Temps de lecture estimé : 3 minutes
Le fait de détourner de l’argent dans son entreprise pour arrondir ses fins de mois finit le plus souvent par être découvert.

Madame G., née en 1982 à Saint-Martin, est embauchée en 2011 dans un cabinet comptable de la place. Elle est titulaire d’un bac pro secrétariat et son patron lui confie la gestion d’un portefeuille d’une vingtaine de clients. Parmi ses missions, elle réceptionne les chèques – et parfois les espèces – que les entreprises lui remettent pour divers paiement et notamment celui de de la taxe générale sur le chiffre d’affaires (TGCA). Elle doit ensuite remettre ces fonds à son patron, qui les dépose aux services fiscaux. Ce dernier a confiance dans ses salariés et s’étonne lorsque lesdits services l’informent en septembre 2014 que certains de ses clients ne paient plus la TGCA depuis trois ans. Il mène son enquête au sein du cabinet et ses soupçons se dirigent rapidement vers Mme G., qu’il convoque dans son bureau et interroge. En larmes, son employée lui avoue tout. Elle reconnaît recevoir les espèces que lui remettent entre autres les gérants de deux supermarchés chinois, leur donner un reçu, mais conserver l’argent pour elle. Elle signe une reconnaissance de dettes pour un montant de 26 000 euros, avant d’être mise à pied sur le champ pour faute grave. Elle n’a depuis jamais remis les pieds dans l’entreprise et est actuellement employée par la Collectivité, dans un service où elle ne manipule pas de fonds.
 
LE DÉTOURNEMENT S’ÉLÈVERAIT À PLUS DE 40 000 €
Son employeur a porté plainte pour abus de confiance, escroquerie, faux et usage de faux et l’enquête menée par la gendarmerie a confirmé les faits. Mais hier, à l’audience, l’avocat de l’expert comptable demande un complément d’enquête, comme l’y autorise depuis le 27 mai 2014 l’article 388-5 de la procédure pénale. Il affirme que la réquisition du procureur vers les comptes bancaires de Mme G. et de deux autres employées éventuellement complices n’a pas été correctement effectuée, qu’aucune enquête n’a été menée vers les banques de la partie hollandaise et que le montant du détournement s’élèverait à plus de 40 000 euros. L’avocat de Mme G. se déclare à son tour tout à fait en accord avec cette demande, sa cliente n’ayant selon lui pas détourné plus de 14 000 euros. Le procureur Michaël Ohayon remarque que c’est la première fois que cette demande est formulée à Saint-Martin et qu’il n’y aurait pas de difficultés à ordonner une commission rogatoire pour approfondir l’enquête.
 
« TOUT ET N’IMPORTE QUOI » AVEC L’ARGENT DÉTOURNÉ
Interrogée par le président Gérard Reverseau, Mme G. reconnaît qu’elle n’a pour le moment rien remboursé à son ancien employeur et qu’elle a fait «tout et n’importe quoi» avec l’argent détourné. Elle estime maintenant avoir volé 13 000 euros, «après un calcul mental à tête reposée», mais le tribunal lui rappelle que ce n’est pas ce qu’elle a déclaré aux gendarmes, auprès desquels elle a reconnu la somme de 26 912 euros. Le procureur a requis 8 mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans, l’obligation d’indemniser son ancien employeur à hauteur de 26 912 euros, de lui verser 5 000 euros pour la perte de sa clientèle, 2 000 euros pour les frais de justice et l’interdiction à vie d’exercer comme agent comptable. Le tribunal a suivi ces réquisitions.
Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.