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Le député interrogeait lundi le ministère de l’Education nationale sur l’opportunité, pour Saint-Martin, de bénéficier enfin d’un vice-rectorat. En réponse, il s’est vu proposer une direction académique.

Daniel Gibbs a interpellé le ministère de l’Education lundi lors de la séance de questions orales sans débat à l’Assemblée nationale pour faire valoir la nécessité de créer un vice-rectorat pour Saint-Martin. « Ex-commune de Guadeloupe, la Collectivité de Saint-Martin demeure la lanterne rouge des politiques éducatives orchestrées par le rectorat de Guadeloupe dont elle continue à dépendre, quand les collectivités d’Outre-mer de Saint-Pierre-et-Miquelon (1500 élèves) ou de Wallis-et-Futuna (4000 élèves) bénéficient, elles, respectivement d’un service de l’éducation rattaché à Caen et d’un vice-rectorat, dignes de ce nom » a martelé le député. « Violences, illettrisme, retard scolaire, classes surchargées, enseignants en sous-effectifs, résultats en baisse aux examens… : la situation scolaire empire, rentrée après rentrée, à Saint-Martin alors que si l’on s’en donne les moyens, l’île, et ses 93% d’élèves anglophones, a tous les atouts pour devenir un territoire français d’exception ». Dans l’Hémicycle, Daniel Gibbs a néanmoins tenu à souligner les bonnes volontés des acteurs de l’éducation à Saint-Martin et leurs initiatives en termes d’enseignements spécifiques ou de prise en charge des élèves en situation de handicaps par exemple.
 
Le député des îles du Nord a donc tenté de convaincre le gouvernement d’offrir plus d’autonomie à Saint-Martin : « Malgré les bonnes volontés de tous, en termes de ressources humaines, de mise en place d’un projet académique, de formations ou de remplacements de professeurs absents, le « faible » service de l’éducation de Saint-Martin montre ses limites quotidiennement, avec des conséquences lourdes pour les 10.000 élèves, dont 80% sont scolarisés en éducation prioritaire ». Daniel Gibbs estime en outre que « le vice-rectorat permettra notamment la mise en place d’une véritable stratégie d’application de la politique éducative nationale et une réelle gestion des personnels et des établissements ».
 
« JE CONTINUERAI À ME BATTRE »
 
Sensibilisé par le parlementaire de Saint-Martin, la ministre – par la voie du secrétaire d’Etat A. Vidalies – s’est dite « consciente des difficultés existant à Saint-Martin » et reconnait que « le fait que le chef du service (le représentant du recteur de Guadeloupe pour Saint-Martin et Saint-Barth) ne puisse pas s’appuyer sur une structure a pu, en effet, entraîner des dysfonctionnements ». « A la suite d’une analyse approfondie, il apparaît plus adapté d’installer à Saint-Martin une direction académique clairement identifiée et référencée, ayant à sa tête un directeur académique des services de l’Education nationale. Cette solution permettra d’institutionnaliser la présence du rectorat de l’académie de Guadeloupe à Saint-Martin et Saint-Barthélemy et de créer l’interface locale nécessaire entre les personnels et les services du Rectorat. Une direction académique reconnue en tant que telle clarifiera en outre les rapports entre les partenaires, et en premier lieu entre la préfecture déléguée et les collectivités ».
 
Une proposition, qui si elle ressemble à « un début d’avancée » pour le député de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, ne le satisfait pas pleinement. « Le vice-rectorat que je demande permet à notre Collectivité d’obtenir enfin une « chaîne complète » en matière d’éducation. Notre statut, nos spécificités, nos besoins, nos effectifs : tout plaide en faveur de ce dispositif. Je continuerai à me battre pour obtenir un vice-rectorat pour Saint-Martin ». Le député de Saint-Barthélemy et Saint-Martin se dit donc « peu satisfait de la réponse du gouvernement sur un sujet aussi sensible pour l’île ».
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