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La compagnie aux couleurs des Tropiques adopte une nouvelle stratégie pour remplir ses appareils et s’attirer plus de clients. Vendredi, le PDG dévoilait à Saint-Martin les nouveaux tarifs « Simply » de sa compagnie. 
 
 

Des prix qui, pour l’heure, défient toute concurrence sur le réseau régional et sont censés « stimuler le marché » pour le grand patron d’Air Caraïbes, Marc Rochet : Saint-Martin Grand-Case / Fort-de-France (A/R) : 178 € ; Saint-Martin Grand-Case / Pointe-à-Pitre : 138 € (A/R) ; Fort-de-France / Pointe-à-Pitre : 118 € (A/R) ; St Domingue / Fort-de-France : 276 € (A/R). Etc. En aller simple, les prix restent tout autant compétitifs : compter par exemple 69€ pour un Pointe-à-Pitre / Saint-Martin, soit 30% moins cher que les prix habituellement proposés.  
Pour le lancement officiel de cette nouvelle offensive tarifaire, vendredi dernier, la compagnie Air Caraïbes avait choisi l’île de Saint-Martin et l’un de ses fleurons touristiques à Baie Orientale, le Waïkiki. Face à la pléiade de journalistes venus en voyage de presse depuis les autres îles du réseau régional, le PDG Marc Rochet a formulé ses annonces au moment même où, à 10h30, Air Caraïbes mettait sur le marché ces nouvelles offres tarifaires. « On veut créer de nouvelles occasions de voyage en abaissant les prix, comme en Europe » a justifié le patron d’Air Caraïbes.
 
Des prix « simply »
De nouveaux prix pour capter de nouveaux clients et surtout, une façon de « démocratiser le transport aérien ». Air Caraïbes résume ce nouveau positionnement en un mot : ce sont les tarifs « simply ». Cette nouvelle posture doit permettre à la compagnie aérienne de ratisser plus large. Et elle se défend d’avoir négocié le prix des taxes aéroportuaires pour parvenir à ces offres concurrentielles : « on n’a pas voulu louper le train, le low cost a été un succès sur le long et moyen courrier et la fidélisation du client sur le réseau régional se retrouve sur le long courrier » justifie Marc Rochet.
Les tarifs « simply » d’Air Caraïbes sont proposés « selon les horaires de vol, les disponibilités, la demande ». Comprenez qu’il y en aura plus ou moins sur chaque vol, surtout sur les creux en milieu de journée. « Toutes les places ne seront pas à ce prix là » mais, promet le PDG, « il y en aura beaucoup et tout le temps ». A noter que ces tarifs, à l’instar du concept « low cost » pratiqué par les autres compagnies aériennes, offrent un service minimal : les billets ne sont pas remboursables ni modifiables et pour mettre un bagage en soute il vous en coûtera 15 euros.
 
Booster le trafic et optimiser le remplissage
330.000 passagers ont voyagé avec Air Caraïbes sur le réseau régional en 2015. « L’activité régionale n’est pas celle qui connaît la croissance la plus forte » concède le patron de la compagnie aérienne, décrivant « un trafic stable ». Mais qui peut mieux faire, et les tarifs « simply » devraient l’y aider. « Faisons aux Antilles ce qui se fait partout ailleurs dans le monde, où la tendance est de booster le trafic par des baisses tarifaires » justifie M. Rochet. Et même si ce réseau régional n’affiche que 65% en coefficient de remplissage, contre 85% pour le long courrier, il y tient : « c’est notre ADN, il n’est pas facile à exploiter, on y a perdu de l’argent, mais c’est un atout ». Un client séduit sur un vol inter-îles, aidé par un programme de fidélité, se retrouvera ainsi plus aisément assis dans un vol transatlantique, du moins Air Caraïbes y croit.
 
 
Plutôt Saint-Domingue que Cuba
 
A court terme Air Caraïbes mise non pas sur l’ouverture de la terre castriste, mais plutôt sur Saint-Domingue où le développement touristique est jugé plus dynamique : « la croissance du trafic va être très forte, 15% par an, on s’accroche au train qui va le plus vite » confie le patron de la compagnie Marc Rochet. Ceci aux dépens d’Haïti, déjà amputé de sa desserte sur les Antilles : « depuis Paris, on est les seuls à faire Port-au-Prince mais on ne peut faire plus que 2 vols par semaines, alors que la République dominicaine va se développer très vite ».
 
Quant à Cuba, Air Caraïbes n’a pas encore de marge de manœuvre pour se positionner sur cette destination à très fort potentiel, d’autant que « pour y aller il faut être partenaire de Cubana » confie M. Rochet. Mais la porte s’entrouvre puisqu’en avril, la France et Cuba vont entamer de nouvelles négociations diplomatiques sur les droits de navigation.
 
 
Nouvelle flotte et wifi à bord
 
Air Caraïbes passe aussi à l’offensive pour améliorer le confort des passagers. Trois ATR 72-600 de 74 places sont en commande. Le premier né de cette nouvelle flotte, actuellement en fabrication, est annoncé pour le mois de novembre. Les deux prochains seront livrés respectivement en 2017 et 2018. La compagnie conservera néanmoins un quatrième ATR pour tenter d’améliorer sa ponctualité, dit-elle.
Il faudra aussi compter avec une petite révolution technologique à bord : le nouvel ATR sera équipé d’une installation wifi qui permettra aussi aux passagers de se connecter à la bibliothèque de bord et tout son panel de loisirs. « On est attaché à ce réseau régional, on va investir, on a les moyens financiers » scande le PDG d’Air Caraïbes. Pour un nouvel ATR, compter un investissement de 10 millions de dollars…
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