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Mercredi après-midi les négociations qui se sont tenues en préfecture se sont soldées par un échec. Prochaine réunion prévue le 15 mars.

Les doléances de trois restaurateurs retenus par la COM pour exploiter des carbets à la Baie Orientale ont mis le feu aux poudres. Ces derniers avaient d’ailleurs saisi la presse en février pour faire état de leur colère, qu’ils justifient par le prix des loyers jugé excessif, un travail « inachevé » nécessitant un investissement qu’ils évaluent à 20.000 €, l’absence de document prouvant que les cuisines sont aux normes, etc. En réponse, le vice-président Guillaume Arnell avait haussé le ton et donné une fin de non recevoir, arguant que « le temps des enfants gâtés est terminé », affirmant que certains intéressés étaient connus pour avoir sous-loué les anciens baraquements sur le même site par le passé (notre édition du mardi 1er mars).
Mercredi, le collectif Saint-Martin Wake Up, celui-là même qui avait lancé la mobilisation anti-PLU, et qui s’est associé aux trois restaurateurs de BO, a donc plus clairement formulé la demande : 9 mois de loyers gratuits, pour « compenser » les 9 mois d’inactivité dus aux travaux et à leur retard. Les restaurateurs exigent en outre, de pouvoir entrer dans les lieux (pour mémoire ils avaient refusé de signer l’AOT au motif des doléances exprimées) et la renégociation du prix des loyers. Mercredi, après 3h30 de discussions, la Collectivité représentée par le vice-président Wendel Cocks et le directeur de cabinet d’Aline Hanson, Pierre Brangé, n’a pas plié. A noter que le vice-président Guillaume Arnell est actuellement hors de Saint-Martin.
 
ALINE HANSON RESTE MITIGÉE
Dans un communiqué transmis aux médias, où elle stipulait que « la revendication de trois restaurateurs ne peut justifier un blocage routier de cette envergure », la présidente a semblé tenir fermement son cap : « Le conseil exécutif s’est déjà réuni le 17 février dernier pour voter une baisse des loyers des restaurants de 2500€ à 2200€ mensuels. J’ajoute aussi que le prix des AOT a été réévalué en 2014 sur l’ensemble du territoire à partir d’une analyse cohérente et réaliste des zones commerciales ». Mais manifestement, rien ne semble définitif : « A l’heure actuelle, la Collectivité n’a pas toutes les données en main pour pouvoir statuer sur cette demande spécifique. (…) Nous analyserons les tenants et aboutissants de ce dossier, sachant que l’exécutif territorial prendra à terme une décision collégiale, dans le respect de la légalité et de l’intérêt général de tous les Saint-Martinois ». Elle s’est par ailleurs également attachée les services d’un avocat afin de vérifier la légalité des AOT. Surtout, qu’ils ne soient pas attaquables.
 
 
Daniel Gibbs : « un profond malaise »
 
Invité de Radio Transat, le député Daniel Gibbs (Union pour la démocratie) a confié son point de vue sur la situation des Carbets de la Baie Orientale.
 
Daniel Gibbs était jeudi midi au micro de Thomas Krieder sur le 93.7 de la bande FM. « Je ne vois d’autre issue qu’une concertation rapide. Il faut arrêter les discussions stériles. Dans chaque problème, il y a un compromis. C’est peut-être, et je dis bien peut-être, un problème politique. Les responsables doivent y faire face. Il faut arrêter les bavardages. » Tel était le conseil avisé du parlementaire à l’Exécutif local. Le locataire du palais Bourbon s’est d’ailleurs bien gardé de faire de la récupération politique. Il a tout de même ajouté, sur un air de « Moi président » que s’il « avai[t] été aux commandes », et qu’il « avai[t] eu à faire à ce type de situation », il « aurai[t] mis les choses au clair dès le début. » « Voilà ce qu’on va faire, voilà combien ça va vous coûter… Mais il y a un problème », déplore Daniel Gibbs qui en déduit que « ça veut dire que quelque chose n’a pas été dit ou pas été fait. » CQFD ! « C’est une question de méthode. » Le député a également eu la délicatesse d’éviter toute forme de démagogie. « On a et on aura toujours des problèmes pour faire venir de l’investissement privé. Quand ça ne marche pas, on a le courage de réformer. Je le disais avant 2012, on va avoir un problème parce qu’on ne génère pas d’activité, pas de développement économique. Quand tout va bien, personne ne parle de différences communautaires et économiques », a complété l’héritier politique d’Albert Fleming pour qui « le malaise est bien plus profond que ça. »
 
 
 
St-Martin Wake Up :
des revendications diverses et variées
 
Le collectif, qui soutient les trois restaurateurs des carbets, avait vu le jour lors de la mobilisation anti-PLU en octobre 2015.
 
Le collectif Saint-Martin Wake Up entend secouer la Collectivité sur différents sujets, dont certains étaient déjà à l’ordre du jour lors de la mobilisation contre le PLU. Dans une missive transmise aux médias, il revient ainsi sur la commission des 50 pas géométriques et demande qu’elle soit « convoquée dans un délai de deux mois pour revoir et statuer sur les prix d’achat symboliques des terrains ». Est également mentionnée une série de doléances des six Conseils de quartier ou encore le non-respect de l’arrêté territorial sur l’interdiction des transats plage de Grand-Case.
 
Ces personnes “venues d’ailleurs”

St Martin Wake Up entend défendre les intérêts des natifs Saint-Martinois: « Pour assurer l’équilibre social de notre société insulaire, il est crucial de mettre fin à la perte déplorable par les habitants originaires de l’île de leur emprise sur l’économie, comparée aux avantages dont jouissent les personnes venues d’ailleurs ». L’organisation demande notamment « l’arrêt de l’éviction des Saint-Martinois exploitant des commerces à l’Aéroport de l’Espérance à Grand-Case », « l’arrêt du remplacement systématique des employés saint-martinois par d’autres ‘importés’ un peu partout sur l’île », le « contrôle de la régularité des saisonniers venus de France, vis-à-vis du droit du travail », etc. Le collectif se positionne également contre le projet d’aménagement de la baie de Marigot, estimant qu’il sera « donné en concession à des sociétés extérieures, sans aucune retombée pour les originaires de l’île ».  
St Martin Wake Up dit aussi vouloir défendre les consommateurs, signalant la réception tardive des factures (EDF, Eau, téléphonie) ce qui engendre « le paiement de frais de retard », ou demande encore la « révision immédiate des taux exorbitants de taxe sur les consommations d’eau et d’électricité ».
Le collectif se prononce enfin sur divers sujets relatifs à la sécurité dont la création d’une maison d’arrêt, la création d’un commissariat de police avec une permanence H24.
 
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