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Dimanche dernier, alors que la fête de Saint-Louis bat son plein, les gendarmes sont appelés parce qu’un coup de feu a été tiré.

Mercredi, l’auteur de ce délit a été jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel réuni  en audience collégiale. Retour sur les faits : tout est parti d’un différend banal. Un vigile posté sur le parking mis en place pour la fête de Saint-Louis fait signe à un conducteur qu’il est en contresens et qu’il doit faire le tour du parking pour en sortir, mais ce dernier ne l’entend pas de cette oreille. Appelé à la barre pour témoigner, le vigile raconte que le prévenu est sorti de son véhicule en le menaçant. « Tu ne sais pas qui je suis, moi je suis un méchant » dit-il en sortant de sa voiture. Un autre vigile, pour éviter que la situation ne s’envenime davantage, s’approche de lui et essaie de le maîtriser. C’est à ce moment-là qu’il sort un pistolet de sa poche et tire en direction du premier vigile, qui s’écarte pour éviter le coup et est indemne. Deux autres vigiles confirment les dires du premier auprès des gendarmes, qui ouvrent une enquête. Le lendemain, le conducteur se présente spontanément à la gendarmerie pour s’expliquer.
 
IL DONNE TOUTE SATISFACTION À SON EMPLOYEUR
Né à Saint-Martin en 1988, il s’avère qu’il a été jugé par la cour d’assises en 2010 et condamné à 8 ans de prison pour violence avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Libéré en mars de l’année dernière, il a porté un bracelet électronique jusqu’en fin 2015. Depuis sa sortie de prison, il est pris en charge par le centre Saint-Symphorien, qui s’occupe des anciens détenus, et travaille dans l’entretien des espaces verts, où il donne toute satisfaction à son employeur qui ne tarit pas d’éloges à son sujet. Il coopère même avec la gendarmerie et la police territoriale comme un « grand frère » auprès des jeunes, afin de les sensibiliser à l’importance de suivre la route de la bonne conduite. À la barre, s’il conteste les dires du vigile, il reconnait avoir tiré le coup de feu, mais affirme qu’il s’agissait d’une balle à blanc et qu’il a tiré en l’air, pour faire peur au vigile qui l’énervait et lui manquait de respect.
 
« JE NE SAIS PAS CE QUI M’A PRIS »
Au président, qui lui demande comment expliquer que rien ne semble pouvoir empêcher le processus de violence d’aller jusqu’au bout, il répond qu’il regrette et avoue qu’il s’est comporté comme un « bad boy » et a juste fait un grand gâchis, alors que sa vie prenait une très bonne tournure. Il se tourne vers sa victime, lui présente ses excuses et ajoute « je ne sais pas ce qui m’a pris. » À l’une des juges qui lui demande s’il a l’intention de continuer à s’armer, il répond que « non, j’ai compris maintenant. » Le procureur remarque qu’il n’a pas le profil des habituels prévenus pour ce type de faits et que c’est d’autant plus regrettable. Il pose toutefois la question de la balle, à blanc ou réelle, car le doute existe. Mais, ajoute-t-il, « on ne peut pas faire l’économie du casier judiciaire et de la gravité de l’acte ». Il requiert trois ans de prison, dont un an avec sursis, mise à l’épreuve de deux ans, obligation de travailler et de se soigner, ainsi qu’une interdiction de détenir ou de porter une arme. Le tribunal a suivi ces réquisitions, « vis-à-vis de la crédibilité de l’institution », et a ordonné son incarcération immédiate à la prison de Baie Mahault, où il a dormi le soir même.

Voleuses ou victimes ?
 
Ces deux employées de la Samanna ont-elles tenté de voler des victuailles ou sont-elles les victimes d’un mensonge de leur supérieur ?
 
Le tribunal correctionnel les a jugées hier jeudi et se prononcera le 30 juin prochain. Rappel des faits : le 29 août 2015, alors que l’hôtel des Terres Basses se prépare pour sa fermeture annuelle, un gardien remarque un manège suspect sur le parking réservé aux employés. Il voit trois femmes placer de grands sacs poubelles noirs dans une voiture et se rend près d’elles pour en savoir plus. Sur place, il s’avère que ces sacs sont pleins de nourriture congelée, pour une valeur estimée à 800 euros. La propriétaire de la voiture est rapidement mise hors de cause, mais les deux autres employées – F. et J. – expliquent que le sous-chef leur a donné l’autorisation de prendre ces produits. L’affaire remonte tout de suite à la direction, qui mène une enquête interne, dont l’issue se traduit par un dépôt de plainte du directeur général de l’établissement pour tentative de vol.
Interrogées par les gendarmes, F. et J. reconnaissent avoir pris la nourriture tout en continuant d’assurer que leur supérieur leur avait donné son autorisation. Mais ce dernier nie les faits et les deux employées sont licenciées. Interrogées avec minutie par le président Égron-Reverseau, elles détaillent le déroulement des faits. Selon leur témoignage, elles ont demandé au sous-chef si elles pouvaient prendre quelque chose dans la chambre froide, parce que tout ce qui se perd est donné au personnel en fin de saison, il a accepté et il était présent lorsqu’elles ont rempli les sacs. Il les a même aidées à tout transporter jusqu’au parking, avec le van dont il est le seul à détenir les clés.
 
IL PEUT Y AVOIR LA PLACE POUR LE DOUTE
L’avocate du directeur souligne que les deux femmes ont donné des versions des faits différentes à leur employeur et aux gendarmes et souligne que le règlement interne stipule clairement que toute sortie de la chambre froide doit faire l’objet d’un document signé, ce qui n’est pas le cas. Elle ajoute que les produits surgelés sont conservés à l’économat pendant la fermeture et ne sont jamais donnés au personnel. L’hôtel s’est constitué partie civile dans cette affaire, car il est bien évidemment hors de question de tolérer ce type d’agissements, mais ne demande qu’un euro symbolique de dommages et intérêts.
Pour le parquet, «tout a été dit, l’élément matériel est acquis, mais l’élément intentionnel est moins clair, et il peut y avoir « la place pour le doute. » Le procureur Ohayon note que le sous-chef conteste avoir donné son autorisation, mais qu’il était lui-même en conflit avec son supérieur et que cette donnée doit être prise en compte. Quant à l’avocate de F. et J., elle demande la relaxe pour ses clientes, parce que « leur chef a largement menti, qu’il est le seul à avoir les clés du van, que plusieurs témoins disent qu’il avait donné son autorisation, qu’il s’était également servi dans la chambre froide, et que s’il avait dit la vérité il aurait été licencié lui aussi ». L’affaire a été mise en délibéré et le jugement sera prononcé le 30 juin prochain.
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