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Le Carême est considéré aux Antilles comme étant la saison la plus sèche. Faut-il alors s’étonner de l’abondance des pluies de ces derniers jours ?
 
 

L’épisode pluvieux que connaît l’arc antillais depuis plusieurs jours, qui a notamment provoqué d’importantes inondations et fait plusieurs morts en Haïti fin février, et qui depuis stagne sur la Caraïbe, quoiqu’abondant, n’est pas un phénomène exceptionnel. Christophe-Valère Montout, météorologue pour Météo-France en Guadeloupe s’en explique : « Depuis plusieurs années, nous étions en deçà des normales saisonnières et on a pris l’habitude d’être trop sec. Alors quand il pleut maintenant, ça nous étonne. Bien que nous soyons en ‘saison sèche’, ne dites pas ‘Carême’, la situation est tout à fait normale. Il s’agit d’un front froid, d’une perturbation venue de France, poussée à l’est par l’anticyclone des Açores, bloquée au sud par La Niña et qui par conséquent tourne en rond. Nous sommes simplement en présence d’un phénomène aléatoire qui provoque plus de pluie qu’à la normale. »
 
Le spécialiste du climat indique cependant que dans les mois qui viennent les précipitations pourraient se poursuivre à cause de La Niña. « On est encore en Niño, l’évolution va se faire progressivement vers un Niña jusqu’en juin. Si La Niña s’installe comme prévu, les pluies vont se faire de plus en plus importantes. » Voilà qui contrasterait énormément avec une année 2015 qui a été extrêmement sèche aux Antilles et ailleurs dans le monde. A titre d’exemple, la moyenne (normale) de précipitations en mars à Saint-Martin est de 59mm. En 2015, notre territoire avait enregistré 31mm de précipitation sur l’ensemble de ce mois. Cette année, en moins de deux semaines, déjà 73mm ont été relevés.
 
Fais ce qu’il te plaît… mais sous la pluie !
El Niño, et son pendant La Niña sont des phénomènes océaniques à grande échelle du Pacifique équatorial, affectant le régime des vents, la température de la mer et les précipitations. La contribution du phénomène El Niño reste majeure dans la répartition des prévisions d’anomalies de précipitations sur le globe, avec une très forte probabilité d’excédent de précipitations sur le centre et l’est du Pacifique équatorial s’étendant au nord vers la Caraïbe et au sud vers l’Argentine. Sur les Petites Antilles, un scénario plus humide que la normale est donc le plus probable surtout en allant vers les Iles du Nord. Quand on sait que le mois de mai concentre à lui seul 40 à 50% des précipitations du trimestre mars-avril-mai, on vous laisse d’ores et déjà choisir la couleur de vos bottes et de votre parapluie. Evidemment, il ne s’agit que de prévisions saisonnières.
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