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Le comité d’éthique récemment créé à l’hôpital a pour mission d’assurer une meilleure prise en charge du patient en tenant compte de sa dignité.
 
 

Le 18 novembre 2015, un comité d’éthique a été créé à l’hôpital Louis Constant Fleming. Sa mission est de réfléchir face à des situations particulières, détectées par des soignants ou des patients. L’idée n’est pas de donner un avis tranché, mais de réfléchir en fonction des aspects déontologiques, philosophiques et juridiques du sujet, ainsi que de l’organisation des soins. Un exemple concret ? Un soignant hésite à installer des barrières sur le lit d’une malade et à la priver ainsi d’une partie de sa liberté, à laquelle elle tient. Mais il est nécessaire d’assurer sa sécurité. Le comité d’éthique pourra examiner ce cas, en fonction de tous les paramètres liés à cette patiente. Il aura également l’occasion d’intervenir au sujet de situations conflictuelles entre soignants et usagers, voire entre soignants, la finalité étant de proposer la ou les orientations qu’il estime les plus satisfaisantes, le but ultime étant d’assurer la meilleure prise en charge du patient.
 
Présidé par le Dr Vangeenderhuysen, le comité d’éthique est composé de soignants, mais également et entre autres d’un philosophe, d’une magistrate, d’un représentant des usagers et d’un représentant des infirmiers libéraux. Afin d’en informer le public, une conférence a été organisée mardi soir à la Maison des entreprises.
LA DIGNITÉ LIÉE À LA POSTURE EST FRAGILE
Rencontrer un docteur en philosophie est une occasion rare à Saint-Martin, qu’une trentaine de personnes ont eu la chance de partager, dans le cadre de cette conférence. Christophe Pacific, cadre supérieur de santé au centre hospitalier d’Albi, mais aussi philosophe, en charge d’assurer toute cette semaine l’information et la formation des personnels hospitaliers au sujet de l’éthique, a animé l’événement. Après avoir constaté qu’amour et dignité sont constitutifs d’une culture éthique, sa première remarque a concerné le fait qu’aucun module ne parle d’amour dans les études médicales, alors même que le métier est d’aider autrui. Il a alors exposé les différentes «sortes» d’amour dans la mythologie grecque : l’amour érotique, l’amour familial et fraternel, l’amitié profonde et l’amour divin et inconditionnel, «l’agapé».
 
En abordant le thème de la dignité, Christophe Pacific a souligné qu’elle était ce qui permet de reconnaître autrui comme une personne et qu’elle était liée à la posture. Comme il l’a exposé, la dignité posturale est fragile. Une personne victime d’AVC a-t-elle le sentiment de conserver toute sa dignité? Considérons nous un alcoolique comme une personne ayant conservé sa dignité? «Il existe une dignité intrinsèque inaliénable et la pire des choses qui pourrait arriver à un soignant est de penser que le fait de se délabrer empêche la dignité d’être là,» a-t-il dit, en ajoutant: «Mon devoir de soignant est de t’accompagner, parce que tu fais partie de ma famille humaine». C’est pourquoi il nous appartient – et avant tout au soignant – de développer la dignité au-delà de la posture».
 
Son exposé ne s’est pas arrêté là bien sûr, et il faudrait plusieurs pages de notre journal pour en faire un compte-rendu complet, mais l’important est de savoir que les soignants de l’hôpital – et de Saint-Martin – ont été sensibilisés à l’importance de l’éthique au bénéfice de tous leurs futurs patients… dont certains d’entre nous font partie.
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