ministère de la Ville, soit 9.000 € de plus que l’année dernière. La Collectivité a quant à elle prévu d’engager 150.000 €. Au total ce sont donc 400.000 € qui ont été fléchés sur Sandy Ground et Quartier d’Orléans cette année.
 
• Bac : 80,3% de reçus à l’examen
Les chiffres définitifs du baccalauréat sont tombés et Saint-Martin dégringole de 3 points exactement par rapport à l’année scolaire précédente. Toutefois, avec 6 mentions très bien et un taux qui se maintient au dessus de la barre des 80 %, le cru 2015 reste bon, à moins de 8 points de la moyenne nationale (87,8%). Le taux de réussite de l’académie de Guadeloupe est lui de 86%.
 
• Cimetières : comment faire de la place
Conséquence de la poussée démographique couplée à une organisation anarchique des cimetières : Saint-Martin n’a plus de place pour ses morts. En juillet 2014, la Collectivité se lançait donc dans un vaste programme de réaménagement des cimetières publics. Objectif : faire de la place et mettre les infrastructures en conformité. Une campagne d’identification des sépultures a été lancée, avant que la Collectivité ne puisse faire valoir son droit de reprise. Mais à ce jour, moins de 30% des tombeaux et caveaux sont clairement identifiés à Marigot. A Cul-de-Sac, Grand-Case et Quartier d’Orléans, de 2 à 15 % seulement. La Collectivité se laisse donc encore un peu de temps avant de faire valoir son droit de reprise sur les sépultures abandonnées.
 
• L’adieu à Pierre François Isaac
Au son des tambours et des trompettes une marée humaine a accompagné Pierre François Isaac dans son dernier voyage. Le 30 juin dernier la disparition de cet homme très apprécié a beaucoup affecté la communauté locale. L’ancien policier municipal, affecté ensuite au pôle Solidarité et Familles de la Collectivité, s’était également mobilisé auprès de la jeunesse scout.
 
• Un nouveau centre commercial en 2016
Les travaux visant à la construction du centre commercial Aventura à Hope Estate ont récemment débuté. Il devrait ouvrir ses portes d’ici un an. Aventura, dont le nom n’est pas sans rappeler l’incontournable « mall » de Miami, même si la version saint-martinoise sera certes à l’échelle de notre territoire, offrira 2840 m2 de boutiques et bureaux sur deux étages. Le groupe immobilier Tridom, implanté en Guadeloupe, a donc parié sur Hope Estate pour concevoir son ambitieux projet. Situé en bordure de la RN 7, le nouveau complexe n’aura certainement aucun mal à drainer la clientèle. 
Dans un contexte tendu pour les entreprises du BTP, ce type de projet constitue évidemment une aubaine pour booster leur activité.
 
• We are the championnes !
Le 26 juillet, à Philipsburg, la sélection féminine de volley-ball de Saint-Martin a remporté le ECVA Junior Female Championship U18 en dominant Antigua en 3 sets (25-22, 25-17, 25-13). Cette première place, synonyme de qualification pour le tour suivant, était l’ambition clairement affichée par les joueuses et le staff avant la compétition, mais pas seulement. Battre les Îles Vierges britanniques en concédant un minimum de points, défaire Sainte-Lucie tenante du titre, gagner en 3 sets contre Antigua… Tous les objectifs ont été atteints.

Août
 
• Le gouvernement renforce son plan anti-sargasses
Gonflement des budgets, accélération de la recherche, coopération internationale et création d’une mission interministérielle. A l’instar du plan anti-algues vertes lancé par le gouvernement en Bretagne l’année 2010 alors doté de 134 M€, le gouvernement se saisit plus sérieusement de la question des sargasses qui envahissent en masse les côtes antillaises depuis 2011. Un fléau qui touche gravement la Martinique, la Guadeloupe, et dans une moindre mesure Saint-Martin et Saint-Barthélemy. « Un fonds exceptionnel de 2 millions d’euros est mis en place par l’Etat afin d’accompagner l’engagement des actions de ramassage par les collectivités compétentes, compte tenu de l’ampleur des charges qu’impose cette action indispensable », indiquait alors la ministre des Outre-Mer George Pau Langevin. Depuis le début de la crise, plus de 6 M€ ont déjà été mobilisés pour financer le ramassage.
 
