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L’expert médical de la mission pour le développement de la chirurgie ambulatoire de l’ARS était de passage à Saint-Martin ce lundi.

Médecin anesthésiste à l’hôpital Saint-Antoine à Paris et responsable du comité ambulatoire de la société française d’anesthésie réanimation (la Sfar), le professeur Marc Beaussier est intervenu au centre hospitalier Louis Constat Fleming. Il s’agit de la troisième venue en Guadeloupe et aux Iles du Nord de ce spécialiste de la chirurgie ambulatoire dans le cadre du développement de cette pratique. L’expert médical est d’ailleurs très satisfait des évolutions de cette prise en charge à Saint-Martin, où les chiffres sont plutôt encourageants, voire élevés.
 
En effet, en l’espace d’une année, les actes de chirurgie ambulatoire ont augmenté de 13%, passant de 32% à 45%. Même si le potentiel de développement reste encore important, le professeur Beaussier n’a pas manqué de souligner la bonne volonté de la direction qui a investit dans la chirurgie ambulatoire, ainsi que celles de tous les personnels du centre hospitalier LCF dont certains ont déjà été spécialement formés.
 
L’HÔPITAL S’ADAPTE AU PATIENT
Le développement de la chirurgie ambulatoire implique une réorganisation complète des services, de l’espace et de l’affichage de l’hôpital. Les patients doivent être accueillis dès leur entrée et rapidement redirigés et accompagnés par une assistante médicale. A défaut d’en sonner le glas, cette prise en charge réduit considérablement les pertes de temps et les contacts prolongés à l’hôpital, ceux-ci favorisant la contraction d’infections nosocomiales. Le « concept » comme l’a répété le professeur Beaussier est que l’ « hôpital s’adapte au patient » et que, dans un souci de qualité, ce dernier soit hospitalisé simplement « le temps nécessaire. » Il précise toutefois que si un praticien estime qu’un patient doit rester plus d’une journée, le patient restera alors hospitalisé plus longtemps. « On ne met pas les gens dehors ! » Dans ce cas, par contre, on sort alors du cadre de la chirurgie ambulatoire.
 
FAIRE DES ÉCONOMIES
Car qu’est-ce que la chirurgie ambulatoire ? Il s’agit d’un mode de prise en charge permettant de raccourcir l’hospitalisation pour une intervention chirurgicale à une seule journée. Le patient entre donc le matin pour être opéré le jour même et en ressort le soir après un séjour de moins de 12 heures. Aujourd’hui, en France, 40% des interventions chirurgicales sont faites en chirurgie ambulatoire, ce qui place Saint-Martin parmi les bons élèves. Ce chiffre est en progression constante, la France rattrapant progressivement son retard sur ses voisins européens et les USA. L’objectif national est d’ailleurs fixé à 65% sur l’ensemble du territoire d’ici fin 2019.
 
A en croire le directeur du centre hospitalier LCF Roland Toussaint, en plus d’être « sans risque », la chirurgie ambulatoire permet de désengorger les services et de prendre en charge les cas lourds en même temps. Autre atout de la chirurgie ambulatoire, les importantes économies pour la Sécurité sociale et donc pour le contribuable.
 
LES INTERVENTIONS PRATIQUÉES
Pour le docteur Louis Jeffry, président de la commission médicale de l’hôpital, « il faut banaliser cette prise en charge afin que tout le monde soit en confiance » face à ce « changement de culture. » Pour les sceptiques et autres passéistes, sachez que 55 actes ont été déclarés prioritaires par les sociétés de chirurgie. 71 % des actes de cette liste sont pratiqués au centre hospitalier LCF. Outre les actes d’endoscopie (coloscopie, fibroscopie gastrique, bronchique…) qui sont réalisées de longue date en ambulatoire, les interventions les plus courantes sont : extractions dentaires (dents de sagesse), opérations des varices, arthroscopies, cataracte, hernies, ablations de matériel d’ostéosynthèse (les plaques, vis et autres matériels utilisés pour réparer initialement les différentes fractures), les interventions gynécologiques (curetage, hystéroscopie, certaines tumeurs du sein)…
 
Des interventions de plus en plus complexes sont aussi réalisés en ambulatoire comme l’ablation de la vésicule sous célioscopie, ou encore certaines opérations du cancer du sein, de la thyroïde, de la surrénale, l’ablation de ganglions, voire certaines opérations neurochirurgicales. Enfin de plus en plus d’urgences, notamment les traumatismes de la main (plaies, fractures), sont prises en charge sur la journée en ambulatoire. Toutes ces interventions réalisées en ambulatoire sont évidemment bien réglées et bien codifiées. En octobre 2016, l’ARS organisera un séminaire sur la question de la chirurgie ambulatoire. Saint-Martin s’est déjà dit prêt à accueillir l’événement.
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