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Le sénateur Guillaume Arnell a interpellé mardi la ministre de la Santé, face à l’évolution rapide de l’épidémie dans les Antilles-Guyane.

Voilà déjà quelques mois que le Zika menace sérieusement nos territoires. Déjà, au mois d’août dernier, le Haut conseil de santé publique manifestait sa crainte de voir cet arbovirus transmis par le moustique Aedes aegypti, gagner les îles de la Caraïbe. Mais alors que la Martinique fait face à quelque 600 cas supposés (47 ont en outre été confirmés) et que le premier cas avéré a été détecté sur Saint-Martin, aucune communication de l’Agence régionale de santé (ARS) n’est venue conforter la population quant à la mise en œuvre de réelles actions, telles qu’une communication à grande échelle pour appuyer les messages de prévention ou des campagnes d’élimination du moustique vecteur. Pour le moment, seuls les points épidémiologiques faisant état de l’évolution du virus dans les Antilles-Guyane sont à disposition sur le site de l’Institut de veille sanitaire.
 
Le sénateur de Saint-Martin estime lui qu’il y a matière à secouer un peu le gouvernement, après les enseignements tirés de la propagation fulgurante de l’épidémie de Chikungunya. Mardi dernier, au palais du Luxembourg, Guillaume Arnell a donc interpellé la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, dans le cadre des questions d’actualité au gouvernement : « je souhaite vous exposer mon inquiétude réelle sur l’évolution de l’épidémie et vous interroger quant aux mesures qu’envisage de prendre votre ministère, de même qu’au degré de mobilisation des Agences régionales de santé des collectivités antillaises et guyanaises exposées ». M. Arnell a alerté le gouvernement sur les dernières données diffusées par la Cellule interrégionale épidémiologique Antilles-Guyane : « il semblerait que nous soyons au début d’une nouvelle épidémie d’ampleur mondiale ». Le sénateur a également rappelé que le Zika, pourtant proche de la Dengue et du Chikungunya, présente des effets sur la santé « encore peu connus ». Dans le meilleur des cas les symptômes caractéristiques du Zika prennent certes la forme d’une éruption cutanée, avec ou sans fièvre, assortis de yeux rouges et douloureux, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivites, maux de tête… Mais il existe aussi des risques rares de complications neurologiques (syndrome de Guillain-Barré) et des conséquences sur le développement cérébral du fœtus pour la femme enceinte, qui doit redoubler de vigilance face à ce virus.
Le sénateur a donc souhaité que la ministre de la Santé prenne toute la mesure du risque qui plane sur les populations exposées – dont Saint-Martin – depuis que l’épidémie s’est officiellement déclarée au Brésil en mai 2015 : « une douzaine de pays étaient infectés début 2016 en Amérique latine, soit entre 440.000 et 1.300.000 cas selon un responsable du Laboratoire de virologie à l’Institut Pasteur de la Guyane ». En décembre 2015, les premiers cas avaient été enregistrés en Guyane et en Martinique, où actuellement, sur les 47 cas biologiquement confirmés, deux sont des femmes enceintes selon le dernier bulletin épidémiologique de la Cellule interrégionale épidémiologique Antilles-Guyane.
 
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