• Naissance d’un groupe anti-PLU
Un collectif de résidents s’est créé sur les réseaux sociaux pour dire « non au projet de PLU sur U4 », zone destinée à l’habitat pavillonnaire dans le Plan local d’urbanisme prévu pour être exécutoire début 2016. Quelque 635 adhérents ont déjà rejoint le groupe. Son porte-parole, Gilles Kelaïdites, a saisi la presse pour faire part des réticences sur la réglementation d’U4, zone du PLU destinée au développement de l’habitat pavillonnaire. En dépit des réunions publiques, des présentations du projet de PLU dans les conseils de quartier, des communiqués et articles publiés dans la presse locale, le collectif formé sur le réseau social estime que « la population n’a pas été assez informée ».
 
• Après le chikungunya, le zika ?
Le chikungunya a un cousin, le zika, proche des virus de la dengue et de la fièvre jaune et pour lequel il n’existe pas de vaccin. Ce virus, transmis par le moustique Aedes aegypti bien présent à Saint-Martin, pourrait jouer à son tour les trouble-fêtes. Le 10 août dernier, le Haut conseil de santé publique (HCSP), instance d’expertise nationale, a publié un rapport mettant en garde les autorités contre le risque de propagation du zika, non seulement à la Réunion et dans les départements métropolitains où le moustique de type Aedes est implanté, mais aussi « dans les départements français d’Amérique ». Le HCSP estime même que concernant nos territoires insulaires le risque de transmission du virus zika « est élevé » et « concerne l’ensemble de la population y résidant ou y séjournant ».
 
• La baisse du chômage ne profite pas à Saint-Martin
Alors que la ministre des Outre-mer se félicitait du repli du nombre de demandeurs d’emploi dans d’autres contrées ultramarines, Saint-Martin connaissait une courbe inverse. En juillet dernier, Pôle Emploi comptabilisait 4.337 chômeurs inscrits en catégorie A (dépourvus d’emploi). En un an, le chômage de ces « sans emploi » (catégorie A) a donc accusé une hausse de 0,6%. L’augmentation était de 3 % si l’on incluait les personnes exerçant une activité réduite courte (catégorie B), et les personnes en activité réduite longue (catégorie C). Bonne nouvelle tout de même, le nombre de chômeurs de longue durée (1 an et plus), a diminué de 1,1% sur un an. Toutes catégories confondues, Pôle Emploi gérait 4.995 dossiers à fin juillet (catégories ABCDE). C’est le chiffre le plus élevé depuis octobre 2014 (5000 inscrits).
 
• Une cheminée géante acheminée sur la nouvelle centrale EDF
La centrale EDF de Galisbay est en chantier jusqu’en 2016 pour améliorer sa production grâce à l’installation de trois nouveaux moteurs. Dimanche 16 août, un convoi exceptionnel a quitté le port de Philipsburg pour acheminer les éléments de la cheminée de rejet, qui a été fabriquée en Finlande et livrée par fret maritime. Parti de Pointe Blanche, le cortège lent et périlleux a nécessité l’escorte de la gendarmerie depuis la frontière de Cole Bay jusqu’à l’usine EDF de Galisbay. Les trois éléments de ce pot d’échappement géant pèsent respectivement 24, 18 et 12 tonnes. Ils ont été installés en septembre. 
 
• Lambis : halte à la surpêche !
La conque rose est l’un des symboles majeur de la Caraïbe. Si la beauté de ce coquillage en a fait longtemps un trophée recherché, il présente aussi un élément important de la gastronomie antillaise. Un engouement qui met aujourd’hui en péril la pérennité de notre escargot de mer favori. Cette diminution sans doute imputable à l’importante pression de pêche qui s’exerce sur l’animal, a amené les autorités compétentes à prendre des mesures de protection. En matière d’environnement et de pêche, Saint-Martin reste rattachée à la Guadeloupe et à ses règlementations. L’arrêté préfectoral de 2002 stipule que la pêche au lambi est réservée aux professionnels inscrits aux affaires maritimes. Une situation compliquée car en partie hollandaise et à Anguilla, la pêche ne fait pas l’objet des mêmes règlementations.
 
• Le VCG se retire du Tour de Guadeloupe
Si la domination du guadeloupéen Boris Carène a été sans partage, sa victoire a été grandement facilitée par le retrait d’une des principales formations rivales : le Vélo Club de Grand-Case. Pour rappel, cette décision du VCG de quitter la compétition prématurément est intervenue suite à une violente altercation lors de la 6ème étape (Goyave – Pointe-Noire) entre Joann Ruffine (ASBM) et Ludovic Turpin (VCG). Estimant que « la sécurité des coureurs du VCG n’était plus assurée », le club saint-martinois a donc tout simplement décidé de ne pas poursuivre ce 65ème Tour de Guadeloupe. Depuis cette rixe sur les routes du Tour, les versions divergent et les deux parties ont choisi de porter plainte devant la Justice.

