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La première conférence-atelier du Forum de l’entreprise s’est déroulée mardi soir à la Maison des Entreprises. Elle était consacrée aux énergies nouvelles et renouvelables.
 

Comme l’a expliqué à la presse Jean Arnell, le président de la CCI Saint-Martin, l’objectif de la nouvelle version du Forum de l’entreprise est d’envisager les métiers de demain, dans l’idée de créer de nouvelles entreprises qui répondront à des besoins que l’on voit tout juste émerger. Ainsi que l’a remarqué la préfète Anne Laubies, certains de ces métiers seront ceux de nos enfants ou de nos petits-enfants, mais il est nécessaire d’y réfléchir dès maintenant. Albéric Ellis, directeur de l’établissement portuaire et maître de cérémonie de la soirée, a souligné que le domaine maritime français était le deuxième du monde et que les projets ne manquaient pas à Saint-Martin, entre l’aménagement de la baie de Marigot, l’extension du port de Galisbay et l’Institut de la biodiversité insulaire au sein de la Réserve naturelle. Ce Forum va donc s’articuler sur cinq rendez-vous, dont le premier a eu lieu mardi soir à la Maison des entreprises, devant un auditoire d’une cinquantaine de personnes. Il y a été question d’énergies nouvelles et d’énergies renouvelables.
 
3 INTERVENANTS DE QUALITÉ
Laurent Thieulle est responsable de l’agence Antilles-Guyane de la société Créocéan, spécialisée pour tous types d’études ou de missions liées au milieu marin et au littoral (conseil, ingénierie, recherche…). Il a expliqué que Créocéan désirait développer son agence dans notre région en embauchant du personnel localement, dans une vision de pérennité, et a incité les jeunes à quitter leur île pour se former puis à revenir pour exercer des métiers tels que plongeur biologiste, technicien en études sismiques ou ingénieur spécialisé en travaux sous-marins.
 
Guillaume Ripodas, chef du département efficacité énergétique pour EDF Archipel Guadeloupe, a insisté sur la nécessité de mettre en oeuvre une politique d’énergies renouvelables, dans l’esprit de la COP21, mais aussi parce que l’on sait que le prix du pétrole est appelé à exploser dans les années qui viennent. Pour lui, l’isolation, la climatisation de dernière génération, les chauffe-eau solaires, mais aussi les transports en commun, sont des filières dans lesquelles les entreprises de Saint-Martin pourraient s’engager avec succès. « Cinq centimètres de polystyrène en isolation permettent de faire baisser sa facture d’énergie de 30% » a-t-il détaillé.
 
Nicolas Maslach, le directeur de la Réserve naturelle, a d’abord envisagé la possibilité d’implanter des éoliennes en mer, les fonds marins autour de l’île étant peu profonds et le foncier posant souvent problème. Abordant ensuite le sujet de la «croissance bleue», il a parlé d’aquaculture, mais à terre et pour une production d’espèces de haute qualité, qui apporteraient une valeur ajoutée à destination des 2,5 millions de touristes accueillis chaque année sur l’île. Il a également parlé de l’industrie pharmaceutique qui utilise de plus en plus d’espèces venues des profondeurs, comme les éponges, dont certaines molécules pourraient bloquer l’avancée de maladies.
 
 
4 rendez-vous sur 4 mois
 
Le comité de pilotage constitué par les organisateurs – la CCI Saint-Martin, la Collectivité, l’État, Pôle Emploi et Initiative Saint-Martin Active – a porté son choix sur trois grands domaines, qui seront déclinés sur plusieurs thèmes: l’économie bleue, l’économie verte et l’économie numérique. Prochains rendez-vous du Forum de l’entreprise : 
Mardi 17 mars – Métiers de la mer : loin d’être comblée, la filière historique – métiers du  nautisme, pêche, construction navale… – est prête à accueillir tous les projets bien préparés. Cette conférence sera précédée tout l’après-midi du Forum des métiers de la mer, avec la participation des professionnels du secteur.
Mardi 21 avril – Nos déchets peuvent valoir de l’or. Les sujets seront le tri et le traitement des déchets, ainsi que leur recyclage.
Mardi 26 mai – Bien développée dans d’autres îles, l’agroindustrie est encore sous-exploitée à Saint-Martin et mérite davantage d’attention. Il pourrait s’agir de produire en quantité de la confiture de coco, du mango chutney et même, pourquoi pas, du sel de Grand-Case. Parallèlement, les médecines naturelles connaissent un succès grandissant, dans lequel la pharmacopée des Antilles a toute sa place.
Mardi 16 juin – L’économie numérique. Ce vaste domaine ne cesse de gagner du terrain et se connecte à l’économie dans son ensemble. Il sera question de l’après-vente de l’informatique, mais aussi des métiers de pointe que personne n’exerce à Saint-Martin dans le domaine numérique et de la communication.
 
 

 
Code de l’entreprise en Outre-mer :  un précieux outil pour les acteurs économiques
 
L’association des CCI d’Outre-mer (ACCIOM) a voulu donner aux chefs d’entreprise et aux professionnels du conseil un outil qui regroupe l’ensemble des textes, les classe, les rend facilement identifiables et les commente. Ainsi est donc né la première édition du code de l’entreprise en Outre-mer, dont la cérémonie de présentation de se déroulait jeudi à Paris. Et en tant que membre fondatrice de l’ACCIOM, la CCI Saint-Martin était naturellement représentée pour cet évènement. Le code de l’entreprise en Outre-mer doit permettre « la mise en évidence d’un véritable statut de l’entreprise ultramarine » détaille le président de la CCI locale, Jean Arnell.
Le périmètre retenu pour cette première édition couvre les départements et régions d’Outre-mer (hors Mayotte), ainsi que Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. Dans ces collectivités régies par le principe d’identité législative, les lois et règlements peuvent faire l’objet d’adaptations tenant à leurs caractéristiques et contraintes particulières : la plupart des codes et de nombreux textes législatifs et réglementaires contiennent ainsi des dispositions spécifiques à l’Outre-mer. Le corpus juridique complexe qui en découle ne répond ni à la nécessité d’un droit accessible et intelligible, ni aux attentes des opérateurs économiques. Pour y remédier, le « Code de l’entreprise en Outre-mer » relève donc d’une démarche de codification éditoriale qui, sans avoir force de loi, doit permettre d’avoir accès plus aisément, sur un support unique et organisé, à toutes les spécificités normatives applicables aux entreprises en outre-mer.
 
Ce travail inédit est aussi le témoignage de l’extrême complexité du droit applicable aux Outre-mer. L’ouvrage s’attache donc à expliciter les dispositions présentées, à rappeler leur origine ou à en préciser leur portée. A travers la réalisation du « Code de l’entreprise en outre-mer », l’ACCIOM s’est emparé de ce sujet complexe de l’adaptation du droit commun aux contraintes et spécificités de l’activité économique en outre-mer. Les clarifications ainsi opérées pourront être utiles non seulement aux juristes spécialistes de ces questions, mais surtout aux acteurs économiques des outre-mer français. Cet ouvrage a été réalisé par une équipe pluridisciplinaire composée d’universitaires, d’avocats ou juristes et de praticiens de l’administration, placée sous la direction de deux spécialistes du droit des outre-mer : Olivier Magnaval, ancien élève de l’ENA, avocat associé et Ferdinand Mélin-Soucramanien, professeur de droit public à l’Université de Bordeaux, directeur du CERRCLE.
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