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Jeudi dernier, les affaires se sont succédées au prétoire. Dans cette audience, il a beaucoup été question de violences.

24 condamnations et un mandat d’arrêt

Déjà condamné 23 fois en vingt ans dans des affaires de stupéfiants, de menaces de mort et de vol, ce prévenu était absent de l’audience correctionnelle. Il a été condamné à 18 mois de prison et fait l’objet d’un mandat d’arrêt. L’affaire remonte au 3 mai 2015. Ce soir-là,  il se dispute avec une femme qui lui doit vingt dollars et ne peut pas lui rendre. Il se saisit d’une machette et la blesse gravement au bras, en provoquant une fracture ouverte et en lui sectionnant une artère. La victime a fait l’objet d’une ITT de 60 jours et a dû subir plusieurs interventions chirurgicales.

Coups de feu et de folie

J.O. devra attendre le 2 juin pour savoir à quelle peine il est condamné. Les faits sont graves, mais le tribunal devra tenir compte de la santé mentale du prévenu. En mai 2015, armé d’un fusil à pompe, il fait irruption chez un couple qui lui doit 450 euros pour des pièces automobiles. Il tire plusieurs coups de feu à l’intérieur du domicile et blesse l’homme à la clavicule avant de prendre la fuite en menaçant d’autres personnes sur sa route. Le rapport du psychiatre parle d’un malade maniaco-dépressif, de psychose schizophrénique, d’un “être dangereux”, mais accessible à une sanction pénale tout de même. Le parquet a requis 12 à 15 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans, une obligation de soins, une interdiction de porter ou détenir une arme et une interdiction d’entrer en contact avec ses deux victimes.

Attention les yeux

Ébloui par le soleil de 7 heures du matin au volant de sa voiture, un conducteur n’a rien vu et renversé un enfant qui empruntait un passage piétons, à hauteur de l’école primaire de Grand-Case, en novembre 2015. L’enfant a subi un hématome au bras, sa maman a eu très peur et il en a perdu son téléphone. Le fait que le conducteur n’ait pas de permis de conduire valable n’a pas plaidé en sa faveur, même si la blessure infligée était totalement involontaire. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis, 100 euros d’amende et 400 euros de dommages et intérêts et préjudice confondus.

Une rupture qui se termine mal
En avril 2016, alors que la situation avec sa compagne est déjà bien dégradée, il sort dîner avec ses deux fils et revient au domicile commun de La Savane très énervé et alcoolisé, en demandant à sa compagne de « dégager de là » et en la traînant dehors en petite tenue. Elle retourne s’enfermer dans leur chambre, dont il arrive à forcer la porte avec un couteau, avec lequel il la menace. Il finit par se calmer et elle se replie dans la chambre de sa fille. Mais ce n’est pas terminé. Peu avant 7 heures, il entre dans cette chambre, toujours énervé, et fait tomber une étagère sur le lit où sont couchées la mère et sa fille. Elle quitte les lieux avec son enfant et va porter plainte plus tard à la gendarmerie. Le bail étant à son nom, elle réintègre les lieux et il part définitivement avec ses enfants. L’homme n’a pas récupéré ses affaires ni celles de ses enfants, parce qu’elle refuse de lui ouvrir la porte, et ils se disputent à ce sujet devant le tribunal. Elle demande 5.000 euros de dommages et intérêts. Le procureur Ohayon souligne qu’il y a bien eu violence et qu’il existe éventuellement une problématique alcoolique, le prévenu ayant deux fois perdu son permis pour alcoolémie. Le jugement sera rendu le 2 juin.

443 appels en moins d’un mois

Une autre affaire de rupture a été jugée, plus insidieuse. Elle porte plainte en août 2015 parce que son ex la harcèle depuis leur rupture, deux mois plus tôt. Il l’appelle des dizaines de fois par jour, l’épie, a dégradé son véhicule, a gardé les clés et entre chez elle en son absence, elle s’est retrouvée nez à nez avec lui un soir à 22 heures… Les relevés fournis par les opérateurs téléphoniques montrent 443 appels en moins d’un mois, dont de nombreux appels en pleine nuit. « Vous êtes manipulateur », lui dit le juge Égron-Reverseau, « on sent dans sa déposition une femme épuisée par vos agissements. » Elle a d’ailleurs retiré sa plainte, mais l’affaire a été retenue. « On a l’impression que vous vous fichez de la justice, on en est à la sixième condamnation, il faut arrêter de prendre la justice pour ce qu’elle n’est pas », lui jette le procureur. « Je n’ai pas d’excuse », répond-il. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en le condamnant à 120 jours amende à 10 euros et à la confiscation de son véhicule, qui sera vendu aux enchères.

Deux frères peu loquaces


A-t-il ou non blessé volontairement son grand frère? Il dit que non, mais ledit frère n’est pas présent au tribunal. L’histoire, compliquée, commence aux urgences de l’hôpital où le grand frère est admis en avril dernier, une balle dans la main gauche. Juste avant, il aurait récupéré un pistolet qu’il avait prêté à son frère, devant un bar de Quartier d’Orléans où il avait organisé une fête. Entendu à la gendarmerie, il dit simplement qu’il a été blessé et l’enquêteur estime qu’il veut protéger son petit frère. Le juge essaie d’en savoir plus, mais en vain. Le jeune homme a été condamné à 5 mois de prison avec sursis. Quant à l’arme, elle aurait été jetée par-dessus un pont.  

De mal en pis


Elle ne se souvient de rien, tant elle avait bu. Elle a pourtant été prise alors qu’elle sortait de bon matin d’un bar de Grand-Case où elle venait de voler, des billets dans son corsage et deux bouteilles d’alcool dans son sac. Interpellée, elle donne une fausse identité. À la barre, elle explique qu’elle a perdu son permis pour alcoolémie, puis son emploi de serveuse à Sint Maarten parce que sans voiture elle ne pouvait plus y aller, et bref que tout va de mal en pis, mais qu’elle a l’intention de rentrer en métropole où elle peut loger chez une amie. « Il faut vous reprendre, » lui enjoint le procureur, « là, ça ne va pas du tout et vous allez en plus avoir deux condamnations à votre casier. Rentrez en métropole, repartez sur de bonnes bases, travaillez, faites ce qu’il faut pour vous reprendre ». Elle a été condamnée à un mois de prison avec sursis, 100 euros d’amende pour avoir donné une fausse identité et 50 euros de contravention pour ivresse manifeste sur la voie publique.

Deux jugements mis en délibéré à l’audience du 14 avril 2016
 
3 mois de prison pour le demi-frère violent
Le prévenu jugé pour violences envers sa demi-sœur a écopé de trois mois de prison avec sursis. En octobre 2015, la jeune fille d’une quinzaine d’années avait été admise aux urgences de l’hôpital, le nez et plusieurs dents cassés. Son demi-frère, à l’origine de ces blessures, avait reconnu les faits. Le tribunal a accepté la constitution de partie civile de la jeune fille et de sa mère. Le jeune homme devra verser 3500 euros à la mère de sa demi-sœur et 8000 euros à titre de provision pour le préjudice subi, à valoir sur les soins après expertise médicale.
 
6 mois de prison pour l’exhibitionniste
L’individu jugé pour exhibitionnisme a été condamné à six mois de prison avec sursis. Il avait pour habitude de se rendre sur la plage de Happy Bay, où il importunait les femmes en exhibant ses parties intimes. Deux gendarmes postés en observation sur la plage le 25 novembre 2015 avaient constaté les faits de visu.
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