Septembre
 
• Saint-Martin s’offre une nouvelle image
Un slogan sans concession – « Smile at life ! », un langage visuel redéfini et une vidéo punchy : l’Office de tourisme a dévoilé la nouvelle communication de notre destination, pensée pour être en en phase avec les nouvelles technologies. Le slogan « Smile at life ! » doit résonner comme « une invitation faite aux visiteurs à sourire à la vie en leur offrant une destination où le sourire et les raisons de bien-être sont omniprésents » a souligné la directrice de l’Office de tourisme, Kate Richardson. Face à une concurrence caribéenne de plus en plus vigoureuse – dont l’ouverture de Cuba – et à l’émergence de nouveaux marchés – Sud-américains, Russes, Américains du Midwest et de Californie -, Saint-Martin a effectivement tout intérêt à soigner sa communication.
 
• Opération séduction vers la Chine

En 2014, la Chine a fait voyager 107 millions de touristes dans le monde. Le 25 septembre, les liens entre Saint-Martin et la Chine se sont resserrés grâce à Invest Caribbean Now, une société basée à New York, chargée de mettre en relation les investisseurs et les gouvernements de la Caraïbe. C’est ainsi qu’une quarantaine de personnalités chinoises a découvert Saint-Martin sous son meilleur jour. «On a donné envie d’investir à Saint-Martin» détaille Jeanne Rogers-Vanterpool, indiquant qu’ils «ont vu le produit». Et surtout les grands projets censés relancer l’économie du territoire : l’aménagement de la Baie de Marigot, l’extension du port de Galisbay, la revitalisation du centre-ville… Des projets mis en avant pour donner l’image d’un territoire dynamique où il ferait bon investir.
 
• Toujours plus d’accidents sur les routes 
Sur l’année 2015, le nombre d’accidents est en hausse de 26% par rapport à l’année 2014, à la même période. Depuis le début de l’année, quatre personnes ont déjà perdu la vie sur les routes, 1 à Saint-Barthélemy et 3 à Saint-Martin. Le nombre de blessés hospitalisés à la suite d’un accident de la circulation augmente lui de presque 60%, avec 41 blessés dont 32 hospitalisés. La conduite dangereuse fait de nombreux dégâts : une vitesse excessive dans 45% des cas et un dépassement dangereux dans 27% des cas. La consommation d’alcool est relevée dans 21% du total des accidents et 33% des accidents mortels. La présence de stupéfiants dans 15% des accidents et 50% des décès. Et sur 40% de blessés les forces de l’ordre ont repéré l’absence d’équipement de sécurité.
 
• Premiers tests à l’abattoir 
Deux cochons, deux taureaux et deux chèvres ont été amenés à l’abattoir le 24 septembre. « C’est un abattoir multi-espèces » a rappelé Maguy Gumbs, directrice de la CCISM – qui fait office de Chambre d’agriculture -, venue assister au bon déroulement des opérations. Pour ce premier test, Saint-Martin a reçu l’aide de techniciens des abattoirs de Marie-Galante et du Moule. La viande a été proposée à la dégustation le samedi 3 octobre, au terme de 10 jours de maturation. Un événement destiné à faire la promotion de cet abattoir et des produits qui en sortiront.
 
• 60% des résidents fiscaux déclarent moins de 10.000 €
En 2013, selon le rapport annuel 2014 de l’IEDOM, 16.649 déclarations fiscales ont été enregistrées pour les résidents fiscaux saint-martinois par la Collectivité et 1.513 déclarations fiscales ont été recensées par la DGFiP pour les résidents fiscaux de l’État. Sur la totalité des résidents fiscaux, 60,8% faisaient état d’un revenu net imposable inférieur à 10.000 €. Toujours sur le territoire de la Collectivité, les résidents fiscaux relevant de l’Etat et déclarant dans cette tranche de très faibles revenus ne sont eux que 22,8%, une moyenne très proche de la métropole où ils sont 23,9%. A noter que le nombre de déclarations fiscales enregistrées par la COM pour ses résidents fiscaux était en baisse en 2013: 16.649 déclarations contre 16.820 en 2012.
 
