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Depuis qu’il est expérimenté en centre-ville, le stationnement limité et réglementé peine encore à convaincre les usagers. La navette assurant la liaison avec le grand parking de Gaslibay est pourtant en service.

Trois semaines après la mise en place de 464 places de stationnement bleu, les habitudes ne sont pas encore prises par les automobilistes. Mercredi après-midi, les véhicules garés sur le Front de mer face au marché avaient tous un point commun : aucun n’arborait le fameux disque de stationnement. Pourtant, à l’annonce du lancement de la zone bleue début mars, nombreux sont les usagers venus se procurer ce disque dans l’un des points de distribution. « Nous en avons déjà donné une centaine » confiait il y a deux semaines cette station-service de Marigot. Mais son utilisation n’est manifestement pas encore entrée dans les moeurs. Et ce n’est pas réellement surprenant, puisque les automobilistes sont assurés de ne pas être verbalisés durant cette phase d’expérimentation du stationnement réglementé.
 

La police encore tolérante

Au début du mois, Guillaume Arnell avait présenté le principe de la zone bleue en centre-ville, qui limite le stationnement à 1h30 entre 8 heures et 18 heures (sauf dimanche et jours fériés). Non sans rappeler son intérêt : favoriser la rotation des véhicules pour dynamiser l’activité du cœur de ville. La Collectivité proposait alors une première phase de test, jusqu’en avril au moins, afin de laisser du temps aux usagers pour s’informer et se procurer le disque de stationnement. Une période de tolérance durant laquelle il a été dit que la Police territoriale se montrerait magnanime. Le vice-président avait en effet annoncé que cette phase d’expérimentation permettrait surtout de faire de la pédagogie, un simple papillon d’information devant être apposé sur le pare-brise du contrevenant.  
 
260 places désespéremment vides
En l’absence de contravention, chacun fait donc encore un peu ce qu’il veut et les 260 places du parking de Galisbay s’ennuient à mourir. Pourtant, la navette gratuite mise en service pour assurer la liaison avec le centre-ville, pour ceux qui souhaiteraient y passer plus d’1 heure 30, ou y travaillent, est elle bien opérationnelle. Ce petit bus climatisé d’une dizaine de places assure sa mission avec d’autant plus de mérite que les passagers sont rares. « Trois ou quatre personnes par jour » témoigne Raphaël aux commandes de la navette dès 7 heures du matin (il est ensuite relayé pour la deuxième partie de la journée puisque ce service est proposé jusqu’à 19 heures). Parfois il a plus de chance : « j’ai déjà eu un groupe de 15 personnes qui font une formation ».
 
En quelques coups de volant, la navette dépose ses passagers à l’arrêt de bus situé devant les toilettes publiques, sur le Front de mer. Il suffit de s’y poster ensuite quelques minutes pour attendre le trajet du retour. « S’il y a du monde je m’arrête aussi devant le West indies » confie notre chauffeur.
 
Quid de la sécurité ?
 
C’est l’inquiétude première des commerçants. « Comment ça va se passer à la nuit tombée quand il faudra marcher jusqu’au boulevard de France pour prendre la navette ? » s’interroge cette jeune femme de la rue Kennedy. D’autant qu’en hiver, les journées sont bien plus courtes. « Le bus pourrait prévoir de circuler aussi en fin de journée dans les rues commerçantes » suggère t-elle.
 
Le mois prochain, ou peut-être en mai si la Collectivité juge bon de retarder l’échéance, le non-respect des règles de stationnement en zone bleue vaudra une contravention de 17 euros. Si cela peut suffire à faire plier les usagers de la partie française, reste à convaincre ceux immatriculés à Sint Maarten qui ne seront pas vraiment impressionnés par une prune de la police territoriale. A moins que la Collectivité ne fasse comme les voisins du Sud lorsque quelqu’un est mal garé : faire sortir la fourrière, procédé bien plus rédhibitoire.
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