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Mardi les représentants de la Collectivité se sont rendus sur le site d’Orient Bay afin de tendre l’oreille aux doléances des commerçants. Ces derniers étaient néanmoins invités à recevoir leurs clefs cette semaine.
 
 

Ils étaient promis pour le mois de novembre, mais ne seront finalement pas exploitables avant la fin de ce mois. Les jolis carbets d’Orient Bay, construits par la Collectivité suite à la destruction des baraquements sur cette même parcelle par le cyclone Gonzalo, ont suscité une vive impatience auprès des exploitants qui étaient sommés de déposer une demande d’AOT en bonne et due forme. La vingtaine d’autorisations étant enfin délivrée, ainsi que le confirme le dernier Journal officiel, les commerçants étaient invités mercredi et jeudi à recevoir leurs clefs et à signer leur convention d’AOT avec la Collectivité. D’ici la fin du mois, le site flambant neuf devrait donc reprendre vie. Mais non sans peine.
 
Car les infrastructures et les prix des loyers ont suscité l’ire des commerçants qui, pour se faire entendre, s’étaient rendus à l’hôtel de la Collectivité lundi dernier. En réponse, élus et techniciens leurs proposaient une réunion de chantier le lendemain afin de débattre des points de discorde. L’architecture de certains bâtiments, jugée peu adaptée pour l’activité de restauration, ainsi que le montant des loyers (2500 euros par mois pour un restaurant, de 1000 à 1500 euros pour les boutiques) a en effet suscité une levée de bouclier. Mardi dernier, une âpre négociation s’est donc ouverte entre les vice-présidents Guillaume Arnell et Wendel Cocks d’une part, et les futurs exploitants d’autre part, qui déploraient notamment le retard pris dans les travaux et la perte de deux mois d’activité en pleine saison touristique.
 
L’exécutif a pourtant tenté de rappeler aux bons souvenirs son intention de départ, pourtant louable : « il s’agissait d’avoir un site attractif » selon Wendel Cocks. Guillaume Arnell, qui représentait Aine Hanson en déplacement, entendait aussi redorer le blason de la COM : « cet outil a été fait pour booster le tourisme de la partie française ». Pour mémoire, il s’agissait également de remettre de l’ordre dans l’occupation du domaine public, puisque les nouveaux carbets ont été attribués moyennant la procédure propre aux AOT.
 
DES LOYERS REVUS À LA BAISSE ?
Le malaise portait avant-tout sur le prix des AOT, fixé en Conseil exécutif par la Collectivité. « 2500€ par mois pour un restaurateur, c’est un coût extrême, c’est 5 fois plus qu’avant » lançait mardi cet exploitant. Est également pointé du doigt le différentiel avec les emplacements sur le marché, fixés eux à 100 € par mois. Le gérant d’un watersport s’inquiétait lui de devoir payer un loyer de 600 € pour un emplacement « plus petit et plus cher ».
Des doléances auxquelles Guillaume Arnell a prêté oreille : « est-ce que chacun peut amener les chiffres certifiés de son activité sur ces trois dernières années pour justifier la demande ? » a t-il rétorqué, concédant plus tard après la rencontre qu’un « geste » pourrait être fait le cas échéant. Mercredi et jeudi, lors de la remise des clefs, la promesse a été réitérée : « on nous a assuré que cela repasserait en commission » rapporte ce commerçant, ravi de savoir que le premier chèque ne serait finalement encaissé qu’au 1er mars. Quant à la durée des AOT, initialement fixée à 3 ans mais qui était jugée trop courte – « une épée de Damoclès » disait-il – « on nous a aussi promis qu’elle pourrait être allongée à 5 ans ».
 
BEACH BAR SANS BAR : TRAVAUX À FAIRE
La conception même des structures des restaurants avait aussi créé un grand désarroi. Déplorant « une superficie commerciale plus petite », cet exploitant a tenté de sensibiliser les élus sur l’absence de bar dans son… beach bar. Une grosse lacune dans la structure des établissements que Guillaume Arnell semble avoir comprise, non sans rappeler qu’il faut « une harmonie générale ». La question de l’agencement des terrasses, censées accueillir le plus gros de la clientèle, a également fait débat puisqu’une simple bâche a été prévue : « c’est inefficace contre le soleil, la pluie, c’est totalement inadapté ».
Il reviendra finalement aux exploitants de réaliser eux-mêmes les aménagements qu’ils jugent utiles pour leur activité, ainsi que cela leur a été confirmé lors de la remise des clefs.
 
