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Déjà condamné à 4 reprises pour conduite en état d’ivresse, ce cinquantenaire a été jugé hier pour avoir blessé une passante alors qu’il conduisait avec 3,71 grammes d’alcool dans le sang et n’avait plus de permis de conduire.

Le 13 juin 2015, cet habitant d’Agrément n’est pas en forme. Il vient de recevoir une grosse facture de l’hôpital, son fils a perdu son emploi et il a noyé sa tristesse dans l’alcool. Vers 21 heures, il rentre chez lui au volant de sa Toyota Corolla et, rue Nana Clark, heurte une passante et la blesse sérieusement. Soumis au test de l’éthylomètre, il affiche un taux de 3,71 grammes d’alcool dans le sang. Hier, devant le tribunal correctionnel, il raconte que l’accident est survenu parce qu’il s’est déporté sur la droite pour éviter des scooters sans phares qui arrivaient en face et qu’il n’a pas vu la dame. Cette dernière marchait sur la chaussée, puisqu’il n’y a pas de trottoir, et l’éclairage public n’était pas allumé.
 
« On sait qu’à Saint-Martin on peut être gêné sur la route parce qu’il n’y a pas de lumière ou que des phares sont mal réglés, mais la conduite reste votre responsabilité, la personne que vous avez blessée n’est en rien responsable, vous auriez dû ralentir ou vous arrêter » remarque le juge, en ajoutant qu’avec une telle alcoolémie, d’autres auraient été dans un coma éthylique. Et il semble tomber des nues lorsque le juge lui rappelle que son permis de conduire a été annulé en 2011 et qu’il doit le repasser. Interrogé par l’avocat de la victime, qui demande des dommages et intérêts, il reconnaît avec candeur qu’il conduit toujours, un scooter « qui est au nom de quelqu’un d’autre » et des voitures louées grâce à son permis de conduire anguillais.
 
« ON ATTEND QU’IL Y AIT UN MORT ? »
 
Un permis obtenu en cinq jours, explique-t-il au juge, qui lui rétorque que ce type de permis n’a aucune valeur sur le territoire français. Son assurance a pris en charge tous les frais, mais lui demande à présent de les rembourser en raison de l’alcoolémie et de la perte de son permis. L’avocat de la dame demande donc une provision de 50.000 euros ainsi qu’une expertise judiciaire, payée par le prévenu, qui devra également régler les frais de justice de sa cliente. Cette dernière a fait l’objet d’une ITT de moins de trois mois mais, plus de six mois après l’accident, continue d’utiliser une béquille et a du mal à se tenir debout trop longtemps.
 
En entamant son réquisitoire, le procureur s’exclame : « 3,71 grammes ! Et il conduit malgré l’annulation de son permis ! Il encourt cinq ans de prison ! » Depuis 2004, l’homme a déjà été condamné à quatre reprises pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique. « On attend qu’il y ait un mort ? » demande le procureur avant de requérir un an de prison dont six mois avec sursis, mise à l’épreuve de deux ou trois ans, obligation de soins, obligation d’indemniser la victime et interdiction de fréquenter les débits de boisson. Le juge a mis sa décision en délibéré au 17 mars prochain.
 

 
Jugé pour travaux sans autorisation
 
J.M.F. a comparu hier devant le tribunal correctionnel pour avoir fait des travaux sans autorisation, soit une extension de 20 mètres carrés au domicile de sa mère.
 
Le prévenu s’avoue surpris. « Je suis employé de la Collectivité, pourquoi ne m’ont-ils pas convoqué à l’urbanisme? Nous sommes collègues et je me retrouve devant le tribunal… ». Les faits sont simples. J.M.F. a commencé à construire une extension de 20 mètres carrés au domicile de sa mère, d’une surface totale de 170 mètres carrés, et n’a pas déposé de demande préalable de travaux. Cette extension se trouve de surcroît à moins de 4 mètres de la voie publique, à Hameau du Pont, contrairement aux règles du plan d’occupation des sols pour ce quartier. Tout commence le 22 janvier 2015, lorsque 4 employés du service de l’urbanisme constatent qu’une construction est en cours chez J.M.F. Le 8 février, le même service dresse un constat d’infraction. Puis, le 10 février, l’élu en charge prend un arrêté pour stopper les travaux.
 
J.M.F. tente par la suite de rattraper les choses en déposant la fameuse demande, mais elle lui est refusée. Il s’entend même dire que la parcelle n’appartient pas à sa mère, qui habite là depuis vingt ans, mais à la Collectivité. Le procureur Michaël Ohayon remarque que le prévenu est honorablement connu, qu’il reconnaît les faits, qu’il a essayé de régulariser et demande une peine d’avertissement. Après avoir précisé que les travaux avaient consisté à fermer une galerie existante pour construire une chambre à son fils, J.M.F. a été condamné à 500 euros d’amende avec sursis par le juge Gérard Égron-Reverseau.
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