Temps de lecture estimé : 3 minutes
La vidéo constitue la meilleure des preuves et cette conductrice de taxi « gypsy » n’a pas convaincu le tribunal de son innocence. Verdit : 3 ans de prison dont 1 ferme.

Jugée jeudi dernier par le tribunal correctionnel, cette résidente de Grand-Case née à Saint-Martin en 1975 était poursuivie pour vol commis avec violence, en réunion et avec dissimulation du visage. Ce vol a été commis le 7 mai 2015, dans la boutique de la presse de Hope Estate par deux hommes masqués, qui ont violemment frappé le vendeur avant de prendre les 429 euros de la caisse et prendre la fuite. Ces individus n’ont jamais été retrouvés, mais la prévenue a été repérée sur les caméras vidéo du magasin en compagnie de l’un d’eux, vingt minutes avant que le forfait ne soit commis. La mise en cause, taxi clandestine de sa « profession », explique au tribunal qu’elle ne connaît pas ces braqueurs et n’est donc en aucune manière leur complice. Elle les a pris en stop à Cole Bay, ils se sont arrêtés à Hope Estate, elle est allée gratter un jeu avec eux, et non, ce ne sont pas les caméras qu’elle regardait lorsqu’elle examinait le plafond.
 
DES HASARDS PEU PROBABLES
Elle a ensuite décidé de rentrer chez elle, mais manque de chance sa voiture a refusé de démarrer, elle a réussi à la réparer et c’est à ce moment-là qu’elle a vu les deux auto-stoppeurs se diriger vers elle en courant et lui demander de les emmener à Quartier d’Orléans. Là encore, la scène a été filmée par deux témoins qui circulaient dans le quartier, et leur vidéo a permis d’identifier la voiture et ses occupants, que les gendarmes ont pu reconnaître comme étant les personnes filmées dans le magasin. Ces explications et cette série de hasards peu probables n’ont pas convaincu le tribunal, qui a condamné cette femme à trois ans de prison, dont un an ferme, et demandé que son véhicule soit confisqué.

L’impossibilité de juger une affaire
 
Où juger une affaire dans laquelle un magistrat est impliqué? Le tribunal correctionnel de Basse-Terre, réuni en audience foraine collégiale à Saint-Martin a examiné la question.
 
L ’affaire concernait une magistrate de Pointe-à-Pitre, auparavant en poste à Basse-Terre, et qui portait plainte pour harcèlement et insultes à l’encontre de son ancien conjoint. Considérant que cette dame connaît trop bien ses collègues de Guadeloupe et que la justice se doit d’être impartiale, il était hors de question que le jugement soit rendu à Pointe-à-Pitre ou à Basse-Terre. Il a donc été décidé que cette affaire serait renvoyée à Saint-Martin, dans la mesure où aucun des magistrats n’y connaît cette personne. Mais alors dans quelle juridiction l’affaire pourrait-elle être jugée si la plaignante venait à faire appel de la décision du tribunal ? Jeudi dernier, après en avoir délibéré, le tribunal a prononcé la nullité de la citation. L’affaire devra être renvoyée devant la plus proche juridiction, soit en Martinique, soit en Guyane.    
Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.