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Dans une étude publiée jeudi et réalisée en mars 2015, l’Insee révèle les véritables écarts de prix entre les DOM et l’Hexagone.

En 2015, les prix sont plus élevés dans les départements d’Outre-mer qu’en France métropolitaine : de 12 % en Martinique, Guadeloupe et Guyane à 7 % à La Réunion et à Mayotte, a révélé l’Institut national de la statistique jeudi. Ces écarts prennent en compte les différences de mode de vie des ménages selon les territoires. Si tous les ménages consommaient le panier de biens et services moyen d’un ménage métropolitain, les écarts de prix seraient encore plus marqués relève également l’INSEE. Ainsi les ménages d’Outre-mer dépensent plus en produits de la mer, en produits tropicaux et en vêtements légers, mais moins en cinéma, théâtre, restaurant, services sportifs et récréatifs que les métropolitains. S’il gardait son mode de vie, le budget de consommation d’un ménage de France métropolitaine augmenterait de 17 % en Martinique et en Guadeloupe. En revanche, dans la vision symétrique, le budget de consommation d’un ménage antillais ou guyanais diminuerait d’environ 7 % s’il vivait en France métropolitaine tout en gardant ses habitudes de consommation.
 
PRODUITS ALIMENTAIRES, SANTÉ
 
Les écarts de prix s’expliquent en grande partie par la cherté des produits alimentaires outre-mer. Il s’agit en effet d’un des premiers postes de consommation des ménages (15 %). En 2015, en prenant comme référence le panier métropolitain, les prix sont en moyenne supérieurs à ceux de la métropole de 37 % à La Réunion, 42 % en Guadeloupe, 45 % en Guyane et 48 % en Martinique. Dans tous les départements d’Outre-mer, se soigner coûte également plus cher qu’en métropole, que ce soit en services de santé, en médicaments, en appareils et matériels thérapeutiques. Les écarts sont de 17 % pour les Antilles-Guyane et de 15 % à La Réunion.
 
TÉLÉPHONIE + 60%
 
En ce qui concerne l’accès à Internet et à la téléphonie mobile, les ménages d’Outre-mer n’ont pas bénéficié, contrairement aux ménages métropolitains, du développement des offres de forfaits low cost et de la baisse des prix qui a suivi. C’est pourquoi les écarts de prix concernant les services de téléphonie mobile ont augmenté entre 2010 et 2015. En 2015, ces services sont plus chers de 60 % environ aux Antilles et en Guyane et de 20 % à La Réunion. En revanche, les écarts concernant l’accès à Internet se sont fortement réduits entre 2010 et 2015, pour atteindre environ 40 % sur chaque territoire.
 
 
Vie chère : bientôt de nouvelles mesures ?

Suite à la publication de l’INSEE ce jeudi, le ministère des Outre-mer a immédiatement réagi. « L’étude de l’INSEE au sujet de l’écart des prix existant entre les DROM et la France métropolitaine confirme la priorité que doit constituer la lutte contre la vie chère dans les Outre-mer » peut-on lire dans le communiqué de la rue Oudinot. Depuis 2012 le gouvernement est certes déjà intervenu pour lutter contre la vie chère en faveur des concitoyens ultramarins, au travers notamment du fameux bouclier qualité-prix (BQP), qui repose sur une modération négociée des prix dans la grande distribution. « Le Ministère des Outre-mer entend poursuivre son engagement en 2016 avec de nouvelles actions concernant notamment les commerces de proximité, les tarifs téléphoniques, le logement etc. en parallèle d’un travail de consolidation des filières locales ».
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