Temps de lecture estimé : 5 minutes
Du 1er avril au 31 juillet, la Collectivité lance une opération gratuite d’enlèvement des véhicules hors d’usage qui pourrissent dans notre paysage naturel et urbain.

Une vaste opération impliquant la bonne volonté des propriétaires concernés va se dérouler entre avril et juillet. « Un ramassage gratuit de toutes les épaves est offert aux propriétaires désireux de se débarrasser d’un véhicule hors d’usage » indique la Collectivité. Après le 31 juillet, ce service sera payant c’est-à-dire qu’il faudra acheminer le véhicule à ses frais sur l’écosite. A noter que cette campagne d’utilité publique ne concerne pas les copropriétés et les garages privés.
Cette opération inédite et coûteuse requiert donc la participation de toute la population, puisqu’il s’agit d’un problème environnemental majeur qui plombe Saint-Martin depuis trop longtemps. Récemment, la COM a renouvelé deux marchés publics pour la gestion de ces carcasses de véhicules sur le territoire : l’un avec un prestataire chargé de la collecte sur le domaine public, et à titre exceptionnel sur le domaine privé pendant 4 mois ; l’autre pour le traitement et le recyclage, assuré sur l’écosite de Grandes Cayes.  
 
DÉCHETS NOCIFS À TOUS POINTS DE VUE
Les épaves de voitures qui prolifèrent sont une véritable calamité. Si la gêne la plus évidente est d’ordre esthétique, les carcasses qui se désagrègent à l’air libre sont aussi extrêmement nocives pour la santé et l’environnement. Ces déchets envahissants constituent en effet des gîtes larvaires d’exception pour la prolifération des moustiques, vecteurs de la dengue, du chikungunya et depuis peu, du zika. L’écosite de Grandes Cayes, désormais équipé pour traiter les véhicules hors d’usage fait aussi régulièrement des découvertes peu ragoûtantes puisque les rats s’y nichent volontiers. « Les épaves sont de véritables nids à cochonneries, ce sont des poubelles ambulantes » témoigne le directeur de Verde-Sxm, Jean-Pierre Tey. « Quand on ouvre le coffre d’une carcasse, il peut s’échapper d’un coup 300 moustiques ».
 
Les véhicules abandonnés constituent également une belle catastrophe écologique puisqu’ils contiennent des fluides polluants (essence, huile, fluides frigorigènes) qui au gré du temps qui passe et des averses de pluie glissent dans le sol et dans nos eaux.
 
Enfin, et le risque n’est pas des moindres, en cas de phénomène cyclonique une carcasse de ferraille balayée par une bourrasque est un danger évident. A Saint-Martin, il est urgent que les mentalités changent. Tous déchets confondus…
 
Enlèvement gratuit des carcasses du 1er avril au 31 juillet
Contacter la direction de l’Environnement et du Cadre de vie
au 0590 52 27 30 (Mme Hélène Isaac).
 
 
De l’incivisme qui coûte cher
Malgré les opérations de ramassages de la COM, il est fréquent de voir apparaître ici et là de nouvelles épaves. Que l’on délaisse un véhicule qui ne sert plus, ou que l’on abandonne sa voiture qui a été amputée par des délinquants, chacun reste responsable de son bien jusqu’à ce qu’il atterrisse à la décharge. En organisant cette opération gratuite d’enlèvement sur les propriétés privées, la Collectivité se substitue donc une fois de plus à la responsabilité de ses administrés. D’autant que ça lui coûte cher, très cher.
 
Pour débarrasser le territoire une bonne fois pour toutes des épaves, la Collectivité a en effet programmé un budget de 450.000 euros sur trois ans entre 2016 et 2018 : 300.000 € sont consacrés au traitement des véhicules hors d’usage par l’entreprise Verde-Sxm à l’écosite de Grandes Cayes, et 150.000 € sont budgétés pour la collecte et le transport (le ramassage…). En 2016, ce second poste devrait représenter 60.000 €, 70.000 € en 2017 et 20.000 € en 2018. Un gros effort va donc être fourni cette année et l’année prochaine, le volume de traitement des épaves par l’écosite étant aussi anticipé par un budget de 180 000 € sur 2016, 210.000 € en 2017, contre 60.000 € en 2018.  
 
Sur le budget total de 450.000 €, validé par le Conseil exécutif au mois de janvier, la COM a demandé une subvention de 225.000 € à l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).
 


270 carcasses traitées depuis 1 an

à l’écosite
 
Depuis son inauguration en février 2015, le centre agréé « véhicules hors d’usage » (VHU), situé sur l’écosite, a traité 270 carcasses, dont une soixantaine sur ces deux derniers mois. Les épaves acheminées aux Grandes Cayes proviennent essentiellement des ramassages de la Collectivité et dans une moindre mesure, des apports des garagistes, puis quelques particuliers. Les véhicules qui parviennent à la décharge sont tout d’abord identifiés et s’il n’y a pas de plaque d’immatriculation, le numéro de série est relevé. « En fin de mois on donne la liste des voitures détruites au service des immatriculations de la Collectivité, ce qui permet de purger les registres » indique le directeur de l’entreprise Verde-Sxm (qui gère l’écosite), Jean-Pierre Tey.
 
95% DU VÉHICULE RECYCLÉS
Ensuite il faut démantibuler l’épave : « on neutralise les airbags, on dépollue, on démonte tout ce qui est recyclable et les pièces sont regroupées par matériau (plastique, boitiers électronique, vitres…) ». Après, il ne reste plus que la ferraille de la carcasse, qui est pressée pour prendre le moins de place possible dans les containers. « On arrive à un taux de 95% de recyclage pour un véhicule » détaille M. Tey. Sur un véhicule qui pèse une tonne, il ne restera donc que 50 à 60 kilos de déchets à l’issue du traitement.
Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.