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Cinq établissements scolaires ont procédé à un exercice en grandeur nature d’évacuation en cas de catastrophe naturelle : le Caribe Wave. Ambiance.
 

Ce jeudi, 10h30, à l’école élémentaire Emile Larmonie de Cul-de-Sac, une sonnerie retentit. C’est la récréation ! Aussitôt des flots d’élèves entre 3 et 10 ans surgissent des quatre coins de l’établissement. Ils prennent possession de la cour, jouent, crient, savourent leur collation sans se douter (ou presque) qu’à 10h37 leur pause va être interrompue par une autre sonnerie. Celle d’une alerte… au tsunami ! Ce scénario catastrophe n’était heureusement qu’un exercice d’entraînement auquel les enfants avaient été préparés en classe par leurs enseignants respectifs. Et visiblement, ils avaient bien retenu la leçon.A peine la directrice de l’école Annick Pétrus-Ferga a-t-elle libéré le son de la corne de brume que les enfants se sont regroupés autour de leurs professeurs, avant de se diriger 2 par 2 vers la sortie. Alors a commencé une procession sur plusieurs hectomètres de 230 élèves encadrés par les adultes, qui les a conduits de l’école, située à proximité de l’embarcadère de Cul-de-Sac, jusqu’à une zone de refuge surélevée, à savoir l’ancienne station-service. Sur le chemin escarpé, la solidarité s’est tout de suite mise en place. On voyait les plus grands, les élèves de CM2, donner la main aux plus petits, ceux de PS, afin de les aider à gravir le morne avec leurs petites jambes.
 
Tous seuls comme des grands
Pour la directrice de l’école Emile Larmonie, la vague a parfaitement déferlé. « C’est la première évacuation tsunami que j’ai à diriger. L’exercice s’est très bien passé. J’avais une petite appréhension que l’alerte soit donnée pendant la récréation, ce qui a effectivement été le cas. Mais les enfants ont très bien réagi au signal. L’évacuation a été très rapide. La première classe est arrivée sur le site à 10h43, moins de 10 minutes après l’alerte. Nous regrettons cependant l’absence de forces de l’ordre et des pompiers. Nous avons pu profiter des travaux dans notre secteur et de la circulation qui n’était pas dense pour décider d’évacuer. Et puis, ça permet de voir comment ça se passe. Mais sans prendre de risque. »
 
C’est pour de vrai ?
Sophie Gillet est enseignante en grande section de maternelle. Pour cette professeure des écoles, cet exercice Caribe Wave est un succès. « On avait prévu le coup. Les enfants avaient leurs bouteilles d’eau. On s’est tout de suite mis en rang et on a quitté l’école le plus vite possible. Ce matin, il y a un petit garçon qui croyait que c’était pour de vrai et qui a pleuré. Ca arrive à chaque fois qu’on fait des exercices d’alerte. Certains, qui n’écoutent pas attentivement, se mettent dans la tête que c’est pour de vrai. Alors ils sont un peu épouvantés, mais on les rassure vite fait et on leur explique. »
 
 

 
Caribe Wave, un exercice de sécurité civile

Chaque année au mois de mars, l’Unesco, le Programme national américain d’atténuation de risque de tsunami, ainsi que d’autres organisations régionales, fournissent le cadre de l’exercice Caribe Wave qui permet aux services d’urgence de tester et de revoir leurs plans d’intervention contre les tsunamis. Une quarantaine d’états membres du Groupe intergouvernemental de coordination du système d’alerte aux tsunamis et autres risques côtiers dans la mer des Caraïbes et les régions adjacentes (GIC/Caribe-EWS), parmi lesquels la France, étaient concernés.
Organisé à Saint-Martin par la préfecture, l’exercice a donc consisté à « tester les dispositifs et actions dévolus aux services opérationnels concernés » indique l’administration d’Etat : activation de la cellule de crise, alerte et information des services via l’automate d’appel afin de tester ce nouveau dispositif, information du grand public par diffusion de communiqués de presse, évacuation des écoles, etc.
 
Tremblement de terre au Venezuela
Pour ce « Caribe Wave 16 », deux scénarios étaient prévus : un tsunami provoqué par un séisme au large du Venezuela, ou bien un tsunami provoqué par un séisme au nord de l’île d’Hispaniola. Le séisme au large du Venezuela a finalement été retenu. C’est la préfecture de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin qui a détaillé le théâtre des opérations en associant les médias : « Ceci est un exercice. Merci de ne pas en tenir compte » était-il indiqué en préambule. Toutefois, les consignes qui ont suivi sont celles à respecter en cas d’alerte réelle.
Tremblement de terre de magnitude 8.4 sur l’échelle de Richter enregistré à 10h00 ce matin, au large des cotes du Venezuela. Ce tremblement de terre est susceptible de causer des vagues de type « tsunami » pour les îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Un tsunami est une succession de vagues. Le délai entre chaque vague peut varier entre 5 minutes et une heure. Le danger persiste plusieurs heures après la première vague. L’impact peut varier selon la configuration de la côte qui borde la région. Les personnes prises dans le phénomène peuvent se noyer ou être blessées par les débris emportés par l’eau ou emportées au large. L’amplitude du phénomène laisse prévoir une succession de vagues mesurant entre 1 et 3 mètres. Leur arrivée est prévue à 12h25 pour Saint-Barthélemy et 12h32 pour Saint-Martin.
 
Avis À la population
L’ordre d’évacuation est donné : écoutez la radio, respectez les consignes ; emmenez le minimum : médicament, nourriture, eau, vêtements, papiers importants, poste radio ; n’utilisez pas votre véhicule ; laissez vos enfants à l’école, ils sont pris en charge par leur établissement ; rejoignez une zone de refuge ; éloignez-vous du rivage et des cours d’eau.
Fin d’alerte : attendez avant de vous déplacer en voiture ; signalez à votre collectivité les victimes, dégâts, besoins… ; n’approchez pas des fils électriques.
Pour la préfecture « les objectifs de cet exercice ont été atteints, et un certain nombre d’améliorations de l’organisation de la réponse de sécurité civile ont été identifiés ».
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