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Il y a ceux qui ont ouvert, ceux qui vont inaugurer leur saison cette semaine, et ceux qui font de la résistance : quatre restaurateurs ont saisi la presse pour rappeler ses devoirs à la Collectivité.
 
 

Après quatre mois de retard sur le calendrier initialement annoncé, les exploitants retenus dans le cadre des demandes d’AOT formulées pour exploiter les nouveaux commerces, ont pu obtenir leurs clefs en janvier. L’on se souvient que tous n’avaient pas voulu signer le contrat les liant à la COM, déplorant de nombreux dysfonctionnements et attendant la fameuse baisse des loyers promise. La vie a finalement repris ses droits sur ce nouveau site touristique de la Baie Orientale réhabilité par la COM et peu à peu, certains se sont finalement résolus à entreprendre les travaux à leurs frais pour démarrer l’exploitation de leur commerce.
Mais quatre restaurateurs continuent de faire entendre leurs voix et leurs établissements affichent toujours portes closes. Samedi dernier, sous la houlette du Conseil de quartier numéro 1, ils avaient convié la presse à Quartier d’Orléans pour faire état de revendications non entendues, de courriers transmis aux autorités restés lettres mortes et de vives critiques à l’encontre de la Collectivité, dont « un manque de respect ». Ils pouvaient en outre s’assurer du soutien du conseiller territorial indépendant et président de l’association True Hope for Saint-Martin, Jules Charville, ou encore de Victor Paines membre du collectif « Wake Up Saint-Martin » qui avait initié la mobilisation contre le PLU.
 
L’argent, le nerf de la guerre
Le loyer de 2500 € – qui aurait déjà été rabaissé à 2200 € – est toujours jugé « exorbitant » et « intenable en basse saison » par ces exploitants, qui déplorent une multiplication par cinq comparé à la redevance demandée sur l’ancien site « alors que les travaux ont pris un retard considérable ». A cela s’ajouterait « un investissement de 30.000 à 40.000 € pour couvrir les terrasses, faire d’autres finitions indispensables et mettre l’établissement en conformité avec la réglementation » précisait l’un d’eux, Gillian Jermin. S’y superposerait « une grande insécurité économique », liée à un contrat d’AOT de « seulement » trois ans « avec aucune garantie qu’il sera renouvelé pour avoir retour sur investissement ». Ces exploitants demandent en outre que les investissements réalisés de leur poche soient « remboursés » ou « déduits des loyers ».
 
Visite technique de la Com lundi
Vendredi dernier les exploitants des carbets, qui avaient souhaité un entretien avec l’exécutif, lequel était en déplacement hors de l’île, ont finalement été reçus par le cabinet de la présidente ainsi que par la direction du pôle Développement durable de la Com. Pour les exploitants des carbets les structures comportent « de nombreuses malfaçons » et des lacunes : pas de bacs à graisse pour les cuisines, gaz à l’extérieur, pas de ligne électrique pour le bar en terrasse, route pas faite, certains volets qui présenteraient déjà des défauts d’ouverture, etc.
 
L’ensemble de ces défauts a été signalé à la présidente de la Collectivité dans un courrier transmis le 11 février. « Une visite des services techniques s’est déroulée aujourd’hui » nous affirmait de son côté une source proche du dossier à la Collectivité.
 
Vers une (nouvelle) crise sociale ?
D’autres points de friction ont été évoqués parmi lesquels « une ségrégation » entre restaurateurs métropolitains, installés d’un côté, et restaurateurs saint-martinois, installés de l’autre. Un argument surprenant lorsqu’on sait que les anciens emplacements ont simplement été conservés pour les nouvelles attributions. Mais il est symptomatique de cette nouvelle crise qui est en train de frémir : « il faut faire en sorte que la mixité sociale soit réelle » défendait le représentant du Conseil de quartier Steven Patrick. « Nos élus ne représentent par les citoyens, nous n’avons pas la représentation que nous méritons ». Dans cette affaire des carbets, il y aurait, selon le même homme, une volonté « d’éloigner les Saint-Martinois de l’économie locale ».
 
Néanmoins, la présidente de la Collectivité a été avisée qu’en cas de « désaccord », les exploitants se verraient « contraints de saisir les tribunaux compétents afin d’obtenir réparation du préjudice subi ».
 
Après l’ajournement du PLU, l’affaire des carbets semble donc cristalliser un nouveau conflit à peine latent. D’ailleurs les protestataires réunis samedi dernier ne s’en cachaient pas : si le dossier continue à patiner, Saint-Martin pourrait bien vivre un nouveau rapport de force dans la rue.
 
 
Pendant ce temps, à la BO…

Le site des carbets est pourtant loin d’être moribond. Lundi au petit matin, la plupart des baraquements colorés prenaient vie. Ce restaurateur, qui compte bien ouvrir « enfin » cette semaine, a construit la couverture de sa terrasse et était en train de donner les derniers coups de marteau sur le bar. Ces deux équipements manquaient en effet cruellement à l’architecture des établissements pour les exploiter dans les meilleures conditions. Cet exploitant a donc opté pour la solution radicale au risque de se trouver sans outil de travail : mettre la main à la poche pour démarrer envers et contre tout sa saison touristique, avec un retard de quatre mois et autant de temps ne générant aucun chiffre en cette période économique pourtant cruciale. Plus le moment de tergiverser… Les carbets de BO prennent vie peu à peu, même si le projet remis par la COM a fortement déçu.
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