Temps de lecture estimé : 4 minutes
Le vice-président de la Collectivité durcit le ton vis-à-vis des trois exploitants qui n’ont pas encore signé leur contrat d’AOT sur les carbets d’Orient bay.
 
 

L’affaire des carbets de Baie Orientale qui secoue l’actualité depuis plusieurs mois, a glissé vers le rapport de force. Il y a une dizaine de jours, trois restaurateurs avaient saisi les médias pour expliquer pourquoi ils n’avaient toujours pas signé leur convention d’AOT et faire part de vives critiques à l’égard de la Collectivité, parmi lesquelles des loyers jugés excessivement élevés et des bâtiments peu conformes à leur activité. Ils étaient alors soutenus par le conseiller territorial indépendant Jules Charville ainsi que le représentant du Conseil de quartier numéro 5, Steven Patrick.
Vendredi dernier, après avoir évoqué la zone bleue, Guillaume Arnell a donc profité de la présence des médias pour faire part d’« un certain nombre de contre-vérités » dans une affaire où « trois restaurants sèment la zizanie ». Sans langue de bois, et manifestement très agacé. En préambule, l’édile a retracé l’histoire de ce site : « dans les années 80 Albert Fleming (ndlr le maire de l’époque) a fait ériger des constructions et les a données en gérance à des Saint-Martinois ». Ceci « moyennant un tout petit loyer », soit entre 400 et 500 euros. « Ils ont compris le système et ont sous-loué leur occupation ». Avec quelques milliers de dollars en bénéfice chaque mois. « J’ai cette obligation d’honnêteté vis-à-vis de ma population qui a la mémoire sélective » a poursuivi le vice-président, assurant avoir « des preuves ».
 
Fonctionnement d’une AOT
L’élu veut remettre ses ouailles dans le droit chemin et l’époque où l’on ne reversait pas de loyer à la COM – ou anciennement la Commune – au prétexte que l’AOT n’était pas renouvelée, semble révolue. D’ailleurs, c’est aussi pour mettre un peu d’ordre dans cette gestion approximative que la Collectivité avait profité du cyclone Gonzalo pour raser ce qui restait des anciens baraquements et réhabiliter le site, moyennant la distribution de nouvelles AOT. Cet héritage de la Commune, Guillaume Arnell n’en veut plus : « nous souhaitons mettre fin à la pratique de la sous-location. La parcelle AW34 est la propriété de la COM et de la population ».
 
Evoquant la critique faite sur la durée du contrat, soit trois ans, l’élu a en outre martelé que « le propre d’une AOT c’est d’être temporaire ».
 
À l’exploitant de «s’adapter»
Quant aux loyers hérités des années 80 « était-ce vraiment le tarif ? » interroge Guillaume Arnell, qui a fermement défendu la politique tarifaire de la COM. Soit 2500 euros par mois pour un restaurant, tarif revu à la baisse par une décision du Conseil exécutif en janvier dernier, à hauteur de 2200 euros. A la demande des exploitants, l’élu avait effectivement affirmé, devant les médias, souhaiter reconsidérer les loyers moyennant des justificatifs comptables : « j’avais dit alors ‘présentez-moi des bilans, des comptes de résultat », suggérant que tout le monde ne s’est pas plié à cette proposition. Quant à ceux qui sous-louaient l’emplacement : « à combien, à quel tarif ? » ironise le vice-président, persuadé que ce bras de fer entre la COM et les trois exploitants témoigne d’une « volonté de déstabiliser notre équipe (la majorité, ndlr) ». « La rue ne peut pas et ne doit pas gouverner (…) Le temps des enfants gâtés a assez duré » s’est écrié l’élu, ajoutant : « Je n’ai aucun doute sur l’instrumentalisation politique ».
 
Quant aux critiques relatives aux « malfaçons » sur les structures, Guillaume Arnell a évoqué de son côté des « petits problèmes » sur lesquels interviendrait actuellement la Collectivité. Mais il a défendu bec et ongles son projet : « les travaux sont conformes à ce qui était commandé, on ne pouvait pas faire un programme à la carte, s’adapter à la taille de telle ou telle gazinière. C’est à l’exploitant de s’adapter ».
 
 
Prix des AOT : une classification des zones touristiques
 
Guillaume Arnell le reconnaît volontiers, à Saint-Martin, « il y a encore des endroits où le tarif est anormalement bas ». Et qui seront « recalculés ». « Nous allons faire une classification des zones touristiques à partir d’un point central » ajoutait-il. En l’occurrence Pinel : « plus on s’éloignera de Pinel, plus le tarif baissera. Les loyers de Baie Orientale seraient donc censés être moins chers que Pinel, mais plus chers que Grand-Case. Quant au centre-ville de Marigot, il fait l’objet d’un « autre calcul ». 
Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.