Une triste affaire de famille a été jugée jeudi dernier par le tribunal correctionnel, réuni en audience collégiale et présidé par le juge Égron-Reverseau.

Ce jeune homme de 24 ans est poursuivi pour avoir blessé son père avec un couteau, le 5 décembre dernier à Quartier d’Orléans. Ce jour-là, le père va pour monter dans sa voiture lorsqu’il voit son fils courir vers lui, un couteau à la main. Il cherche à se protéger derrière la portière de son véhicule, trébuche et reçoit un coup de couteau heureusement sans gravité, avant de lancer une coquille de lambi à son fils pour se défendre. Lors de son dépôt de plainte, le père explique aux gendarmes que c’est la troisième fois que son fils l’agresse et qu’il a peur de lui. Le procureur a demandé une expertise psychiatrique, qui a conclu que l’individu était sain d’esprit mais qu’il était dangereux, surtout vis-à-vis de sa famille.
 
Face au tribunal, il nie les faits, c’est son père qui l’a agressé. Le jeune homme habite chez ses parents, où il a sa chambre, mais il ne travaille pas, « parce qu’il n’a pas de voiture ». Le père ne désire pas se porter partie civile, il souhaite simplement que son fils change et ajoute : « il peut être si gentil, et brusquement il devient agressif et injurie tout le monde ». Le procureur Ohayon souligne que les faits sont aggravés, puisqu’ils ont été commis sur un ascendant et avec une arme, mais également qu’ils sont caractérisés, dans la mesure où le père a bien été blessé. Il considère qu’il existe un problème de personnalité, à prendre en compte dans le jugement, et requiert 4 à 6 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois, d’une obligation de soins et d’une interdiction de porter une arme.
 
Le tribunal l’a condamné à 4 mois de prison avec sursis, 18 mois de mise à l’épreuve et interdiction de porter une arme. Le jeune homme a contesté cette décision. Il allait justement porter plainte contre son père juste avant que ce dernier ne le fasse. « Fort bien, allez porter plainte! » lui a rétorqué le président.
 

 
Un employé pas clair
 
Employé par une compagnie de location de voitures, ce jeune homme est poursuivi pour abus de confiance. Son patron a porté plainte parce qu’il aurait détourné 3000 euros entre le 16 août et le 14 septembre 2015. Interrogé pendant la dernière audience du tribunal correctionnel, jeudi dernier, il explique qu’il a loué une Kia Picanto à l’un de ses cousins, auquel il devait de l’argent, et qu’il lui a proposé de régler sa dette en ne payant pas le prix de la location. Il reconnaît ce fait et se dit prêt à rembourser son ancien patron, qui l’a licencié depuis. Il est moins clair en revanche sur le reste. Les clients seraient partis sans payer, il n’est pas un voleur, mais il est prêt à réparer. « Le propre des escrocs, c’est d’essayer de nous enfumer, et je pense que c’est ce que vous êtes en train de faire » lui lance le juge Égron-Reverseau, qui préside le tribunal.
 
Son casier judiciaire atteste de faits identiques dans le passé et ne plaide pas en sa faveur. Le procureur Ohayon rappelle qu’être un employé et garder pour soi l’argent d’un paiement constitue un abus de confiance au plan pénal et requiert 60 jours amende à 10 euros. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet.
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