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Deux délinquants d’une vingtaine d’années ont été déférés mercredi à la prison de Baie-Mahault, où ils resteront jusqu’à leur jugement.

Lundi soir, devant le supermarché Scal (anciennement Sosamag), rue de la Mairie à Marigot, deux individus en scooter s’arrêtent. Le passager arrière, une arme à feu à la main, en descend, entre dans la boutique et menace l’employé en exigeant la caisse. Les deux clients présents arrivent à sortir, mais aussi le caissier, qui ferme la porte derrière lui, enfermant ainsi le braqueur à l’intérieur du magasin. Son complice prend la fuite, pendant que les témoins appellent la gendarmerie. Rapidement arrivés sur place, les gendarmes n’ont eu qu’à cueillir l’individu. Pendant sa garde-à-vue il a identifié son complice, arrêté à son domicile le lendemain matin. Il a également reconnu être l’auteur de trois braquages dans d’autres supermarchés de l’île, le 15 août, le 4 novembre et le 2 décembre 2015. Selon ses déclarations, son complice lui aurait fourni l’arme à chaque occasion et ils auraient partagé le butin.
 
Ils dorment à Baie-Mahault
Le braqueur, né en République Dominicaine en 1995, et son complice, né en 1993 à Saint-Martin et de nationalité française, auraient pu être jugés mercredi en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Saint-Martin, mais ils ont préféré, comme la loi leur en laisse le choix, être jugé ultérieurement, dans un délai de deux à quatre mois, afin de mieux assurer leur défense. Peut-être espéraient-ils être laissés en liberté sous contrôle judiciaire, mais le tribunal en a jugé autrement. Il les a condamnés à purger une peine de détention provisoire à la prison de Baie-Mahault, où ils ont dormi le soir-même. Ils seront jugés par le tribunal correctionnel de Basse-Terre le 23 mars à 14h30.   
 
Il existe un risque de récidive  
Le président Égron-Reverseau les a informés qu’ils encouraient jusqu’à dix ans de détention. Le braqueur est poursuivi pour quatre vols à main armée aggravés par trois circonstances et le complice pour le vol à main armée de lundi dernier, complicité dans les trois autres vols à main armée, mais également pour détention de 89 pieds de cannabis découverts à son domicile pendant la perquisition. Le procureur Michaël Ohayon a souligné que le jugement du jour ne portait pas sur le fond, mais que le tribunal devait statuer sur les mesures de sûreté à prendre : contrôle judiciaire ou détention provisoire. «Ces vols à main armée très préoccupants pour l’île sont les faits les plus graves que doit juger un tribunal correctionnel et il faut les traiter très fermement,» a-t-il avancé. Il a rappelé que le braqueur n’en était pas à son premier délit, même s’il n’avait pas de casier judiciaire, et qu’il y a un risque de récidive. Le complice, pour sa part, a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour violence aggravée en 2013. Il a requis la détention provisoire, également pour empêcher les pressions sur les témoins et les victimes.  
 
« Il veut soulager sa conscience »
Pour sa défense, l’avocate du braqueur a évoqué le fait qu’il avait reconnu tous les faits, même ceux que l’on ne lui demandait pas. « Il veut soulager sa conscience et sortir de la spirale dans laquelle il se trouve, déscolarisé, sans formation, sans travail et à la rue. Sa mère lui a proposé de revenir à la maison et de subvenir à ses besoins en attendant le jugement », a-t-elle assuré. Dans sa plaidoirie, l’avocate du complice a présenté son client comme étant très présent auprès de sa compagne handicapée, qui vient juste d’accoucher de leur bébé. « Il sait qu’il ira en prison et il aimerait profiter un peu de sa nouvelle vie de famille avant ça. » Ce ne sera pas le cas.
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