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Fidèles à leur rendez-vous annuel, les baleines à bosse sont de retour dans nos eaux… Avec un peu de retard.

Les premières baleines à bosse ont été repérées autour de nos îles. Une vidéo prise autour de Saint-Barthélemy et montrant le souffle caractéristique de ce grand mammifère circule sur Facebook. Un voilier de sortie à la journée en a approché une autre dans le canal d’Anguilla. Et Amandine Vaslet elle-même, co-responsable de l’antenne de l’association « Mon école, ma baleine », a entendu un mâle chanter sous l’eau puis l’a vu et a pu le prendre en photo depuis un bateau, alors qu’elle plongeait à Saint-Eustache il y a une semaine, en compagnie de Julien Chalifour, en charge du pôle scientifique de la Réserve naturelle de Saint-Martin. Est-ce dû à une météo exceptionnellement clémente dans le nord de l’hémisphère Nord?
 
Les baleines à bosse sont bien de retour dans nos eaux pour la saison hivernale, mais bon nombre d’entre elles sont encore en train de s’alimenter dans les eaux froides de l’Atlantique Nord, stockant leurs réserves de graisse avant d’entreprendre leur long voyage vers l’arc antillais. Les études se multiplient et nous permettent aujourd’hui de savoir que « nos » baleines viennent plutôt de Norvège, grâce aux comparaisons de photos de nageoires caudales, prises ici et là-bas, ainsi qu’aux balises posées sur les animaux et suivies par satellite. C’est ainsi que l’on sait aussi que les baleines à bosse du Canada, du nord des États-Unis, du Groenland et d’Islande ont tendance à fréquenter davantage les eaux des Grandes Antilles, mais peuvent faire des incursions dans les Petites Antilles.
 
Un souffle bien droit, en forme de V
 
Les baleines à bosse resteront dans la zone jusqu’en avril ou mai, voire juin. Elles sont là pour deux raisons. Soit elles vont se reproduire, soit elles viennent mettre bas le baleineau qu’elles portent depuis 12 mois, conçu l’année dernière dans les mêmes eaux et qui prendra du poids et des forces avant de partir vers le nord. Le krill constituant leur nourriture de base, elles se nourrissent très peu chez nous et vivent sur les réserves accumulées pendant l’été dans leur épaisse couche de lard. Les plongeurs auront peut-être la chance d’entendre les mâles chanter, mais ce sont surtout les marins qui repèreront le souffle bien droit, en forme de V et haut de 4 à 6 mètres lorsqu’elles font surface, ou bien apercevront leurs longues nageoires pectorales, leur nageoire caudale, leur dos et leurs ailerons. Le canal d’Anguille, peu profond, est très apprécié de ces grands animaux et il est possible de les observer de plus près, à condition de respecter les techniques très strictes définies par Agoa, le sanctuaire des mammifères marins dans les Antilles Françaises.
 
 
Pour une observation respectueuse des animaux
 
• Approche d’un animal au repos ou en phase de saut interdite.
• Eviter tout changement brusque de régime moteur, de vitesse ou de direction.
• Limiter le temps de présence dans la zone de 300 mètres à 30 minutes.
• Ne pas se baigner, ne pas toucher ni nourrir les cétacés.
• Approcher les animaux par le trois-quarts arrière, la trajectoire devenant progressivement parallèle à leur route sans jamais les dépasser.
• Rester manoeuvrant à moins de 5 noeuds lors de l’entrée, de la sortie et au sein de la zone de 300 mètres.
• Mettre le moteur au point mort si les animaux approchent du bateau.
• Interrompre l’observation pour tout individu manifestant des signes de nervosité.
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