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Une exposition pédagogique itinérante nous arrive jusqu’à Saint-Martin grâce à la mobilisation de quatre étudiants et d’une anthropologue spécialisée dans l’étude des arts du Pacifique.

Les « ghost nets », ou filets fantômes en français, sont des filets de pêche abandonnés en mer, perdus ou jetés à l’eau. Ces objets qui dérivent constituent une menace considérable pour la faune (animaux enchevêtrés) et l’équilibre des écosystèmes. Dans le nord de l’Australie, le phénomène des filets-fantômes renvoie les populations autochtones, historiquement et culturellement tournées vers la mer, à de fortes préoccupations environnementales. De ce désarroi écologique est né un courant artistique : l’art des ghost nets, issu de la récupération de ces déchets et offrant l’intérêt, outre esthétique, de sensibiliser à la préservation de l’environnement.  
C’est le sens de l’exposition présentée à la CCI de Saint-Martin du 13 au 15 mai, en salle Opale (ouverture de 9h30 à 18 heures). On doit ce projet à quatre étudiants inscrits à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), en master « Management de projets internationaux multilingues ». Faire voyager cette exposition est devenu leur projet de fin d’études qu’ils ont baptisé « L’océan au cœur de la vie : ghost nets aux Antilles ». Saint-Martin étant la terre natale de l’un d’eux, il était tout naturel que le projet franchisse l’océan, d’autant que nos territoires insulaires sont loin d’être épargnés par cette problématique environnementale.
 
 
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L’art des ghost nets donne lieu à de captivantes créations
 
UNE CONFÉRENCE ET UN FILM
Accompagnés de Géraldine Le Roux, enseignant-chercheur à l’UBO et spécialiste dans l’étude de l’art des ghost nets, Rainy, Michel, Pénélope et Eliska vous invitent donc à la CCI pour partager ce sujet tant écologique et qu’artistique. Deux temps forts sont également proposés au public : une conférence ce vendredi 13 mai à 18 heures ainsi que la projection d’un film, suivi d’un débat, samedi 14 mai à 15 heures (le film est accessible aux enfants). « C’est une exposition pédagogique présentée pour sensibiliser à l’enjeu écologique et surtout la dimension créatrice » précise l’anthropologue Géraldine Le Roux, commissaire de cette exposition qui a déjà été accueillie à l’Océanopolis de Brest et pourrait ensuite se diriger sur Mayotte.
 
NETTOYAGE DE PLAGE SAMEDI
 
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Tortue marine enchevêtrée dans un filet fantôme et promise à une mort prochaine
 

Pour mener à bien leur projet, Rainy, Michel, Pénélope et Eliska ont fondé l’association loi 1901, CultuWide. Une petite équipe multilingue et multiculturelle dont les accents révèlent des origines diverses, ce qui offre d’autant plus de saveur à leur action : Saint-Martin (Michel), Mayotte (Rainy), Eliska (République Tchèque), Pénélope (France). L’environnement étant au cœur de leur projet de Master, les jeunes gens ont aussi profité de leur présence sur l’île pour impulser une séance de nettoyage de plage ce samedi à Grandes Cayes, en partenariat avec des acteurs locaux dont l’association Jeunesse Soualiga, le service de l’éducation et la Réserve naturelle. Ils présenteront l’ensemble de leur projet le 24 mai à l’université face à un jury, et en présence de la Maison de Saint-Martin implantée à Paris.
Jusqu’au 30 septembre, l’art des ghost nets fait l’objet d’une exposition majeure au musée océanographique de Monaco : « Australie : La défense des océans au cœur de l’art des Aborigènes et des insulaires du détroit de Torres ». Un sujet décidément criant d’actualité.

Pour toute information complémentaire, contacter l’association CultuWide au 06 46 09 79 83, cultuwide@gmail.com

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