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Poursuivi pour outrage à gendarmes et dégradation de leur véhicule, ce trentenaire de Quartier d’Orléans a été jugé jeudi dernier par le tribunal correctionnel et devra attendre le 17 mars pour connaître la décision du juge. 

Le 25 octobre 2015 vers 9h30, une patrouille de gendarmerie postée sur le bord de la route à Quartier d’Orléans voit arriver un véhicule roulant à vive allure. Les militaires lui font signe d’arrêter et procèdent à l’habituel contrôle des papiers. Permis de conduire, carte grise, passeport, tout est OK. C’est en lui rendant ses papiers que l’un des gendarmes s’adresse au conducteur : « Tu me reconnais? ». Et de lui rappeler que quelques jours auparavant, sur un barrage érigé par la population en colère, tous deux s’étaient trouvés face à face, l’un du côté des manifestants et l’autre des forces de l’ordre, dans l’incapacité de passer. Et d’ajouter que les rôles sont inversés et que c’est lui aujourd’hui qui empêche l’autre d’avancer.
 
Le gendarme ne conteste pas avoir fait cette réflexion, qualifiée de « tout à fait maladroite et qu’il n’aurait pas dû faire » par le juge Gérard Égron-Reverseau. Il n’empêche que le conducteur réagit avec humeur en demandant aux gendarmes si c’est à cause de cela qu’ils vont le verbaliser… La situation commence alors à dégénérer.
 
876,29 € pour 2 coups de pied
 
L’automobiliste passe un appel téléphonique, sort de sa voiture, un attroupement se forme, son père arrive au volant d’un tractopelle et bloque la route, des pierres fusent… Les gendarmes décident alors de quitter les lieux sans verbaliser personne. Au moment où ils s’en vont, le prévenu leur lance un « fucking gendarmes » et donne deux coups de pied dans les portières de leur Kangoo. Devant le tribunal, il mime la scène et s’insurge : « Je ne suis ni un voleur, ni un assassin ». Et il explique sa colère par le fait que les gendarmes auraient poussé son père. « J’ai bien conscience que la manière dont vous avez été traité vous a énervé » lui dit le juge, en ajoutant « il est parfois difficile de garder son sang-froid, mais il faut le faire, même si des gens cherchent à vous le faire perdre ».
 
Le résultat est qu’il est poursuivi pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et dégradation de biens d’intérêt public. Déjà condamné en janvier 2014 à cinq mois de prison avec sursis pour dégradation et violences dans une affaire familiale, il est en état de récidive. L’un des gendarmes demande 500 euros de dommages et intérêts pour les injures et la gendarmerie a produit une facture de 876,29 euros pour la réparation de la carrosserie, que les coups de pied n’ont pas été seuls à détériorer. Le procureur Michaël Ohayon propose 90 à 120 heures de travail d’intérêt général ou 60 jours amende. Au juge, qui lui demande s’il a quelque chose à ajouter, le prévenu demande : « Les gendarmes ont-ils toujours raison? ». Le juge lui a répondu par la négative et rendra sa décision le 17 mars.  
 

 
Violence juvénile
 
Prévenu pour violences sur concubin, il a vu son délit régresser en contravention puisqu’il n’a jamais partagé le même toit avec sa petite amie, qui vit chez sa mère.
 
Elle est toute jeune et mignonne comme tout. Elle a déjà un bébé, va au lycée et vit chez sa maman. C’est cette dernière qui a porté plainte pour violences sur sa fille mineure après que son petit ami, 26 ans et père de l’enfant, lui ait donné une claque et ait cassé son iPhone le 26 décembre dernier. Cette nuit-là, en visite à Sandy Ground chez la jeune fille, il découvre des messages qui ne lui plaisent pas sur son téléphone. Crise de jalousie, ils se disputent, il casse le téléphone, la frappe, elle tombe, la maman appelle les gendarmes et c’est ainsi qu’ils se retrouvent tous les trois au tribunal.
 
La mère représente sa fille, qui aura 18 ans le mois prochain, et se constitue partie civile. Elle demande le remboursement du téléphone. Le juge s’inquiète surtout du futur et met en garde le jeune homme : « Je ne veux pas vous revoir pour des faits de violence, si ça devait arriver, ce sera le départ pour la prison de Basse-Terre ». Lui assure qu’il a compris la leçon. Il est poursuivi pour violences sur concubin, mais ils n’ont jamais vécu ensemble et les faits doivent être requalifiés en violences simples sans blessures, passant ainsi du statut de délit à celui de contravention.
 
Le juge s’intéresse à eux. Ont-ils envie de vivre ensemble dans le futur? Lui n’en a pas l’air trop certain, mais elle aimerait bien. Est-il un bon père? Oui, il n’a pas toujours d’argent, mais quand il en a il en donne pour le petit. L’a-t-il déjà frappée? Oui, mais elle avait commencé en lui donnant un coup de poing au visage. Le procureur demande 400 euros d’amende pour les faits de violence et 300 pour la dégradation du téléphone, d’une valeur de 849 euros, ainsi que son remboursement. Puis le prévenu reparle du téléphone, qui pourrait être réparé pour 160 euros, et que la jeune fille montre au tribunal. Le juge a condamné le jeune homme à 150 euros d’amende pour les violences et 150 euros pour la dégradation. Il a reçu la demande de dommages et intérêts de la maman, qui devra voir auprès d’un spécialiste si le téléphone est réparable et pour quel prix avant de revenir vers le tribunal.
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