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L’arrivée des gendarmes a vraisemblablement empêché un cambriolage à Howell Center, mais la présence d’une arme de poing dans leur véhicule a mené directement les deux complices devant le tribunal correctionnel.

Le 27 juin 2015, vers deux heures du matin, l’attention d’une patrouille du peloton de surveillance et d’intervention (PSIG) de la gendarmerie est attirée par une alarme qui se déclenche à Howell Center, chez PBD. L’entreprise a été cambriolée quelques jours auparavant et cette nuit-là, sur les lieux, les militaires repèrent un homme vêtu de noir caché dans les buissons et un comparse, tout près d’un véhicule dont le moteur tourne, tous feux éteints, portière du conducteur ouverte. Une fouille rapide leur permet de découvrir une arme de poing Taurus 38 spécial, chargée de cinq cartouches et posée sur le siège arrière, et un joint de cannabis dans la boîte à gants.

D’où vient cette arme? Que fait-elle là? Dans un premier temps, les deux jeunes hommes, H. et C., racontent qu’elle appartient à un certain « Black », monté avec eux dans la voiture du côté hollandais mais qui en est descendu depuis. Puis les versions diffèrent. Pendant sa garde-à-vue, H. affirme que l’arme appartient à C. et qu’il ne savait pas qu’il l’avait prise avec lui. Mais C. nie. Il a bien vu l’arme et l’a manipulée, mais elle ne lui appartient pas. L’inspection de leurs téléphones permet de découvrir des photos d’armes, dont une photo d’un Taurus 38 spécial posé sur un tas de billets de banque. Ces billets appartiendraient à C. et seraient le produit d’une tombola qu’il aurait organisée. Il reconnaît toutefois que le joint lui appartient. Tout deux consomment régulièrement du cannabis et sont étudiants, H. aux Pays-Bas et C. à Aruba, en vacances dans leur famille au moment des faits. Quant à la voiture, elle a été louée du côté hollandais.

Six mois de prison avec sursis

Les deux hommes ne sont pas présents à l’audience et seul H. est représenté par son avocat. Ni l’un ni l’autre n’ont de casier judiciaire. Dans son réquisitoire, le procureur souligne que les deux prévenus sont tous les deux poursuivis pour détention et transport d’une arme de catégorie B, un type d’armes régulièrement utilisées et saisies dans les vols à main armée sur l’île et que l’on est en présence de faits sérieux, qui méritent une réponse judiciaire sérieuse. Il requiert six mois de prison, avec ou sans sursis. L’avocat de H. reconnaît que le contexte fait penser à un cambriolage, que l’alarme et l’arrivée des gendarmes ont permis d’éviter, mais qu’il n’y a pas d’effraction. On n’a pas relevé d’empreintes de son client sur l’arme et il n’est donc pas établi qu’il l’ait touchée. Quant au joint, « si l’on commence à faire des audiences pour trois joints, on va convoquer cinq millions de personnes devant le juge », sans oublier que « H. est étudiant en Hollande, où l’on fume des joints dans les coffee shops ».

 
Il demande la clémence du tribunal, ajoute qu’on ne juge pas sur des soupçons et qu’un casier judiciaire aurait des conséquences lourdes lorsque son client reviendra travailler à Saint-Martin. H. et C. ont tous deux été condamnés à six mois de prison avec sursis. L’arme et le cannabis ont été confisqués.
 

 

Dealer mais pas voleur

Il est rasta, âgé d’une quarantaine d’années, et il a comparu jeudi dernier devant le tribunal correctionnel pour avoir cultivé et vendu du cannabis.

Il y a environ un an, lors d’un contrôle à Sandy Ground, les gendarmes interpellent un individu faisant mine de prendre la fuite en les voyant. Ils trouvent sur lui 123 sachets de deux grammes de cannabis prêts à être vendus, ainsi que 50 euros et quelques dollars. Placé en garde-à-vue, ce rasta né en Dominique reconnaît que cette marchandise lui appartient, qu’il cultive du cannabis pour sa consommation personnelle, mais également pour la revente, afin de nourrir ses enfants. Au juge qui lui demande s’il réalise la gravité des faits, il répond « je ne veux pas aller voler ». Puis il explique qu’il vendait chaque sachet entre 3 et 5 dollars. Questionné sur sa consommation personnelle, il avoue avoir fumé son dernier joint le matin même. Ses plantations ont été détruites et il vit depuis de petits jobs à droite et à gauche. Il gagne environ 250 dollars par semaine, vit dans un appartement de Sandy Ground avec sa compagne et leur dernier enfant et paye 300 dollars de loyer par mois, en espèces.

Sa situation est compliquée. Sa carte de séjour a expiré le 15 juillet 2015 et ne sera peut-être pas renouvelée, malgré qu’il soit chargé de famille, en raison de sa condamnation. Le parquet a requis une peine d’avertissement, après avoir évoqué « l’éternel débat caraïbe entre la culture rasta et le droit français : pour le droit français, il risque dix ans de prison pour offre et transport de stupéfiants ». Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis. Le cannabis et l’argent en espèces, considéré comme étant le produit de la vente, ont été confisqués.


 
GRAND-CASE
Des vacanciers menacés par un couteau
 
Vendredi soir, des touristes ont été menacés par un individu porteur d’une arme blanche. Peu de temps après son méfait, l’homme au couteau a été interpellé par la maréchaussée, puis placé en garde à vue. Il a depuis été relâché et sera prochainement convoqué devant la justice.
SINT MAARTEN
Vol d’une voiture qui transportait un engin pour personne à mobilité réduire
 
Un touriste senior, habitué de l’île, a signalé à la police du côté hollandais avoir été victime du vol de sa voiture de location jeudi 10 mars, sur Cannegieter Street. Le véhicule est une Honda marron CRV immatriculée R-1649. Le vol est d’autant plus désespérant pour cet homme que la voiture contenait à l’intérieur un « gogo scoot », petit engin électrique utilisé par sa femme pour se déplacer. Sans cet engin « il lui est vraiment difficile de circuler » indique la police. La victime lance donc un appel pour que leur soit au moins restitué cet objet précieux qui leur permettrait de poursuivre leur séjour dans de bonnes conditions.
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