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Jeudi prochain les élus du Conseil territorial seront amenés à se prononcer sur le lancement de procédures de déclaration d’utilité publique donc celle concernant les terrains convoités pour l’aéroport de Grand-Case.

Négociation ou expropriation ? En janvier dernier, à l’occasion de la cérémonie des vœux présentés par l’exécutif, le vice-président Guillaume Arnell annonçait tout sourire qu’il était « enfin tombé d’accord sur un prix avec la famille Laurence », propriétaire des terrains convoités de longue date par la COM pour le projet d’extension de la piste de l’aéroport. Les négociations ont en effet longtemps patiné avec cette famille saint-martinoise qui affirmait ne pas être opposée au projet, mais restait attachée à ne pas être flouée compte tenu des activités pratiquées sur ses terrains : élevage grâce à la présence de puits et location de parcelles à des opérateurs privés. En outre, sous la première mandature de la Collectivité, les terrains de la famille Petit situés dans le même secteur avaient été vendus à plus de 100 euros le m2, soit deux fois plus que les prix que l’actuelle mandature tente de négocier.
 
La lecture de l’ordre du jour du prochain conseil territorial , programmé le 31 mars, démontre que la Collectivité semble déterminée à faire avancer le dossier. En effet, les élus de l’assemblée plénière seront invités à valider le lancement d’une déclaration d’utilité publique (DUP). En droit français, il s’agit d’une procédure administrative qui permet de réaliser une opération d’aménagement sur des terrains privés en les expropriant pour cause d’utilité publique. Or, la DUP n’est pas obligatoire pour la COM si elle parvient à trouver un accord avec la famille Laurence, comme c’est manifestement le cas si l’on en croit Guillaume Arnell. D’ailleurs, la Collectivité n’a longtemps pas souhaité utiliser ce droit d’expropriation, qui implique une procédure longue, fastidieuse et pas vraiment populaire. Faut-il en conclure un retournement de situation dans les négociations ? Ou une simple précaution ?
 
Un gros enjeu économique
La phase 2 du développement de l’aéroport de Grand Case prévoit l’allongement de la piste afin d’accueillir de plus gros appareils. Ce projet présente donc de nombreux enjeux pour le dynamisme économique de la partie française : l’objectif affiché à l’horizon 2036, soit le terme de la délégation de service public confiée à la société SNC-Lavalin qui gère l’aéroport, prévoit que le trafic passerait à 390.000 passagers, contre moins de 200.000 actuellement. L’extension de la piste permettrait d’accueillir 80% de la flotte des jets d’affaires, soit des appareils de type Falcon, et de booster l’aviation commerciale avec des appareils tels que l’Embraer 145. Quant aux ATR 72 ils pourraient enfin décoller à pleine capacité (contre 65% aujourd’hui).
 
Jeudi prochain, d’autres procédures d’expropriation seront soumises au vote des élus, mais concernant des infrastructures publiques déjà construites sur des terrains privés : le terrain de Grandes Cayes sur lequel est aménagé la décharge ou encore la Pointe des Canonniers aux Terres Basses où est érigée une station d’épuration. La Collectivité semble vouloir mettre un peu d’ordre dans ses affaires.
 
 
L’aérogare fait peau neuve
Depuis deux ans l’aéroport de Grand-Case est en chantier pour venir à bout de la phase 1 de son développement. Les travaux, à hauteur de 5 millions d’euros, sont financés à parts égales par le FEDER et la société SNC-Lavalin, en charge de la gestion de l’aéroport. Après la réalisation d’un parking pour l’aviation générale, une tour de contrôle digne de ce nom et une nouvelle caserne pour les pompiers sont sorties de terre. « Le déménagement des personnels est prévu la semaine prochaine » confie le directeur de l’aéroport, Mongi Djouba.
 
Quant à l’aérogare, elle bénéficie d’une rénovation complète depuis le mois d’octobre. « Nous avons des équipes qui travaillent vraiment très bien, pour tenir l’objectif de finir au plus tard le 15 juin » ajoute M. Djouba. Ses maîtres-mots pour définir le nouvel espace : « esthétique, confort, modernité ». L’aérogare livre déjà ses premiers atours, avec des toilettes flambant neuves, des portes automatiques à l’entrée et l’impression d’un espace bien plus vaste. D’ici quelques semaines les voyageurs découvriront 8 banques d’enregistrement et une vraie mise en conformité au regard de l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.
 
 
Trafic : + 3,8%
Avec 198.145 passagers en 2015 contre 196.000 en 2014, le trafic de l’aéroport de Grand-Case affiche une hausse encourageante de 3,8%. « Depuis 2012 on est dans une tendance stagnante » commente le directeur Mongi Djouba. Une tendance qui « se tient » sur les premiers mois de l’année 2016.
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