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L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) vient de lancer une grande campagne de sensibilisation sur la collecte et le recyclage des huiles usagées.

Ce sont des déchets extrêmement nuisibles à l’environnement. Les huiles usagées utilisées pour les moteurs ou dans certaines industries, ainsi que les lubrifiants, ne doivent absolument pas être brûlés à l’air libre, abandonnés dans la nature, déversés dans les réseaux d’évacuation d’eaux usées ou encore jetés avec les ordures ménagères. A Saint-Martin certaines de ces pratiques ont pourtant eu la vie longue mais tendent à disparaître grâce à la création d’un vrai système de collecte assuré par l’entreprise Verde-Sxm – qui gère l’Ecosite de Grandes Cayes – détentrice d’un agrément de l’Ademe. Cette filière de recyclage, opérationnelle depuis trois ans, gagnerait à être encore plus exploitée par les professionnels et particuliers. Depuis fin mars, l’Ademe a donc lancé une vaste campagne de communication pendant trois mois, afin d’atteindre, à l’instar de la métropole, un taux de collecte de 100%.
 
DE BONNES PRATIQUES À ENCOURAGER
1500 à 1600 tonnes d’huiles usagées sont néanmoins déjà collectées en Guadeloupe et à Saint-Martin mais « l’objectif c’est d’augmenter le taux de collecte qui ne s’élève qu’à 60% » détaille le directeur régional de l’Ademe, Jérôme Roch, venu sur notre territoire lundi pour lancer l’opération de sensibilisation. En matière de protection de l’environnement l’enjeu est grand puisque 40 % des huiles usagées échappent encore à la filière de recyclage. Et lorsqu’ils ne sont pas correctement traités, ces déchets polluent les sols, affectent le fonctionnement des stations d’épuration et créent une pellicule étanche tout aussi dangereuse pour les écosystèmes marins. « Il s’agit d’assurer une collecte de qualité » poursuit M. Roch. Comprenez : ces huiles ne doivent pas être mélangées à d’autres produits et doivent être traitées par « un ramasseur agréé pour chaque territoire », en l’occurrence Verde-Sxm à Saint-Martin. Les huiles collectées sont recyclables à 80% : elles sont valorisées en France dans des usines de régénération ou d’incinération.
 
UNE COLLECTE GRATUITE…
Les utilisateurs d’huiles et lubrifiants sont d’autant plus encouragés à agir pour l’environnement que la collecte de ces déchets est gratuite. Pour le particulier, il suffit de se rendre à la déchèterie de Galisbay. Quant aux professionnels (garages auto notamment), outre la possibilité de se rendre sur l’écosite, ils peuvent recevoir une fois par mois la visite de José, employé chez Verde-Sxm et qui assure des tournées avec pick-up, pompe et citerne pour ramasser les huiles. Sur les quelque 80 professionnels estimés à Saint-Martin, « nous en avons déjà une quarantaine qui participent » concède le collecteur spécialisé. « Ils ont été contents lorsqu’on a proposé la filière ». D’autant plus ravis que côté hollandais, ce service est payant.
 
Pour continuer à encourager les participations actives, Verde-Sxm envisage également de déployer la mise en place de conteneurs spécialisés chez les professionnels. D’ailleurs, l’Ademe a prévu dans son budget de collecte des huiles usagées, des aides dédiées aux entreprises qui s’équiperaient pour ces déchets, le financement pouvant aller jusqu’à 70% de l’investissement.  
 
… MAIS QUI A UN COÛT
Les huiles usagées collectées ont une valeur marchande qui correspond au prix de revente aux usines de valorisation. Mais ce prix n’est pas suffisant pour couvrir le coût de la collecte et du transport jusqu’aux unités de traitement. Dans les territoires ultramarins, les faibles tonnages en jeu et le transport maritime jusqu’à la métropole plombent d’autant plus les budgets. La filière de collecte et d’élimination des huiles usagées doit donc être soutenue sur le plan économique et son financement assuré par des fonds publics, en l’occurrence l’Ademe. En 2014, l’Agence de l’environnement a ainsi injecté 475.000 € dans cette filière de recyclage, sur la Guadeloupe et Saint-Martin. La campagne de communication représente quant à elle un budget de 175.000 €.
 
 
Le chiffre
130 tonnes
C’est la quantité d’huiles usagées collectées par Verde-Sxm sur Saint-Martin en trois ans, soit depuis que la filière est opérationnelle. Ces déchets ont déjà rempli 5 citernes, qui sont ensuite expédiées en France métropolitaine dans les usines de recyclage et de valorisation.
 
 
Le saviez-vous ?
 
POLLUTION

Les huiles usagées sont peu biodégradables : cela signifie qu’elles persistent dans le milieu naturel et réduisent l’oxygénation de la faune et de la flore. On estime en effet qu’un litre d’huile usagée abandonné dans la nature, pollue durablement un mètre cube de terre et peut couvrir une surface d’eau de 1 000 m2.
 
TRAITEMENT
Le traitement des huiles usagées donne lieu à une véritable valorisation qui peut se faire de deux manières. Soit on pratique le recyclage (la régénération), c’est-à-dire qu’on en extrait les éléments polluants (essence…) de façon à pouvoir réutiliser le liquide une fois épuré. Le second mode de valorisation est l’incinération, principalement en cimenterie : 10 litres d’huiles usagées produisent autant d’énergie que 9 litres de fuel lourd. A noter que la combustion doit être réalisée dans de très bonnes conditions car elle n’est pas sans impact : elle doit donc se faire sous haute surveillance.
 
 
Une campagne tous azimuts


Pour sensibiliser à la collecte des huiles usagées, l’Ademe a mis le paquet : distribution d’une valise pédagogique auprès des professionnels, campagne d’affichage, installations de totems et flyers, stickers rappelant la réglementation, campagne radio, spots tv et feuilletons internet, insertions presse, et un site internet : jerecyclemeshuiles.com. Pout toute information sur la collecte des huiles usagées à Saint-Martin, contacter Verde-Sxm au 0590 87 25 48.
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