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Gracieusement hébergé par sa mère, un homme d’une quarantaine d’années a écopé d’une peine de six mois de prison avec sursis pour des faits de violences aggravées.

Jeudi dernier, lorsqu’elle est arrivée à la barre, Mme R ne souhaitait même pas demander de dommages et intérêts à l’accusé. Il faut dire que la victime connaît très bien la situation financière de son agresseur puisque ce dernier n’est autre que son fils, âgé de 43 ans au moment des faits. Si l’altercation remonte au 14 décembre dernier, le conflit entre cette enseignante à la retraite vivant à Grand-Case et son fils larvait depuis le 12 décembre, jour où P. P est allé accueillir à l’aéroport sa nouvelle compagne qui arrivait de métropole. Pour s’y rendre, l’homme a emprunté la voiture de sa mère, une BMW X5, alors que celle-ci ne l’avait pas autorisé. A la barre, la matriarche justifie son refus en évoquant l’histoire d’une camionnette qu’elle lui avait prêtée aux débuts des années 2000 et qu’elle n’a jamais récupérée depuis.
 
UN VÉRITABLE AFFRONT
Le lendemain, le 13 décembre, P. P a voulu faire les présentations entre sa mère et sa compagne comme si de rien n’était. Il le fait savoir à sa mère qui décline l’invitation car elle n’était pas à ce moment dans une tenue suffisamment « présentable » pour rencontrer sa nouvelle « belle-fille ».
 
Finalement, le 14 décembre, une étincelle a suffit à mettre le feu aux poudres. La compagne de P. P croise Mme R dans la cour de sa résidence et lui dit bonjour. Ignorant qu’il s’agissait de la compagne de son fils, Mme R, propriétaire de plusieurs appartements, se contente de répondre poliment « Bonjour madame. » Un véritable affront pour P. P qui observait la scène depuis la fenêtre du logement mis gratuitement à sa disposition par sa mère. Ne le supportant pas, le grand garçon vient trouver sa maman qui rangeait un arrosoir dans la remise.
 
IL RENVERSE UNE MACHINE À LAVER
S’en suit une violente altercation. P. P qui est décrit par Mme R comme une personne avec un gabarit imposant s’en prend à elle. Dans l’agitation, une machine à laver en plastique est renversée et Mme R tombe au sol. La victime raconte que son fils a appuyé sur son visage. Sa prothèse dentaire se serait alors décrochée et logée au fond de sa bouche, l’empêchant de crier et de respirer. Une voisine, témoin de la scène, corrobore les déclarations de la victime sans pouvoir affirmer avec certitude si l’accusé avait bel et bien tenté de frapper ou d’étrangler sa mère.
 
S’il se défend de tels actes, P. P n’a cependant pas nié devant les gendarmes le fait d’avoir fait trébucher sa maman dans cette petite pièce exigüe. La tentative de strangulation et plusieurs autres blessures ont été confirmées par un médecin.
 
UNE VICTIME AU BORD DES LARMES
Soulignant la gravité des faits qui sont reprochés à l’accusé, le vice-procureur Michaël Ohayon requiert une peine de huit mois de prison avec sursis, le tout assorti d’une mise à l’épreuve de deux ans et d’une obligation de se soigner, de travailler et d’indemniser la victime.
 
L’avocate de la défense a tenté d’atténuer le discours de l’accusation en évoquant les efforts de son client parti en métropole pour chercher un emploi et en rappelant le drame qui s’était abattu sur lui il y a plusieurs années, lorsqu’il a perdu sa femme et son enfant. L’avocate a également souligné que la victime n’avait jamais présenté de signes de strangulation autres que des yeux injectés de sang et que celle-ci pendant l’audience avait une fois encore les yeux rouges. Au bord des larmes, la victime a demandé à quitter la salle : « Je ne peux plus supporter ça ! »
 
VIOLENT ET AFFABULATEUR
Au terme de l’audience, le juge Gérard Egron-Reverseau a rendu sa sentence, ajoutant qu’il est « toujours délicat d’intervenir dans des affaires familiales. » P. P est donc condamné à six mois de sursis avec une mise à l’épreuve de deux ans et une obligation de se soigner, de travailler et d’indemniser sa mère à une hauteur de 100 euros. Pour Mme R, l’important est que son fils soit reconnu violent et affabulateur, et surtout qu’il puisse disposer des soins dont il a besoin.
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