• Marina Royale : des paroles aux actes ?
Entre le dépotoir à ciel ouvert et l’indigence de ses occupants, les abords de la Marina Port la Royale sont régulièrement dénoncés par les habitants et les commerçants du quartier. A cours de patience face à l’inaction des autorités, le conseil de quartier n°5 menaçait de bloquer Saint-James avant de recevoir le vice-président Guillaume Arnell. Mais concrètement, aucune solution de sortie de crise n’a été avancée par le numéro 2 de la Collectivité. «  Nous devons considérer l’aspect humain de ces individus » a déclaré l’élu. « La racine du problème est qu’il n’y a actuellement pas d’alternative. C’est de la responsabilité des autorités locales ainsi que de l’Etat. Nous devons combiner nos efforts et proposer des solutions à ces attentes. »
 
• Sint Maarten : nouvelle crise politique 
Le 30 septembre le gouvernement du côté hollandais perdait la majorité à la faveur d’une coalition formée par huit membres du Parlement. Marcel Gumbs sera finalement contraint à la démission et son siège reviendra à William Marlin. De nouvelles élections sont prévues en 2016.
 
• Un mois pour se prononcer sur le PLU
L’enquête publique relative à l’élaboration du PLU a débuté le 27 septembre. Le but est de permettre aux administrés de s’exprimer sur cette nouvelle organisation du territoire qui remplacera le POS, début 2016 si le calendrier suit normalement son cours. Du 1er au 30 octobre, les citoyens vont pouvoir s’exprimer librement sur le projet de PLU arrêté par les élus en juin dernier. Le Plan local d’urbanisme va en effet déterminer ce qu’il sera possible de faire dans les différentes zones du territoire, qu’elles soient consacrées à l’urbanisation, à l’agriculture, ou à la préservation des milieux naturels. L’enquête publique doit donc constituer un temps privilégié de concertation démocratique où toute la population pourra s’exprimer et donner son avis : habitants, acteurs économiques, associations. L’enquête publique est régie par le Code de l’environnement et a pour objet « d’assurer l’information et la participation du public ainsi que la prise en compte des intérêts des tiers lors de l’élaboration des décisions susceptibles d’affecter l’environnement ». Cette procédure est menée par un commissaire enquêteur nommé par le tribunal administratif de Saint-Martin. La durée de l’enquête ne peut être inférieure à trente jours. Outre la libre consultation du dossier du PLU et le registre mis à disposition pour recueillir les avis, les personnes souhaitant des éclairages juridiques supplémentaires pourront rencontrer le commissaire enquêteur durant toute la durée de l’enquête. Au terme de cette procédure, le commissaire enquêteur remettra un rapport assorti de conclusions, et recueillant toutes les observations et réclamations, ainsi que les réponses déjà apportées par la Collectivité à certaines demandes.

Octobre
 
• Plus de PLU : Guillaume Arnell s’incline

La Collectivité entendait rendre son Plan local d’urbanisme exécutoire début 2016. La pression sociale en a décidé autrement. La contestation s’était faite entendre d’abord sur les réseaux sociaux dès la fin de l’été. Alors que s’ouvrait l’enquête publique au 1er octobre elle a gagné du terrain. Jusqu’au 22 octobre lorsque, au terme d’une journée de crise qui aura paralysé toute Saint-Martin, le comité anti-PLU a obtenu l’ajournement de l’enquête publique la reprise des concertations. « Je ne peux que regretter qu’une population tout entière ait été prise en otage par quelques-uns, à des fins individuelles et politiciennes » avait déploré la présidente Aline Hanson. Le projet de PLU divisait déjà les élus puisqu’il avait été adopté en Conseil territorial le 25 juin uniquement par les élus de la majorité. Début octobre, le leader de l’opposition Daniel Gibbs s’était officiellement prononcé en faveur du report de l’enquête publique. L’année 2016 verra t-elle la reprise des concertations ?

