Le projet de protection et d’aménagement du Galion, porté de longue date par le Conservatoire du Littoral et la Collectivité de Saint-Martin, va se concrétiser dans les prochains jours avec le démarrage du chantier de démolition des ruines de l’ancien hôtel.

Le Galion va être en chantier pendant quelques mois afin de rayer définitivement du paysage cette ruine disgracieuse et dangereuse, vestige d’un hôtel construit dans les années 80 puis laissé à l’abandon. Le marché de démolition qui va débuter dans les jours prochains doit permettre, dans un premier temps, d’enlever l’amiante contenu dans les bâtiments et de l’évacuer, afin qu’il soit traité et recyclé par un procédé innovant de vitrification. « Le chantier sera délimité et sécurisé au plus près des bâtiments, de façon à assurer la sécurité du public tout en permettant la poursuite des nombreuses activités sur le site » indique la préfecture. Cette première phase sera suivie de la démolition proprement dite qui ne débutera qu’à la rentrée de septembre, afin d’éviter toutes nuisances pendant les grandes vacances ajoutent les services de l’Etat.
 
20 ANS DE PROCÉDURE
L’acquisition de la parcelle AW 16 par le Conservatoire du Littoral, devenue définitive par décision de justice, est l’aboutissement d’une démarche engagée dès 1995. A l’époque, la Baie de l’Embouchure est identifiée comme site prioritaire par le Programme d’intervention du Conservatoire du Littoral, en accord avec la Commune de Saint-Martin. Devant l’échec des négociations amiables, les deux institutions décident ensuite de lancer une procédure d’expropriation de la SCI du Galion alors propriétaire. L’objectif de soustraire le site à l’urbanisation et à la privatisation, et de préserver sa richesse écologique et paysagère au bénéfice du plus grand nombre, est entériné en 2007 par la déclaration d’utilité publique du projet. Le Conservatoire du littoral devient propriétaire de la parcelle par l’ordonnance d’expropriation du 10 décembre 2007 du TGI de Basse-Terre.
Les contentieux qui ont opposé l’ancien propriétaire au Conservatoire sur cette expropriation sont clos depuis avril 2015.
 
RESTAURER ET AMÉNAGER
Sur ce site, le Conservatoire du littoral entend d’une part restaurer les parties dégradées et d’autre part aménager pour accueillir le public. « La vocation populaire et familiale de la plage sera préservée et même renforcée, l’acquisition par le Conservatoire ayant précisément pour motif la protection forte de son libre accès » détaille la préfecture. « Une partie du site accueillera des équipements, dont un service de restauration légère de qualité et des toilettes publiques ».
 
Le Conservatoire va mettre en place des partenariats avec les structures et les personnes qui interviennent d’ores et déjà sur le Galion : la Collectivité, avec le ramassage quotidien des poubelles et le nettoyage du site deux fois par semaine par l’intermédiaire de l’entreprise d’insertion EME, la piscine et le futur poste de surveillance ; les établissements scolaires pour les activités sportives et d’éducation à l‘environnement ; la Réserve Naturelle, en tant que gestionnaire des terrains du Conservatoire ; les usagers du site et en premier lieu les résidents, habitués de cette plage idéale pour les enfants, via notamment le Conseil de quartier.
 
Parallèlement au chantier de démolition des ruines, la préfecture indique que le programme d’aménagement va être discuté avec les partenaires, notamment avec le Conseil de quartier, afin d’améliorer les conditions d’accueil sur cette plage particulièrement prisée des Saint-Martinois.
 
 
« Le marché de démolition ne concerne pas le Tropical Wave »


La question de la destruction des ruines du Galion pose celle du devenir du restaurant Tropical Wave. Contacté par nos soins, le Conservatoire du Littoral explique que « le marché de démolition qui va démarrer ne concerne pas le Tropical Wave ». Mais la présence de ce restaurant, situé très en bordure de la plage, va néanmoins poser problème au propriétaire de la parcelle AW16 qui entend réhabiliter le site selon un cahier des charges où la priorité reste la préservation des richesses naturelles et paysagères. Dans le cadre du projet de réhabilitation du site, il a donc été proposé à l’exploitant du Tropical Wave installé depuis 1977 d’être déplacé sur la parcelle 17. Ce dernier a pour l’heure refusé la proposition.
 
Au Galion il n’y aura « qu’un seul établissement de restauration » confirme néanmoins le Conservatoire, qui veut donner la priorité à cet exploitant. « La porte reste toujours ouverte » lui est-il signifié. Une fois lancé le projet d’aménagement et de restauration du Galion, reste donc à savoir qui fera des concessions, ou n’en fera pas.
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