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Le préfet de Région a annoncé le recrutement de 160 agents de prévention sanitaire qui seront mis à disposition des collectivités locales, dont Saint-Martin.

Avec 412 cas confirmés et plus de 2000 personnes présentant des symptômes, la Guadeloupe vient de passer en phase « épidémie » pour le virus zika. Saint-Martin en prend également le chemin puisque chaque semaine, les autorités sanitaires relèvent que le virus continue de gagner du chemin : il faut désormais compter avec 61 cas confirmés, dont deux femmes enceintes, depuis l’apparition du zika sur nos terres à la mi-janvier. Le nombre de cas évocateurs continue aussi d’augmenter : 29 personnes se sont ainsi rendues chez leur médecin rien que sur la semaine 16. Quant à Saint-Barthélemy, qui échappait jusque là au zika, la premier cas avéré vient d’être confirmé.
 
Fort de ces indicateurs épidémiologiques, le préfet de Région Guadeloupe a annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre le zika. Celles-ci passent notamment par le financement de 160 agents de prévention sanitaire dont vont pouvoir disposer les collectivités locales de Guadeloupe, ainsi que les COM de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. L’Etat va ainsi consacrer une enveloppe financière pour des contrats CAE (accompagnement dans l’emploi) et a prévu d’augmenter son taux de prise en charge, à hauteur de 95% du SMIC, pour favoriser le recrutement de ces agents anti-zika. Ces contrats (CUI-CAE) sont réservés aux demandeurs d’emploi de longue durée ainsi qu’aux seniors de 50 ans et plus.
 
À Saint-Martin, deux agents sont déjà en cours de recrutement au niveau de la délégation territoriale de l’ARS. Ils vont également être chargés de conduire les actions de prévention.
 
PLUIES, EAU STAGNANTE, MOUSTIQUES…
L’heure est d’autant plus à la vigilance que ce week-end l’île a été abondamment arrosée par un épisode pluvieux. S’il est bienfaiteur après les longs mois de sécheresse, il l’est beaucoup moins quant au risque de voir à nouveau se développer des points d’eau stagnante, donc des gîtes larvaires où les moustiques vont pondre avant de proliférer. Outre la nécessité de se protéger contre les piqûres en phase épidémique, la destruction de ces pouponnières autour des habitations est indispensable et requiert la mobilisation de chacun : supprimer les soucoupes sous les pots de fleurs, vider au moins une fois par semaine tous les récipients contenant de l’eau stagnante (détritus, gouttières…) ; protéger les réserves d’eau avec un tissu moustiquaire ; mettre en terre les plantes plutôt que dans de l’eau (sinon changer l’eau au moins une fois par semaine). La préfecture de Saint-Martin rappelle en outre que chacun peut solliciter l’ARS pour se faire accompagner dans la destruction des gîtes larvaires et la vérification de la fermeture des citernes.
A noter également que le moustique Aedes aegypti présente une activité principalement diurne avec une recrudescence d’activité le matin et en fin de journée. Il faut donc surtout se protéger dans la journée.
 
 
Distribution gratuite de guppies

Ces petits poissons friands de larves de moustiques et que l’on place dans les citernes, constituent de véritables alliés pour lutter contre les maladies transmises par les insectes piqueurs. La préfecture de Saint-Martin rappelle que la délégation territoriale de l’ARS distribue gratuitement ces guppies (qu’on appelle aussi ou « golomines »). Contacter le 05 90 27 90 88 ou le 06 90 18 74 99.
 
 
500 kits pour les femmes enceintes

Si le Zika reste sans gravité pour la majorité de la population, les femmes enceintes sont en revanche fortement exposées aux complications de cette maladie, le risque de microcéphalie étant aujourd’hui avéré pour le bébé à naître. Une attention toute particulière leur est donc portée et des kits de protection sont mis à leur disposition. A Saint-Martin, 500 moustiquaires imprégnées ont ainsi été livrées au Centre hospitalier, qui les a ensuite réparties dans les Maisons de Solidarité et Familles. Les femmes enceintes, qui bénéficient d’une prise en charge spécifique dans ce contexte épidémique, sont également invitées à éviter tout rapport sexuel non protégé pendant la durée de la grossesse.
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