 
• Bloquer pour mieux avancer : un paradoxe
Mercredi 7 octobre, depuis 8 heures du matin, l’accès à Quartier d’Orléans par la RN7 était tout simplement impossible. La veille, une famille de la rue Round the Pound avait frôlé le drame, échappant aux flammes qui ont ravagé son habitation. « Ma mère, ma sœur et ses quatre enfants n’ont plus de maison », enrageait Andrew Richardson, alias « King Baker Jr ». Le musicien de Quartier d’Orléans, qui est à l’origine des barricades improvisées au milieu de la chaussée, était exaspéré : « Il y a eu trois incendies dans la maison d’en face. Treize feux au total dans des voitures, des maisons… Ils ne font rien ! Ils sont inutiles ! » Ces « ils » faisaient référence aux forces de l’ordre. Une réunion de crise s’était tenue à deux pas du barrage. Etaient notamment présents : deux vice-présidents de la COM, une conseillère territoriale, un député, des représentants du conseil de quartier n°1, de la préfecture et de la gendarmerie. Le roi Baker Jr avait, lui, été refoulé à l’entrée du restaurant.
 
• Hémorragie financière : l’hôpital cherche un nouveau souffle
Avec un déficit de 4,4 M€ et des comptes révélant un manque de fiabilité, l’hôpital voit rouge. « Si nous étions un établissement privé, il y a longtemps qu’on aurait mis la clef sous le paillasson » concède le directeur Roland Toussaint, lors d’un entretien sans tabou sur les finances du Centre hospitalier et les dispositions prises pour tenter de redresser la situation. En novembre 2014, l’ARS avait en effet dépêché un premier audit. Malgré la fragilité financière de l’hôpital, son directeur veut rester optimiste. « C’est une chance, sur un si petit territoire, d’avoir un hôpital comme celui-ci, avec un tel plateau technique. Il faut que la population ait confiance en son hôpital. » Il va cependant devoir gérer une drôle d’équation : serrer la vis, tout en maintenant le niveau d’exigence que la population est en droit d’attendre.
 
• Croisières : une saison un peu plus prometteuse
Après deux années difficiles pour la croisière, la partie française reprend du poil de la bête. Trente-sept escales sont attendues cette saison, soit 17 de plus qu’en 2014/2015. Le très chic Club Med 2 a ouvert le bal le mercredi 18 novembre. « Cette saison s’annonce bonne » estime le directeur du port Albéric Ellis, qui compare avec « la chute importante » du nombre d’escales les deux années précédentes. La partie française reçoit de petites unités haut de gamme, de 150 à 850 passagers à fort pouvoir d’achat. Au total, sur les trente-sept escales annoncées pour cette haute saison touristique, quelque 4200 croisiéristes devraient débarquer sur le Front de Mer. Ce regain d’activité est lié à l’arrivée du Star Legend (212 passagers) et des Seadream 1 et 2 (respectivement 112 et 110 passagers), qui totaliseront 30 escales. A noter aussi que l’Ocean Princess a fait escale pour la première fois dans la Baie de Marigot, le 23 décembre.
 
• Les brigades vertes passent à l’attaque
Jeudi 1er octobre, en début de matinée, la brigade verte lancée début septembre pour le ramassage durable des algues indésirables, était à pied d’œuvre à l’embarcadère de Cul-de-Sac pour sa première intervention sur le terrain. Armés de râteaux et de brouettes, vêtus de guêtres et de bottes, protégés par des masques, les soldats verts se sont activés sous l’œil des représentants du service Environnement de la Collectivité et en présence d’un agent de l’Agence régionale de santé (ARS). Une fois ramassées et séchées, les algues brunes rejoignent l’écosite pour gonfler le volume des déchets verts, qui sont désormais transformés en compost.
 
• Cambriolages et tentatives d’homicide en hausse plombent les chiffres
« Nous sommes dans un contexte quasi similaire à 2014. » Point de triomphalisme pour la préfète Anne Laubies, qui fait part de chiffres « peu ou prou » stationnaires par rapport à l’année dernière et admet que l’on reste sur « des niveaux de délinquance élevés. » En corollaire « l’activité des services reste très soutenue » et persiste, au sein de la population, cette « impression d’insécurité ». Si, pour ce qui concerne la délinquance générale, la hausse annoncée de 2% n’est certes pas spectaculaire, ce n’est pas une bonne nouvelle non plus pour notre territoire. La représentante de l’Etat fait état de « deux points noirs » en : la hausse « tout à fait réelle » des cambriolages, à hauteur, de 33%, et les 14 tentatives d’homicide déjà comptabilisées cette année.
 
