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À l’occasion d’une réunion dans les locaux de la CCISM, le collectif a fait le point sur les avancées et certaines revendications qui restent sans réponse.

Mercredi, le collectif Saint-Martin Wake Up avait convié la presse à une rencontre à la CCISM dans une salle climatisée, ce qui change des barricades au milieu de la chaussée par une journée torride quand tout le monde transpire. Face à la horde de journalistes, le collectif SMWU représenté par Victor Paines, Patricia Chance-Duzant, Maurice Jermin et Freddy Richardson a tout d’abord tenu à adresser un message de joyeux anniversaire à Yvette Fleming, notre jeune centenaire, dont « l’influence est énorme à Saint-Martin. »  SMWU a ensuite présenté le bilan de ses doléances, trois semaines après les blocages qui avaient, on se souvient, paralysé une partie de Saint-Martin.
Si dans son bras de fer qui l’oppose à la Collectivité, le collectif a d’ores et déjà obtenu des réponses satisfaisantes sur pratiquement tous les points qui concernaient les Carbets de la Baie Orientale (superficie d’un watersports et couverture des terrasses à l’étude ; route d’accès, nettoyage de la plage et WC publics réalisés ; contrôle des mesures de sécurité par le Sdis ; 2 mois de loyer offerts pour compenser le manque à gagner dû au retard de la livraison du chantier), le problème du tarif de l’AOT demeure. En particulier pour les restaurants dont le prix (2200 euros par mois) est considéré comme « trop élevé pour l’endroit par rapport à d’autres endroits de l’île. » Cela empêcherait notamment « les Saint-Martinois d’avoir un endroit » pour développer des commerces.
 
LÀ OÙ ÇA GRINCE ENCORE
 
D’autres questions soulevées par le SMWU restent sans réponse, à commencer par celle des 50 pas géométriques pour laquelle le collectif n’a toujours pas obtenu de retour de la Commission de validation des titres. Les problématiques liées à l’enfouissement des câbles électriques et téléphoniques, aux commerces extérieurs à l’aéroport de Grand-Case et à l’étrange système de facturation de l’opérateur de téléphonie Orange sont aussi d’actualité. Sur ce dernier point, SMWU dénonce une pratique qu’elle considère abusive et qui consisterait pour l’usager Orange qui ne possède pas de carte bancaire à payer sa facture via un guichet de La Poste. « Quand on n’a pas de carte bancaire, on ne peut plus régler ses factures directement à l’agence. Il faut passer par La Poste où l’opération est facturée 3 euros. » Reste la solution de s’acquitter de ses factures par chèque. Mais selon SMWU, le temps que celui-ci arrive à bon port en métropole, l’usager saint-martinois s’expose à des pénalités de retard. Sur certains dossiers, les compétences de la Préfecture prennent le relais de celles de la COM.
 
QUID DES TRAVAILLEURS IMPORTÉS ?
La question des « travailleurs importés » soulevée lors des blocages de mars n’était pas passée inaperçue. Beaucoup s’étaient braqués sur la forme sans attacher plus d’importance au fond du problème. Ceux qui dénonce ici SMWU ne sont pas les malheureux ressortissants d’Hispaniola qui ont quitté leur pays et qui, dans la difficulté, acceptent des emplois sous-payés et non déclarés. Indexant en particulier l’univers de la restauration, les membres de Saint-Martin Wake Up font référence à des travailleurs métropolitains, qui bénéficieraient d’indemnités chômage et viendraient faire la saison à Saint-Martin « au black », privant de cet fait les résidents de certains emplois. Le collectif est formel : dans cette situation, employeurs et employés sont tous les deux coupables, voire complices. La réponse de l’Etat sera certainement d’intensifier les contrôles.
Par ailleurs, SMWU se félicite de l’apparition de tarifs « low cost » au départ de Grand-Case. Ce point avait également été soulevé par le collectif, qui voit dans cette nouvelle offre commerciale plus qu’un simple hasard de calendrier. Quant à la création d’un centre d’activité pour les jeunes du quartier n°3 (Rambaud, Colombier), Saint-Martin Wake Up a « le sentiment d’être écouté. »
 
PAS D’AMBITIONS POLITIQUES POUR 2017
Enfin, si les membres de SMWU présents à cette conférence de presse se sont tous défendus d’avoir des visées politiques à un an des élections territoriales, ils n’en sont pas moins déterminés à obtenir gain de cause sur chacune de leurs revendications. « Tant que ce n’est pas fait, on est sur la route des négociations. » Celles-ci sont (r)ouvertes depuis trois semaines avec la Collectivité et la Préfecture. « On ne veut pas claquer la porte. Ca va prendre un peu de temps. » La patience, mères de toutes les vertus, est donc de mise dans cette discussion tripartite. Aucun mouvement de contestation n’est à l’agenda de Saint-Martin Wake Up… pour le moment.
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