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Le député européen et conseiller de Nicolas Sarkozy en visite à Saint-Martin s’est exprimé lundi devant un parterre de sympathisants à l’invitation de Daniel Gibbs. 

Alain Juppé, principal rival de Nicolas Sarkozy qui n’a d’ailleurs toujours pas officialisé sa candidature aux Primaires, a entamé une batterie de déplacements dont une tournée dans les Antilles. A Saint-Martin, le conseiller principal du président des Républicains, Brice Hortefeux, l’a néanmoins devancé de quelques jours. Une façon d’occuper le terrain alors que les candidats à la Primaire commencent à jouer des coudes ? 

Pour l’eurodéputé proche de Nicolas Sarkozy, il s’agissait d’une visite informelle, où il a pris attache avec notre petit territoire ultramarin qu’il ne connaissait pas : « C’est une venue qui est directement liée à la manière donc Daniel Gibbs souligne l’attrait de l’île ; m’étant rendu à de nombreuses reprises dans les Antilles je n’étais pas venu à Saint-Martin et je ne suis pas déçu » nous confiait-il au terme de la réunion publique qu’il animait avec le député des îles du Nord lundi soir à l’hôtel Mercure. Devant une assemblée de quelque 70 sympathisants, M. Hortefeux a déclaré que Daniel Gibbs, secrétaire général du Comité des Outre-mer du parti des Républicains, est « la voix de l’Outre-mer ». Une position qui lui permettra de participer à la rédaction des doléances ultramarines en vue de la campagne présidentielle.

« Nous sommes bien partis »

Le conseiller de Nicolas Sarkozy a tenu une réunion de 90 minutes afin de défendre le potentiel du groupe LR pour le scrutin de la présidentielle : « nous sommes la première formation nationale en terme d’élus, de résultats électoraux et de militants. Depuis deux ans nous sommes redevenus la première force territoriale militante de France ». Avouant qu’il n’était « pas enthousiaste » au système de la Primaire, qui compte déjà plus d’une dizaine de candidats sur les rangs, Brice Hortefeux souhaite de la cohésion : « il ne faut pas que ça devienne une foire d’empoigne ». L’homme a appelé à « une grande tolérance », encourageant les sympathisants à « aller écouter Alain Juppé » qui donne une réunion publique ce vendredi soir (lire par ailleurs).

M. Hortefeux a également démenti toute velléité de sa part quant au scrutin de la Primaire et a réitéré son soutien au président des Républicains : « je pense que Nicolas Sarkozy est le meilleur ». Il a néanmoins prôné le rassemblement « derrière celui que les électeurs auront choisis ».

Cap sur la présidentielle

A un an du scrutin présidentiel, Brice Hortefeux n’a pas manqué d’attaquer le gouvernement, dénonçant « un désastre économique, une débâcle idéologique, la présidence totalement dégradée de François Hollande ». Il a ainsi évoqué le chômage, la dette, le déficit commercial… en dressant quelques ébauche d’un programme de campagne : « il faut arrêter cette augmentation de la pression fiscale » a t-il martelé. L’homme a invoqué la nécessité de « redonner de la compétitivité aux entreprises » et de contribuer à la baisse de la dépense publique : « nous ne pouvons pas continuer à rémunérer 5,6 millions de fonctionnaires ».

Pour les territoires ultramarins le conseiller de Nicolas Sarkozy a succinctement reconnu qu’il y a « des choses qui ne fonctionnent pas ». Il s’est aussi un peu attardé sur le cas de Saint-Martin, évoquant « des atouts exceptionnels » pour le tourisme. « Il y a des moyens de progression, il faut une politique d’exonération pour certains secteurs ». Manifestement bien briefé, M. Hortefeux s’est également étonné de la situation de l’emploi : « comment se fait-il qu’à Saint-Martin le taux de chômage soit le double de la partie hollandaise ? »

Les représentants et sympathisants des fédérations ultramarines ont eux été invités à tirer parti de cette pré-campagne : « profitez pour avancer vos propositions, on est preneurs, il faut profiter de cette période pour bâtir un projet pour les ultramarins » a t-il conclu, avant d’être interpellé par l’assistance pour une séance de questions-réponses. Celles-ci portaient pêle-mêle sur la fonction d’un député européen, l’islamisme radical, l’immigration ou encore les promesses non-tenues de 2007.