• Les bêtes vont manger du foin
Alors que la sécheresse, qui sévissait sur Saint-Martin, entrait dans son onzième mois, les éleveurs ont eu le soulagement de voir dépoter un container renfermant un millier de bottes de foin. Ou plus exactement 1.026 bottes d’un « mélange d’herbes de très haute qualité nutritionnelle en provenance d’Europe que les éleveurs pourront mélanger », comme le précisait Elie Touzé. Le chargé du développement agricole et rural à la Collectivité expliquait alors que cette nourriture providentielle serait « gratuitement et équitablement répartie » entre les différents acteurs. Ce stock représentait un mois à un mois et demi de provision.
 
• Densification des Terres Basses : la fin du tourisme de luxe à Saint-Martin ?
Parmi les polémiques que soulevait le projet de PLU, la densification des Terres Basses, quartier résidentiel qui a fait l’objet d’un zonage spécifique (U5), en était une. Ce traitement particulier entendait pourtant prendre en compte la faible densité urbaine du secteur où jusqu’à présent, il était impossible de construire sur une parcelle inférieure à 10.000 m2. Or le règlement du projet de PLU faisait grincer des dents car il introduisait des autorisations susceptibles de modifier l’attractivité des Terres Basses pour la clientèle à fort pouvoir d’achat.

Novembre
 
• Attentats de Paris : Saint-Martin solidaire
Alors que l’état d’urgence a été déclaré sur l’ensemble du territoire métropolitain, Saint-Martin a tenu à rendre hommage aux victimes des attaques terroristes du 13 novembre à Paris. Le lundi suivant, dans les jardins de la Collectivité, dignitaires des deux parties de l’île et simples citoyens ont répondu à l’appel de la présidente Aline Hanson. Près de trois cents personnes sont ainsi venues faire une minute de silence ainsi que déposer des fleurs ou allumer une bougie au pied du monument aux morts. Aucun discours n’a été prononcé. Seule l’émotion et le recueillement étaient de mise, en particulier lors d’une vibrante Marseillaise interprétée avec justesse par notre jeune chanteuse Tamilia Chance. La veille, un rassemblement pour la paix s’était tenu sur la jetée de Marigot. Vêtus de blanc, près de cent cinquante personnes ont manifesté leur compassion pour les victimes des attentats.
 
• Interdiction des transats : les élus n’assument pas ? 
A l’heure où la Collectivité multiplie les mesures pour tenter de redynamiser l’économie du territoire et endiguer la hausse du chômage, l’interdiction des transats sur la plage de Grand-Case à l’ouverture de la saison touristique fait un peu tâche. D’ailleurs, après avoir causé la surprise par sa soudaineté et l’absence de concertation, cette mesure laisse visiblement les élus de la Collectivité sans voix. Et des voix, il n’y en a pas eu beaucoup mardi dernier lorsqu’il s’est agi de voter en faveur de cette interdiction. En fait, une seule main s’est levée pour suivre l’avis de la commission d’aménagement et de l’urbanisme qui s’était réunie le 3 novembre dernier. Des positions abstentionnistes qui menacent une trentaine d’emplois et l’attractivité du site touristique. Un parti pris surprenant tant pour la majorité que pour l’opposition qui prône régulièrement des mesures pour redresser une économie exsangue.
 
• Les péripéties de la taxe routière 
Instaurée en 2008 puis abandonnée en 2010 car le recouvrement des mauvais payeurs posait quelques difficultés, la taxe routière pourrait bien revenir dans le portefeuille des automobilistes. C’est en tous cas la volonté de la majorité en place, mais une ultime procédure reste encore à mener sans que l’on connaisse vraiment son délai d’exécution. Pour remettre cette taxe en vigueur, il faut en effet garantir des pénalités dissuasives pour les mauvais payeurs. Le 8 novembre, les conseillers territoriaux étaient amenés à se prononcer sur l’opportunité de transmettre à la ministre des Outre-mer une modification du code de procédure pénale afin d’instaurer le principe de l’amende forfaitaire pour cette taxe routière. Principe qui permet au conducteur en infraction de payer sur le vif, au tarif minimal de la contravention, comme c’est par exemple le cas pour le téléphone au volant ou le défaut de port de ceinture. 
 
• Logement locatif : la grande pénurie
A Saint-Martin, il existe certes une forte saisonnalité de la location longue durée : avec le jeu des mutations et le calendrier scolaire, il est souvent plus facile de trouver un bien entre mai et août. Mais les agences immobilières confirment bien que la situation, déjà tendue, s’est corsée depuis la fin de l’été. Pour François Huc, agent commercial chez Immo Dom, il y a « pénurie complète et totale de logements, notamment de logements corrects c’est-à-dire propres, décents, et de taille normale ». Les propriétaires auraient de plus en plus tendance à passer leur bien en location saisonnière. Si pour certains cela rapporte plus, pour d’autres, c’est l’assurance d’éviter un locataire mauvais payeur dont il est toujours difficile de se séparer.
 
