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Après l’affaire Pascal Morelle et une autre affaire de violences que nous avons relatées dans notre précédente édition, une affaires de violences familiales et deux de trafics de stupéfiants ont été jugées le 7 avril dernier par le tribunal correctionnel, réuni en audience collégiale au palais de justice de Marigot.

C’est sur le signalement de son école que ce petit garçon a été retiré à sa mère, qui le martyrisait pour des peccadilles.
 
Il n’arrivait pas à écrire, tant ses doigts le faisaient souffrir, sa mère l’ayant frappé la veille, 23 novembre 2015, parce qu’il jouait au foot dehors et n’avait pas vu l’heure passer. Alerté par l’école, cet enfant de 11 ans et demi a raconté son histoire aux gendarmes : «En arrivant à la maison, elle a pris un bout de bois long de 50 centimètres, elle m’a amené dans ma chambre, m’a dit plein de gros mots, m’a dit qu’elle n’avait pas fini, de me mettre face au mur, je me suis retourné, j’ai reçu des coups sur le haut du crâne, sur les bras, sur les mains. Elle est allée chercher du sel et du vinaigre, parce que ça fait très mal sur les coups, et son petit ami lui a dit de ne pas faire ça parce que j’allais à l’école le lendemain».
 
Le médecin légiste qui l’a examiné a constaté onze ecchymoses, deux hématomes – dont un de neuf centimètres de diamètre – sur tout le corps, ainsi que des lésions sur les zones de défense (les bras et les mains) et une marque de brûlure sur le coude, faite avec la lame d’un couteau chauffé. Le petit raconte encore qu’elle l’a frappé une autre fois avec un câble électrique, devant son concubin. Ce dernier, qui semble ne pas avoir le droit de se mêler de l’éducation de l’enfant, a témoigné que «si elle avait continué, j’aurais réagi». Il était là quand la mère a brûlé son fils unique et lui a dit qu’on ne faisait pas ce genre de choses, mais elle lui a répondu que le petit mentait trop.
 
Il est très poli quand il raconte les violences dont il est la victime
 
L’enfant vit depuis chez sa grand-mère et ne voit sa mère qu’en présence de son éducateur, qui trouve que les rapports se sont améliorés entre eux. «Vous avez franchi le seuil du droit de correction. Le médecin a constaté les coups et ce que vous avez fait à votre fils sont des violences, pas des corrections,» cherche à lui faire comprendre le président Égron-Reverseau, en ajoutant qu’elle va devoir indemniser son fils pour ces violences. Le procureur Mickaël Ohayon reprend les faits, que la mère a reconnus, et dit avoir le coeur serré en lisant que «l’enfant semble profondément triste et qu’il est très poli quand il raconte les violences dont il est la victime».
Il requiert une peine d’avertissement, parce qu’on n’élève pas les enfants à coups de câble électrique ni de tasseau et «qu’elle ne revienne pas».
Elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis, ce qui signifie qu’elle ne devra pas commettre d’autre infraction dans un délai de cinq ans, et devra indemniser son fils à hauteur de 2000 euros, qu’elle versera à l’administrateur. «Mais avec quoi je vais payer?» s’émeut-elle. 
 

 
Une bougie trafiquée
 
Elle a creusé une bougie parfumée et caché 51 grammes de cocaïne à l’intérieur, en s’imaginant sans doute qu’un chien renifleur de drogue passerait son chemin. Toujours est-il que La Poste n’a pas été dupe, que son colis a été vérifié avant son arrivée en Bretagne et qu’il a été facile de remonter jusqu’à elle, en mai 2015.
 
Serveuse saisonnière dans un restaurant, elle allait quitter l’île et prévoyait de consommer ces 51 grammes pendant l’été, la cocaïne étant, comme on le sait, nettement moins cher à Saint-Martin qu’en métropole. Des copains avaient utilisé ce procédé avant elle et lui avaient garanti que son paquet passerait comme une lettre à la poste. Placée en garde-à-vue, elle a reconnu les faits et expliqué qu’elle avait payé 600 dollars cette drogue qu’elle destinait à son usage personnel. Au tribunal, elle assure qu’elle est tombée de haut quand elle s’est rendue compte des conséquences de son acte et qu’elle a procédé à de grands changements dans sa vie depuis cette erreur. Elle pratique maintenant le yoga, mène une vie saine et considère que la consommation de stupéfiants ne serait pas cohérente avec ce nouveau mode de vie. Ses regrets ont l’air complètement sincères et elle est soutenue par son nouveau petit ami, présent à l’audience et qui ne touche pas à la drogue. Le procureur évoque des faits graves, même dans le cadre d’une consommation personnelle, mais considère qu’elle n’a pas un besoin manifeste de soins, et requiert une peine d’avertissement de 4 à 6 mois de prison avec sursis. Son avocate la présente comme une jeune femme qualifiée et travailleuse, que son employeur apprécie beaucoup. Le tribunal l’a condamnée à quatre mois avec sursis.
 

 
Un «cadeau» stupéfiant
 
Un jeune résident de Saint-Barthélemy né en 1997 a été condamné à deux mois de prison avec sursis et dix-huit mois de mise à l’épreuve à l’audience du tribunal correctionnel. Contrôlé par les gendarmes alors qu’il conduit son scooter le 30 novembre 2015, il s’avère qu’il transporte 7 grammes de cocaïne, dans sept petits sachets. Il explique que son scooter a été volé, puis qu’il l’a retrouvé et que les voleurs lui ont proposé de le «dédommager» en lui faisant ce «cadeau» illégal. «Vous n’avez pas trouvé ça bizarre?» lui demande le président du tribunal. «Je n’ai pas réfléchi». Lui-même consomme du cannabis, comme l’a prouvé son analyse sanguine, et devra également se faire soigner pour cette dépendance.   
 

 
Violences au lycée : deux ans ferme pour le plus âgé
 
Les trois jeunes hommes impliqués dans les violences commises au lycée le 17 février dernier ont été jugés par le tribunal correctionnel de Basse-Terre. Deux d’entre eux avaient été déférés à Basse-Terre en détention provisoire et le plus jeune placé sous contrôle judiciaire. Le plus âgé – presque 30 ans – avait entre autres blessé un lycéen de quinze ans avec sa machette et cassé la poignée du portail du lycée. Il encourait jusqu’à sept ans de prison. Il a été condamné à deux ans de prison ferme et à une interdiction de porter et détenir une arme pendant cinq ans. Le second, âgé de 22 ans et employé dans une marina de l’île, a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis ainsi que d’une interdiction de porter et détenir une arme pendant cinq ans et d’entrer en contact avec sa victime. Le troisième, tout juste majeur, a été condamné à un an de prison avec sursis et d’une mise à l’épreuve de deux ans, avec obligation de trouver un travail et interdiction de porter et détenir une arme durant cinq ans.
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