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Après la forte émotion qui a suivi les violences de mercredi dernier, l’heure est venue de tirer des leçons afin que cessent de tels événements
 
 

Lundi matin, élèves, parents et personnels étaient réunis dans la cour du lycée des Iles du Nord pour y écouter les discours de la direction de l’établissement et de certains porte-paroles. Devant un auditoire nombreux et attentif, la proviseure du lycée Janine Hamlet a tout d’abord rappelé que beaucoup de personnes ont été profondément choquées par la rixe de mercredi devant l’établissement. Comme cela avait été annoncé la semaine dernière, une cellule d’écoute a donc été ouverte jusqu’à ce mardi. Coordonnée par Aline Choisy, cette cellule se compose de psychologues, de médecins scolaires ainsi que de partenaires sociaux, et accueille aussi bien les enfants que les adultes.
Si cette cellule d’écoute est temporaire, d’autres mesures définitives et avec effets immédiats ont été annoncés par la chef d’établissement. Ces décisions marquent notamment la fin des mèches de couleurs dans les cheveux, symbole d’appartenance à tel ou tel quartier, pour ne pas dire gang. Car le problème qui ronge le lycée des Iles du Nord, et qui est certainement à l’origine du récent fait divers, est bel et bien celui du lieu de résidence. Ce conflit se matérialise d’ailleurs régulièrement sur les murs de l’établissement à travers des tags disgracieux mais suffisamment explicites afin de marquer les différents « territoires ».
 
UNIFORMISATION DES TENUES
Autre annonce chaudement accueillie dans le public par des « I love it » et autres « this is good for the parents » : le retour de l’uniforme à la rentrée prochaine. « Ne dites pas uniforme ! Il s’agit plutôt d’une tenue réglementaire », nuance Janine Hamlet qui espère ainsi lutter contre les signes extérieurs d’appartenance sociale ou géographique en établissant un dress code. Cette mesure devra toutefois être entérinée en conseil d’administration « C’est efficace dans les collèges et je pense que ça le sera aussi chez nous. » Dans le même temps, elle a invité les parents à reprendre en main leur progéniture et n’a pas manqué de saluer l’action du représentant du recteur auprès des forces de l’ordre. « J’en ai assez de faire la police et de demander aux enfants de s’habiller correctement ou de respecter les adultes. Le mot en F n’a pas sa place ici ! Le représentant du recteur Michel Sanz a pris contact avec les services de police et de gendarmerie afin qu’ils assurent la sécurité. J’espère que la situation va vite revenir à la normale. Un établissement scolaire n’est pas un champ de bataille. »
 
LA SOIF DU SANG
Pour y parvenir, une prise de conscience de notre jeunesse est indispensable. « Ne courez pas au devant des problèmes, fuyez-les » a mis en garde la chef d’établissement. Une parole pleine de bon sens qui aurait permis d’éviter bien des problèmes, comme l’a tristement constaté un enseignant. « Les événements de mercredi ne se seraient pas passés comme ça si tout le monde n’avait pas été assoiffé de sang. Plutôt que d’haranguer et d’encourager systématiquement la violence, il faut la dénoncer. »
 
A la sortie de cette réunion, élèves, parents et personnels ont semblé satisfaits des discours et des décisions prises par la direction de l’établissement. Un parent d’élève a bon espoir de voir la situation s’arranger. « J’espère que tout le monde va se serrer les coudes. Je suis pour toutes les mesures que madame Hamlet a annoncées, même si je sais que ce n’est qu’à long terme qu’on en ressentira les effets. » Un professeur estime quant à lui que cette réunion a permis de faire bloc contre ce qui s’est passé. « Les chefs d’établissements du secondaire, des responsables de la COM, des parents et les élèves sont venus. Ces événements doivent être vécus comme un nouveau départ, où chacun contribue par son comportement, par ce qu’il se passe dans les familles, à éradiquer cette flambée de violence extrême qui n’a pas sa place dans un lycée. »
 
 
« Dès que tu rentres, tu vois des blocks »
 
Selon un lycéen originaire de Quartier d’Orléans, le phénomène de « gang » dénoncé par la proviseure du lycée des Iles du Nord n’est pas nouveau. « Les gangs dans le lycée, ça a toujours existé. Dès que tu rentres, tu vois des blocks (des secteurs, ndlr). » Le garçon désigne alors de grands poteaux bleus dans la cour de récréation. « C’est là qu’ils (les élèves originaires de Sandy Ground, ndlr) se mettent. Sinon, ils sont près du gymnase. Toutes ces histoires, ça devrait rester à l’extérieur. » Pour cet élève, il ne fait aucun doute que les agresseurs de mercredi dernier étaient venus régler des comptes. « Ca n’aurait pas dû se passer comme ça. Ils n’avaient pas à attraper un garçon innocent. »
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