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Ils étaient 11, dont 7 de Saint-Martin, à suivre depuis 6 mois la première formation d’éducateur sportif aux métiers motonautiques, organisée pour favoriser la professionnalisation et l’embauche des « locaux » sur les bases nautiques.

Les activités nautiques favorisées ici par des plans d’eau exceptionnels sont très demandées par les touristes, mais manquent souvent de main d’œuvre qualifiée. Pour les encadrer, il faut en effet être au moins titulaire du BPJEPS, ou Brevet professionnel de la Jeunesse, de l’Education populaire et des Sports. Pour éviter de faire appel à des moniteurs venus de métropole ou bannir le coût important supporté par les bases nautiques censées envoyer leur personnel se former dans l’Hexagone, une première formation avait été lancée à Saint-Martin au mois de novembre.
 
Vendredi dernier, elle a fourni un contingent de 9 diplômés (2 ont été recalés) dont les 7 issus de Saint-Martin, âgés de 19 à 39 ans et tous reçus. « A l’issue de la validation définitive des diplômes par le jury régional de la DJSCS qui se réunira le 23 mai prochain, 100% des diplômés doivent être embauchés par les bases qui ont formé les stagiaires» révèle Amel Khelifi Couto, directrice du centre de formation EIGL spécialisé dans les activités motonautiques et habilité par la DJSCS de Guadeloupe (direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale). Cette même jeune femme a chapeauté la formation, fortement encouragée par les professionnels des watersports qui n’attendaient que ça. En outre, la DJSCS avait nommé trois experts formateurs chargés de contrôler le bon déroulement des opérations : Dimitri Asselin, Jean-Christophe Prayas et Frédo Lavocat.
 
DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE
 
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La formation a été accueillie dans le Jet Club Sxm école de pilotage de Frédo Lavocat, à Baie orientale.
 
Jet ski, parachute ascensionnel, ski nautique, wakeboard et autres engins tractés… Les stagiaires auront en tout effectué trois mois en entreprise dans un club nautique et trois mois de formation pour s’accaparer les ficelles du métier. Ils ont planché sur la réglementation, la connaissance de l’environnement maritime, la connaissance du milieu marin (météo…), la connaissance des publics, la pédagogie, le pilotage, la cartographie, etc. A noter que cette formation de moniteurs VNM avait aussi reçu un gros coup de pouce des Affaires maritimes, qui a mobilisé ses services afin que les stagiaires puissent dans le même temps passer permis côtier, permis fluvial et certificat de radio restreint, prérequis indispensables pour encadrer les activités motonautiques.
 
L’examen s’est déroulé durant toute la semaine dernière de lundi à vendredi entre deux bases nautiques : celle du Boo Boo Jam et celle du Bikini à Orient Bay. Sous les yeux des experts nommés par la DJSCS les futurs moniteurs ont été testés sur la théorie, mais aussi sur la pratique : mises en situation de sauvetage et secourisme, slalom chronométré en jet à bras, manœuvres en bateau et engins tractés, encadrement d’une randonnée en jet à selle…
 
DES FINANCEMENTS DIFFICILES À TROUVER
 
 
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L’examen s’est déroulé à Baie orientale entre les bases du Boo Boo Jam et du Bikini.
Nos îles ont besoin de professionnaliser leur personnel et de pouvoir trouver de la main d’œuvre qualifiée in situ. Les métiers motonautiques sont une vraie niche pour l’emploi des jeunes mais paradoxalement il est encore difficile de convaincre les organismes financeurs (Pôle emploi, OPCA, Collectivités), ce type de formation n’étant pas assuré par les CREPS. Cette première formation saint-martinoise a d’ailleurs été payée par les employeurs ou les parents (5500 € par stagiaire). En novembre 2015, près d’une quarantaine de candidats issus de toutes les Antilles-Guyane s’y étaient d’ailleurs intéressés, mais le manque de financements explique que la première promotion n’ait finalement accueilli que 11 stagiaires (dont 4 venus de Guadeloupe).
 
Une deuxième promotion devrait voir le jour en novembre prochain. « Compte tenu de l’employabilité, c’est possible » confirme la directrice du centre de formation EIGL. Le cas échéant, la formation se déroulera sur une île voisine, histoire de répondre à tous les besoins. Elle pourra néanmoins intéresser quelques Saint-Martinois. Dans les Antilles-Guyane, plus de 15 autres bases nautiques seraient à la recherche de moniteurs, soit 25 à 30 postes à pourvoir.
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