Au terme de la concertation de mardi, Guillaume Arnell affirmait qu’il y avait « des demandes légitimes et facilement réalisables ». Certains commerçants ont cependant refusé de signer le contrat d’AOT et n’ont donc pas reçu leurs clefs, arguant « attendre la révision des loyers ».  
 
Les carbets seront-ils prêts pour ouvrir leurs portes début février ? Après sept mois d’inactivité, et sans compensation financière, les exploitants qui avaient dû fermer boutique sont plus qu’impatients. « Je travaille nuit et jour pour pouvoir ouvrir entre le 25 et le 30 janvier » confiait hier ce restaurateur qui va s’attaquer à la construction d’un bar et d’une couverture pour la terrasse de son établissement. Pour lui, comme pour les autres, la haute saison touristique aura duré trois mois.
 
 
 
Pourquoi tout prend toujours
du retard à Saint-Martin ?
 
Des carbets attendus pour novembre et livrés trois mois plus tard, une cité scolaire qui fait sa rentrée au mois de janvier, d’interminables travaux sur les routes, une zone bleue qui n’existe que par quelques marquages au sol, une salle omnisports qui affiche toujours portes closes, des permis de conduire longtemps fictifs… A Saint-Martin la liste des chantiers qui s’étirent anormalement dans le temps est interminable quand côté hollandais, un pont sur le lagon peut-être construit en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Pourquoi diable ici, aucun délai ne peut être tenu ? Une situation que dénonçait en personne le vice-président Guillaume Arnell, venu mardi sur le site des nouveaux carbets à Baie Orientale, bien forcé de reconnaître que le retard du chantier plombe complètement la saison touristique des exploitants : « tout sur Saint-Martin prend du retard et ce n’est pas normal »  concédait notre édile. Ok, mais pourquoi ? « En fait on n’applique pas de pénalités ».

C’est dit : la Collectivité ne pénalise pas financièrement les prestataires qui livrent une commande hors délai. Mais est-ce la seule raison ?
Ce n’est pas tant la durée d’un chantier qui exaspère, qu’un aboutissement sans cesse ajourné, après des effets d’annonce dont on sait aujourd’hui qu’ils sont difficilement fiables. Pourquoi ne pas communiquer franchement plutôt que de mettre les administrés dans une pénible expectative ? Le problème, pour la Collectivité, c’est que cela remet en cause la parole donnée, donc la crédibilité de ses élus.
 
 
Vers une réouverture de la salle omnisports ?
 
Ce vendredi, lors de ses vœux, Aline Hanson devrait faire le point sur la très lente rénovation du gymnase. Avancerait-on enfin vers une réouverture prochaine d’un Galisbay flambant neuf, avec un parquet et un éclairage dignes de ce nom ? On n’ose l’espérer. Alors qu’elle devait durer trois mois, voilà bientôt un an que piétine la réfection du gymnase, théâtre notamment des rencontres de basket-ball et de volley-ball. Près de onze mois de fermeture au public, aux sportifs et aux médias. Un retard de plus de sept mois, doublé d’un troublant mutisme de la Collectivité et de ses services. Encore un peu et on finirait par croire qu’on nous cache des choses dans cette salle. Ce vendredi, la présidente devrait donc faire la lumière sur ce sujet.
Autre zone d’ombre quand on évoque Galisbay : le sort réservé au service des immatriculations de la Collectivité. Il semble que la présence de cette administration au sein du bâtiment empêcherait à terme l’homologation de la salle omnisports. Quitte à faire les choses, surtout pendant de si longs mois, autant les faire jusqu’au bout. Cela pourrait certainement se comprendre. Peut-être faut-il s’attendre à une annonce de la présidente sur ce sujet… ou pas.
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