• L’aéroport de Grand-Case en chantier jusqu’en mai
L’aéroport de Grand-Case connaît actuellement une rénovation et une réor-ganisation fonctionnelle complète de son aérogare construite en 2004. Les travaux, dont le montant s’élèvent à près de 5 millions d’euros, sont financés à même hauteur par le FEDER ainsi que par SNC-Lavalin, la société en charge de la gestion de l’aéroport. 
La salle d’embarquement a été réduite de moitié, les boutiques ont littéralement disparu, les comptoirs d’Air Caraïbes, d’Air Antilles Express et de St. Barth Commuter ne sont plus, l’accès à l’embarquement se fait par un chemin dérobé… Dans quelques mois, quand ils pénétreront dans l’aérogare avec son volume unique d’enregistrement, son double espace d’inspection, filtrage et émigration, son restaurant « au centre du village », ses deux fronts de collecte de bagages et ses couleurs jaunes, vertes et bleues qui rappellent le soleil, la nature et la mer des Antilles, les voyageurs auront du mal à reconnaître les lieux, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
 
• CESE : Isabelle Biaux-Altmann nommée pour Saint-Martin
Isabelle Biaux-Altmann représentera Saint-Martin au Conseil économique, social et environnemental. Il s’agit de son premier mandat. Vaincu mais beau joueur, le conseiller sortant René Arnell félicite Isabelle Biaux-Altmann pour sa nomination au CESE et ne manque pas de remercier celles et ceux qui lui avaient accordé leurs soutiens.
 
• Violences faites aux femmes : plus de 200 plaintes par an 
A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les associations saint-martinoises se mobilisent. Chaque année en France, plus de 216.000 femmes de 18 à 59 ans sont victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur ancien ou actuel partenaire. Ce chiffre ne couvre pas l’ensemble des violences au sein du couple puisqu’il ne rend pas compte des violences verbales, psychologiques, économiques ou administratives. Par ailleurs, 86.000 femmes indiquent avoir été victimes de viol ou de tentative de viol, et seules 10% d’entre elles déposent plainte. Ces chiffres soulignent l’ampleur de ces violences inacceptables qui ont de très lourdes conséquences sanitaires, psychologiques, économiques et sociales. A Saint-Martin, plus de 200 plaintes sont déposées par an.

Décembre
 
• Les commerçants en état d’urgence
Vendredi 11 décembre, il était environ 14h15 lorsque quatre individus à bord de deux deux-roues se sont immobilisés à proximité de la place de la Marina Royale. Selon des témoins de la scène, deux seraient restés sur les scooters pendant que les deux autres, équipés d’une hache et d’une masse, ont fait voler en éclats une des vitrines de la bijouterie Goldfinger pour y dérober des montres de luxe. Un des malfaiteurs a également brandi une arme de poing afin de tenir en respect les passants qui se rapprochaient des lieux. Personne n’a été blessé. Ce cambriolage en pleine journée et à la vue de tous a évidemment choqué les commerçants qui, spontanément, se sont mobilisés et ont marché vers la préfecture, animés par des sentiments d’insécurité et d’impuissance. La préfète Anne Laubies a reçu une délégation et a notamment proposé des patrouilles plus fréquentes en centre-ville. Une augmentation des effectifs de la police territoriale serait également à l’étude. La représentante de l’Etat a aussi évoqué un dispositif « vigi-commerce ».
 
• Les détecteurs de fumées désormais obligatoires dans tous les logements
La Collectivité entend protéger ses ouailles et surtout montrer qu’elle prend ses responsabilités. Souvenez-vous… L’obligation – ou pas – d’installer un détecteur de fumée dans les logements de Saint-Martin a fait débat il y a quelques mois lorsqu’en France cette nouvelle réglementation est devenue applicable au 8 mars 2015, en vertu de la loi du 9 mars 2010. Jeudi 17 décembre, les élus réunis en Conseil territorial ont finalement tranché : au 30 juin 2016, tous les lieux d’habitation de Saint-Martin devront être équipés d’un DAAF (détecteur avertisseur autonome de fumée). Cette mesure est censée « réduire le nombre de décès dus à des incendies domestiques » et « préciser les normes applicables pour garantir le bon fonctionnement du dispositif de prévention ». Au sein de la majorité, Rolande Questel et René-Jean Duret se sont abstenus de voter.
 
