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Le 26 mars, lors du Grand Prix de la CANBT, 7 échantillons sanguins et urinaires prélevés ont présenté des résultats anormaux.

Le nom du cycliste saint-martinois Jean-Marie Poyo, sociétaire du Gwada Bikers, apparaît dans le rapport de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) daté du 29 avril. Contrôlé positif à l’EPO, ce récidiviste est également accusé d’être un fournisseur. Il semblerait que lui et un autre coureur du peloton, Jonathan Louis (USL), étaient régulièrement alimentés par deux infirmières libérales. Le rapport fait également état de la présence d’un Colombien dénommé « Robayo ». Salarié à la fédération colombienne, il serait l’un des fournisseurs les plus actifs du peloton guadeloupéen. Un extrait du rapport, que l’on peut découvrir sur internet dans l’article de Guadeloupe 1ère intitulé « Séisme dans le peloton guadeloupéen : un vaste réseau de produits dopants dévoilé », cite également le nom du directeur sportif du Vélo Club de Grand-Case, Fabrice Gène. On peut lire : « déjà soupçonné lors de différentes affaires judiciarisées de trafic, il a toujours été protégé par les coureurs mais poursuivait ses activités d’approvisionnement, principalement aux coureurs émargeant dans son club. » Quant à l’identité de l’auteur de ces affirmations, l’article ne la précise pas.
 
UNE VOLONTÉ DE MOUILLER LE VCG
Contacté mardi par téléphone, René Arnell, coordinateur du VCG, voit dans ces allégations des répliques à l’affaire entre Ludovic Turpin (VCG) et Joann Ruffine (ASBM) qui a enflammé le Tour de Guadeloupe 2015. Une édition remportée d’ailleurs par le leader de l’ASBM, Boris Carène, grand absent du Grand Prix de la CANBT et par conséquent de ce vaste contrôle anti-dopage (sur 99 partants, plus d’une quarantaine ont été contrôlés). Le dirigeant du VCG parle clairement de « manipulation » et d’une volonté de « mouiller le VCG. » « Le rapport cite le nom d’un directeur sportif dont aucun des coureurs n’a été contrôlé positif. Il faudrait peut-être regarder de l’autre côté. » En effet, des détails sont troublants, un tout particulièrement : 6 des 7 contrôlés positifs fréquentent ou ont fréquenté les rangs de l’ASBM ou du Gwada Bikers. Si on ajoute l’USL avec Jonathan Louis, on obtient le club actuel de Boris Carène et deux de ses anciennes équipes.
 
UN COMITÉ QUI TOMBE DES NUES
Interrogé mardi au micro de Guadeloupe 1ère par Daniel Marius, président de l’association Les amis de Boris Carène et dont l’intégrité journalistique ne fait par conséquent aucun doute, le président du comité cycliste de Guadeloupe, Philippe Mouëza, s’est dit « très surpris » par les révélations de ce rapport. A la veille du Grand Prix du Conseil départemental, il a aussi invité les 7 coureurs contrôlés positifs à ne pas prendre le départ de cette « course importante dans le calendrier du comité régional cycliste. » Le Grand Prix du Conseil départemental a débuté ce mercredi et se termine ce dimanche.

Les 7 contrôlés positifs
 
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Le Saint-Martinois Jean-Marie Poyo (Gwada Bikers), récidiviste, est également accusé de fournir d’autres coureurs

Fendley Boyeau (USL, 23 ans), Heptaminol (Stimulant)
Jonathan Camargo Mendoza (ASBM, 27 ans), EPO (CERA)
Johan Dartron, (ASBM, 29 ans), EPO (CERA) et hormone de croissance (1er cas sur le territoire français)
Jonathan Louis (USL, 27 ans), EPO
Adam Josef Pierzga (ASBM, 31 ans), EPO et Methylhexanamine (Stimulant)
Jean-Marie Poyo (Gwada Bikers, 25 ans), EPO
Luis Sablon (VCS, 29 ans), Prednisole, Prednisolone (Corticoïdes)

Résultats anormaux, vies en danger et grande première

D’après le rapport de l’AFLD, « 7 échantillons sanguins et urinaires prélevés (sur 99 partants) ont abouti à des résultats anormaux, dont 5 à des substances non précisées, soit un taux de positivité record (16,6%) par rapport à la moyenne nationale (1 à 2%). (…) Certaines analyses, qui corroborent la problématique de santé publique du dopage dans le cyclisme guadeloupéen, feraient état de taux d’hématocrite de 67, c’est à dire un niveau où la vie du sportif est clairement en danger. » Par ailleurs, le « premier cas positif sur le territoire français à l’hormone de croissance » a été détecté.
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