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L’affolement médiatique autour de ce virus commence à avoir des impacts en pleine saison touristique.

Depuis l’intervention remarquée, et controversée, de la ministre de la Santé la semaine dernière, les médias se sont fermement emparés du sujet. D’autant que lundi l’OMS a décrété que le Zika était devenu « une urgence de santé publique de portée mondiale ».
Avec ses 2287 cas estimés à fin janvier, la Martinique place les Antilles dans une situation critique. Plus au Nord, seulement 10 cas sont pour le moment confirmés en Guadeloupe et à Saint-Martin, une seule personne a été infectée par le virus Zika depuis le début de la surveillance. A Saint-Barthélemy, rien à signaler. Mais le martelage médiatique autour de ce virus, essentiellement à risque pour les femmes enceintes, commence à produire ses premiers effets. L’association des hôteliers de Saint-Martin (AHSM) déplore en effet les premières annulations de séjour : « ça devient significatif depuis ces deux / trois derniers jours » tonne son secrétaire Philippe Thévenet. L’on se souvient des dégât causés par le Chikungunya sur le tourisme et l’inquiétude est plus que palpable : « la tendance s’est enclenchée et on ne sait pas où ça va s’arrêter ». Pour ce professionnel de l’hôtellerie « c’est inquiétant ».
 
HYSTÉRIE MÉDIATIQUE ?
Le « moustique tueur » pouvait-on entendre mercredi soir dans une célèbre émission du petit écran. Les intervenants étaient invités à débattre du Zika et à s’interroger sur la prolifération du moustique vecteur, Aedes Albopictus, dans certaines régions de la métropole. « La Dengue et le Chikunguyna ne sont pas mortelles, si elles sont soignées à temps » détaille par ailleurs doctement une journaliste lors d’un reportage sur les arbovirus. Sans doute voulait-elle parler de la fièvre jaune ?
 
Depuis que la ministre de la Santé a fortement conseillé aux femmes enceintes d’annuler leurs éventuels voyages « dans les Outre-mer », les médias de métropole ont trouvé là un de ces sujets croustillants à rabattre obsessionnellement depuis près d’une semaine. Mais entre l’information et le racolage il y a une belle marge.
 
« C’est disproportionné, voire inutile » clame l’association des hôteliers de Saint-Martin. « A t-on dit aux touristes n’allez pas en France il y a la grippe ? » Dans 80 % des cas, l’infection par le Zika passe effectivement inaperçue. Et lorsqu’ils se développent, les symptômes s’apparentent à de la fièvre, des maux de tête, des courbatures, parfois accompagnés d’éruptions cutanées. Le virus Zika est également soupçonné d’être lié au syndrome neurologique de Guillain-Barré.
 
GROS RISQUE POUR LES FEMMES ENCEINTES
Aucune raison d’avoir plus peur du Zika que de la grippe. Sauf si vous êtes enceinte. La psychose entretenue à juste titre par ce virus est née du risque de malformations du fœtus lorsque la femme porteuse d’un bébé est infectée. Dans ce cas, il est malheureusement possible de donner naissance à un bébé atteint de microcéphalie et d’un retard mental irréversible. Au Brésil, où sévit l’épidémie de Zika depuis près d’un an, près de 4.200 bébés seraient atteints. Dans les départements français d’Amériques, 20 femmes enceintes ont été détectées positives au virus Zika a annoncé mercredi la ministre de la Santé. Marisol Touraine a d’ailleurs annoncé sa venue aux Antilles et en Guyane fin février.    
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