• Stationnement en zone bleue : pas avant janvier ?
Censé réguler le stationnement dans le centre de Marigot sur quelque 450 places de parking, ce dispositif avait été présenté par la Collectivité comme étant effectif au mois de novembre, soit à l’entrée de la saison touristique. Mais si les travaux de marquage au sol matérialisent effectivement le projet, l’annonce officielle sur une date de mise en pratique se fait attendre alors que l’activité commerçante de Marigot commence à battre de son plein. La zone bleue, qui limitera le stationnement à 1 heure 30 maximum,  vocation à forcer la rotation des véhicules pour booster la fréquentation du centre-ville. Or du côté de la Collectivité, il reste encore quelques étapes à franchir. La zone bleue n’était donc pas pour cette fin d’année.
 
• Gendarmerie et police territoriale main dans la main
Jeudi 10 décembre, Gendarmerie et Police territoriale ont officialisé leur partenariat par deux conventions renforçant une coopération déjà existante dans les faits. L’hôtel de la Collectivité accueillait à cette occasion le général de Corps d’Armée Bertrand Soubelet, patron des gendarmes d’Outre-mer. Lors de sa précédente visite en janvier 2015, l’homme avait proposé un partenariat accru entre les forces de l’ordre. C’est désormais chose faite après les paraphes officielles des deux documents formalisant cette collaboration. « Nous travaillons de concert depuis très longtemps entre la gendarmerie et la police territoriale » voulait rappeler le général, qui entend ainsi « favoriser cette coproduction de sécurité essentielle partout en France. »
 
• Imposition de 30 % sur le RSA : la COM a gagné
La Collectivité a eu gain de cause et va pouvoir mettre en œuvre la décision votée en Conseil territorial le 30 octobre 2014. Pour mémoire, la délibération, entérinée par seulement 15 des élus de la majorité prévoyait « l’instauration d’un prélèvement forfaitaire de nature fiscale sur les sommes reçues au titre du revenu de solidarité active ». Le taux de ce prélèvement est fixé à 30%, mais les sommes allouées au titre du « RSA activité » ne seraient elles, pas taxées. La Collectivité compte ainsi sur des recettes de l’ordre de 4,4 millions d’euros sur l’année. Autrement dit, les 3833 foyers qui ne perçoivent que le RSA socle (c’est-à-dire qui ne déclarent aucun revenu professionnel) verraient le montant de leur allocation diminuer de 30%.
 
• La machine miracle contre les sargasses
La solution (mécanique) contre ces satanées algues brunes est arrivée et s’appelle « Scarbat. » Un nom qui rappelle celui du scarabée (escarabat en catalan), puisque cette machine élaborée par Beach Trotters nous arrive tout droit de la région de Barcelone. Entièrement financé à hauteur de 65.000 euros par la société d’exploitation touristique Sindextour, titulaire de l’AOT depuis le Kontiki jusqu’au Coco Beach, le Scarbat devrait considérablement soulager les opérateurs de la zone dans leur mission d’entretien de la plage dans les dix prochaines années. Une corvée rendue particulièrement difficile ces derniers temps par les importants échouages chroniques de sargasses.
 
• La STEU écolo de Quartier d’Orléans
La station de traitement des eaux usées de Quartier d’Orléans va non seulement traiter les eaux usées de Cul-de-Sac à Quartier d’Orléans, mais également proposer un parcours écologique de découverte entre les bassins de traitement et leurs plantes aquatiques, disposées à foison à la surface de l’eau. Le principe repose sur les racines des plantes, plongées jusqu’à 1,50 mètres dans l’eau, qui vont constituer un habitat favorable au développement des bactéries friandes de nos matières organiques. Le système est novateur, mais éprouvé, avec 20 ans de recul et donc assez d’expérience de la société Organica.
 
• Tu veux mon zika ?
Deux premiers cas de personnes contaminées par le zika ont été identifiés en Guyane et surtout, en Martinique. Ce cousin de la dengue et du chikungunya suscitait déjà depuis quelques mois les inquiétudes du Haut conseil de santé publique. Si aucun cas n’a encore été recensé à Saint-Martin ce virus, qui se transmet à l’homme par une piqûre de moustique, a donc déjà fait son entrée dans les Antilles-Guyane.
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