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Surfer sur les sites internet pédopornographiques, même en spectateur, est un délit. Télécharger des photos, les conserver et les mettre en ligne sur internet aggrave les faits. 

Un jeune homme de Saint-Barthélemy, jugé hier jeudi par le tribunal correctionnel réuni en audience collégiale, l’a appris à ses dépens. Rappel des faits : en juillet 2013, en enquêtant sur la pédopornographie sur internet, la gendarmerie d’Arras tombe sur un commentaire : « Je suis toujours intéressé par voir cette salope à poil ». L’internaute utilise un pseudo, mais c’est un jeu d’enfants pour les enquêteurs de retrouver l’adresse IP de l’ordinateur, qui les amène tout droit à Saint-Barthélemy. Le jeune homme, placé en garde-à-vue à la gendarmerie de Saint-Barth, ne conteste pas les faits. Oui, il a téléchargé et stocké sur deux ordinateurs des photos de jeunes filles mineures dans des poses sexuelles, et oui il a transmis certaines de ces images à d’autres utilisateurs. Questionné par le président Égron-Reverseau, il explique qu’il est nécessaire de s’inscrire pour diffuser soi-même des images et qu’il est très facile de les télécharger. Il assure qu’il est hors de question pour lui de passer à l’acte, mais le juge lui explique que le profil des délinquants sexuels montre qu’ils commencent sur internet puis, lorsque leur excitation s’émousse, passent aux actes.

Un homme « normal »

Comment en est-il arrivé là ? Il est marié, père d’une petite fille de quatre ans et le rapport du psychologue raconte qu’il a commencé de se promener sur ces sites après la naissance du bébé, à un moment où la dynamique conjugale s’était ralentie. Mais le psy considère que son champ de conscience n’est pas altéré, que sa sexualité n’a rien de déviant, qu’il n’est pas attiré par les enfants, bref qu’il est quelqu’un de « normal ». Le procureur Ohayon constate que le prévenu n’a pas de casier judiciaire, qu’il a une situation familiale stable, qu’il a un emploi dans le BTP, mais que cela ne l’a pas empêché de poster le fameux commentaire qui a permis à la justice de le retrouver. « Il avait conscience de l’interdit, la curiosité a bon dos, on a retrouvé 278 images dans un dossier baptisé « Guns & Roses » et 61 adresses de sites qu’il consultait, des sites souvent d’origine russe ou ukrainienne ». Et de continuer : « On est chez soi, devant son écran, à deux heures du matin à cliquer sur sa souris, c’est très virtuel, mais c’est très réel. Ce sont des violences physiques et morales, des viols, des agressions sur des mineurs et on regarde ça depuis son salon à Saint-Barth et on fait des commentaires ».

Le mis en cause aura un casier judiciaire et sera inscrit au fichier des délinquants sexuels. Il est suivi par un psy et le procureur a requis que ce suivi se poursuive, ainsi que dix mois de prison avec sursis, deux ans de mise à l’épreuve et la confiscation des ordinateurs.  Son avocate confirme l’origine de ce soudain intérêt pour la pédopornographie, « la naissance de l’enfant, un maternage excessif et on peut vite se retrouver sur ces sites en tapant quelques mots simples sur Google ». Mais il a selon elle pris conscience de son erreur. Il a regagné la confiance de sa femme, s’est tourné vers un nouvel avenir et regrette cette épreuve qu’il a fait subir à toute sa famille. 

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