Temps de lecture estimé : 6 minutes
Jeudi dernier, le candidat à la primaire de la droite et du centre était en campagne. Il nous a livré ses envies de réformes et d’expérimentation.

SMW : Comment se déroule votre séjour aux Antilles et en particulier à Saint-Martin ?
FL : J’apprécie particulièrement la cohérence de ma vision mondiale avec les attentes de la population ici. Les Antilles Françaises doivent se tourner vers leur environnement régional, dont l’Amérique du Nord ! Saint-Martin est dans cet élan et ses handicaps d’hier vont devenir les atouts de demain. Anglicisme et proximité avec le mode qui est sur l’autre rive, ou l’autre trottoir. Cela permettra d’expérimenter des dérèglementations pour s’adapter à l’environnement régional.
 
Vous avez été secrétaire d’Etat de novembre 2010 à mai 2012 en charge notamment du tourisme. S’agit-il de votre première visite sur notre île ?
C’est la première fois que je viens à Saint-Martin mais croyez-moi, pas la dernière !
 
Saint-Martin, modeste enclave française aux Caraïbes dont on entend rarement parler en métropole, n’a que très peu de poids dans un scrutin national. La courtoisie est-elle la seule motivation de votre venue ?
Je suis passionné par le territoire expérimental de la France mondiale que Saint-Martin constitue de par son histoire mais aussi sa récente autonomie administrative et fiscale. C’est du gagnant-gagnant, pour la France et pour Saint-Martin. Engageons ici des baisses massives de règlementations. Arrêtons d’emmerder les Français. Et commençons par arrêter d’emmerder les Saint-Martinois ! Je suis venu soutenir les élus et engager des actions concrètes avec eux sur l’éducation, la liberté d’affiliation au RSI, aussi avec l’association des hôteliers de Saint-Martin, la direction de l’hôpital… Je veux connecter la France au monde. La France d’outre-mer y est prédisposée.
Il faut enfin que nous travaillions ensemble, les élus d’outre-mer de toutes tendances politiques avec les députés des Français de l’étranger. Je multiplie en ce sens les contacts avec Nouveaux Horizons, mon think tank (laboratoire d’idées), pour développer une stratégie de développement des régions ultra périphériques, aller chercher les fonds structurels européens et développer les politiques horizontales avec l’environnement régional en adaptant les normes à la réalité. Je travaille avec tous les élus, quelle que soit leur appartenance politique.
 
« ENGAGEONS ICI DES BAISSES MASSIVES DE RÉGLEMENTATIONS »
Avec quels acteurs de la vie locale vous êtes-vous entretenu au cours de votre séjour à Saint-Martin ?
La présidente de la collectivité Aline Hanson et le député Daniel Gibbs ; Philippe Thévenet, le président de l’association des hôteliers et notamment l’un des membres Baki Arbia ; Roland Toussaint et son équipe de l’hôpital Louis-Constant Fleming. Ainsi que des entrepreneurs indépendants, restaurateurs, acteurs du tourisme…
Une polémique autour du vote des Français de l’étranger à cette primaire de la droite et du centre a été relayée dans les médias nationaux au début du mois. Mardi dernier, la question a finalement été tranchée : les « expats » pourront voter. Est-ce une petite victoire sur les Sarkozistes ?
Je regrette que la promesse du vote électronique ne soit pas tenue. Et qu’il ait fallut monter une usine à gaz. Néanmoins nous avons obtenu que la folle décision initiale soit annulée et que le principe du vote électronique soit maintenu. Cela va être géré par la haute autorité et je reste très vigilant.
 
Une douzaine de candidats se sont officiellement déclarés dans cette primaire de la droite et du centre. Vous ne trouvez pas que ça commence à faire beaucoup ?
J’ai l’expérience des primaires américaines (sourire). Ils étaient 17 candidats au départ chez les Républicains !
 
Au niveau des soutiens, où en êtes-vous ?
Chaque jour, depuis 3 mois et demi, et après 74 villes, des soutiens à ma démarche se dévoilent. Merci de vous en inquiéter…
 
Lorsqu’on consulte les sondages récents, Juppé, Le Maire, Fillon et Sarkozy font figures de favoris. Si malheureusement vous veniez à ne pas comptabiliser un nombre suffisant de soutiens, appelleriez-vous à voter pour un autre candidat ?
Au lieu de scruter les sondages chacun devrait regarder les visions, les projets et les idées. Et tout le monde doit comprendre que chacun pourra voter, pas simplement les adhérents à ma famille politique !
 
Vous êtes partisan de l’allocation universelle, un revenu de base qui changerait les motivations au travail en favorisant le développement personnel par rapport au facteur argent/rémunération. Le chef d’entreprise que vous êtes est-il prêt « à gagner moins pour s’épanouir plus » ?
Il s’agit de s’adapter à notre époque et au monde. Le travail est en profonde mutation avec la liberté qu’offre le numérique et l’automatisation qui est en marche. La Google car (voiture sans conducteur), ou plutôt les Google cars roulent depuis 2 ans et demi à Palo Alto (en Californie) ! Le MIT de Cambridge nous dit que 50% des emplois d’aujourd’hui sont automatisables. Un rapport en France, que d’ici 10 ans nous allons détruire 3 millions d’emplois. Le revenu universel permettra d’éradiquer la pauvreté et de gérer la mutation du travail.
 
A titre expérimental, depuis le début de l’année dans la commune d’Utrecht, aux Pays-Bas, 300 bénéficiaires des indemnités chômage ou des minima sociaux reçoivent un revenu mensuel de 900 euros. En France, de combien pourrait être le montant de ce « minimum vital » ?
J’étais à Utrecht il y à 15 jours. Je travaille avec eux. L’expérimentation va être lancée très vite ainsi que dans trois autres villes avec 5 scénarios possibles. Je travaille avec les chercheurs et les économistes là-bas et les élus de centre-gauche. Je serai en Inde dans 15 jours où cela existe depuis plusieurs années : la violence est en chute et la santé en hausse ! Je travaille sur des scénarios entre 800 et 1000 euros et j’ai échangé avec Xavier Bertrand, le nouveau président des « Hauts de France », et j’ai bon espoir qu’il accepte d’expérimenter. Il nous faut également engager une réforme fiscale en profondeur et engager une nouvelle répartition.  

Curriculum « vite fait »

 
LES-REPUBLICAINS-2-FREDERIC-LEFEBVRE-HUM.jpg
Un homme qui lit le St Martin’s Week ne peut pas être foncièrement mauvais
Député des Français établis hors de France depuis juin 2013, Frédéric Lefebvre a officialisé sa candidature à la primaire de la droite et du centre le 21 janvier dernier. Ex-porte-parole de l’UMP et ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, ce politicien de 52 ans a également été secrétaire d’Etat chargé notamment du Tourisme de novembre 2010 à mai 2012 (gouvernement Fillon III). De juillet 2007 à juillet 2009, Frédéric Lefebvre a suppléé André Santini, nommé secrétaire d’Etat de la Fonction publique (gouvernement Fillon II), en tant que député des Hauts-de-Seine. Avocat et chef d’entreprise, il s’est engagé très jeune dans le combat politique. En 1981, alors âgé de 17 ans, Frédéric Lefebvre était déjà responsable des jeunes RPR de Garches, commune huppée des Hauts-de-Seine.
« Engageons ici
des baisses massives
de rÉglementations »

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.