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La semaine dernière Marisol Touraine recommandait aux femmes enceintes de différer leur voyage dans les Antilles et en Guyane. Une déclaration faite en pleine saison touristique…

Les alertes relatives au virus Zika vont-elles plomber une saison touristique qui avait pourtant bien commencé ? Jeudi dernier la ministre de la Santé recommandait aux femmes enceintes « qui ont prévu d’aller en Guyane, en Martinique ou dans les territoires d’Outre-mer, de différer leur éventuel voyage ». Le Zika présente en effet un risque de malformations pour les bébés. Dans la foulée, certains compagnies aériennes avait donc décidé de proposer à leurs clientes enceintes et leurs accompagnants un report sans frais de leurs billets.
 
Immédiatement, des voix de sont élevées pour désavouer la posture prise par Marisol Touraine et son impact sur les territoires concernés. Selon le député martiniquais Serge Letchimy « l’enjeu c’est de travailler à l’éradication du Zika », non pas de « distinguer femmes touristes enceintes de l’Hexagone de celles qui vivent dans ces territoires ». La ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, placée dans une situation un peu embarrassante par sa collègue, a elle tenté de relativiser le risque :  « La particularité du Zika par rapport à la Dengue ou au Chikungunya, qui sont un peu des maladies similaires, c’est qu’on suspecte un risque de malformations pour les bébés. Donc c’est vrai qu’il faut être prudent, mais à mon sens une femme enceinte qui met du produit anti-moustique, qui dort avec une moustiquaire ou avec une clim fraîche, a un risque très limité » a t-elle déclaré sur Public Sénat. « Il me semble qu’il n’y a pas des solutions aussi drastiques (à prôner) que de dire ‘n’allez pas dans les Antilles-Guyane’ », a poursuivi la ministre, qui n’a pas manqué de rappeler que « la Réunion n’est absolument pas concernée ».
« N’ajoutons pas une crise économique à un problème sanitaire » a lui rappelé Jean-Pierre Philibert, président de la FEDOM (Fédération des entreprises d’Outre-mer), sur BFM Business mardi dernier. « Cette épidémie est nettement moins handicapante qu’ont pu l’être les épidémies de Chikungunya et de Dengue, auxquels nos Outre-mer sont habituées et auxquelles de facto elles savent bien réagir ». Les scientifiques déclarent en effet que le risque concerne essentiellement les fœtus et les nouveau-nés de mères enceintes pendant la période épidémique, mais que dans 70 à 80% des cas, la personne infectée ne présente aucun symptôme. « Nous appelons à la juste communication, afin de ne pas tomber dans l’excès de l’application du principe de précaution, au moment où l’industrie touristique de nos territoires connaît une légère embellie après la crise profonde qu’elle subit depuis des années ».
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