 

Alain Juppé en visite ce vendredi… suivi de François Fillon

En moins de trois semaines notre petit territoire voit affluer pas moins de trois représentants du groupe Les Républicains, qui s’affaire en vue de la Primaire. Celui que les derniers sondages désignent toujours comme grand favori dans ce scrutin (39% des intentions de vote ) s’est offert une tournée dans les Antilles-Guyane. Alain Juppé est à Saint-Martin ce vendredi et tiendra une réunion publique à la CCISM à 19 heures. Il doit rencontrer les socio-professionnels ce samedi 9 avril avant de s’envoler pour Saint-Barthélemy. 

Daniel Gibbs annonçait lundi dernier que François Fillon ferait lui aussi un bref passage sur nos terres, vraisemblablement les 18 et 19 avril. La visite et son calendrier restent cependant à confirmer. L’ancien Premier ministre est pour l’heure crédité de moins de 10% d’intentions de vote au premier tour des Primaires, derrière Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire.

Pourquoi Daniel Gibbs sera absent ce vendredi

Entre les différents candidats, le député des îles du Nord qui ne sera pas présent ce vendredi soir pour la réunion d’Alain Juppé se défend de manifester une posture : « je ne serai pas là mais je ne veux pas qu’on s’y m’éprenne » a t-il déclaré lundi soir. Daniel Gibbs est en effet pris dans un autre engagement en sa qualité de vice-président du groupe d’amitié Franco-Haïtien. « Je le verrai à Paris » a t-il ajouté.

 

Une pré-présidentielle où toutes les voix comptent…

Les candidats à la Primaire de la droite sont dans les starting-blocks : ils ont jusqu’au 9 septembre pour récolter le nombre requis de parrainages.

Mais que diable viennent faire ici toutes ces personnalités politiques ? Les Saint-Martinois s’étonneront à juste titre de l’engouement créé par leur petit territoire en si peu de temps. Car une fois installés dans leurs fonctions, le locataire de l’Elysée et ses ministres se font plus rares sur notre île. Saint-Martin aura d’ailleurs attendu 15 ans, entre la visite de Jacques Chirac en l’an 2000 et François Hollande l’année dernière, pour se voir gratifiée d’une visite présidentielle. L’on se souvient aussi du goût amer laissé par l’annulation de la visite de Manuel Valls.

Mais chez les Républicains l’heure est à la préparation de cette pré-campagne présidentielle que représente la Primaire. Il y a donc un intérêt certain à venir séduire les potentiels électeurs sympathisants qui seront invités en novembre 2016, à désigner leur candidat. Il ne faut pas non plus laisser un rival prendre un peu trop d’avance, et manifestement les voix de Saint-Martin sont prises au sérieux. Reste à savoir si la gauche optera pour la même stratégie.

Des parrainages, puis des votes

La Primaire de la droite et du centre doit en effet désigner le candidat jugé le plus à même de remporter l’élection présidentielle de 2017. Or pour y participer, les candidats devront avoir recueilli les parrainages d’au moins 20 parlementaires et d’au moins 2.500 adhérents et 250 élus répartis sur un minimum de 30 départements.

Lundi dernier lors de la réunion publique avec Brice Hortefeux, Daniel Gibbs a exhorté les sympathisants des Républicains à se mettre à jour de leurs cotisations. Sur près de 300 adhérents, seulement une quarantaine auraient en effet satisfait à leurs obligations. Cela fait peu pour un candidat aux Primaires qui tenterait de recueillir ici des parrainages, d’autant que ce scrutin inédit compte plus d’une dizaine de candidats déclarés ou potentiels.

Mais les candidats (ou leurs représentants) savent aussi que rien n’est joué car il ne suffit pas de récolter des parrainages. Il faudra ensuite s’imposer lors du scrutin du 20 novembre (voire du 27 novembre si deuxième tour il y a). Et c’est là que tout peut se jouer, car la Primaire des Républicains est ouverte à tout citoyen, pourvu qu’il soit inscrit sur les listes électorales, qu’il signe une charte précisant qu’il partage les valeurs de la droite et du centre, et qu’il s’acquitte d’un subside de deux euros au premier et au second tour.

La date limite pour le dépôt des candidatures à cette pré-présidentielle « républicaine » est fixée au 9 septembre 2016. La liste officielle des candidats sera dévoilée le 21 septembre, qui sera aussi la date du lancement officiel de la campagne des Primaires. 

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