Temps de lecture estimé : 6 minutes
Le 31 mai dernier, un nouveau parti fêtait son lancement officiel à la CCISM. Entretien avec son président Jules Charville, conseiller territorial indépendant qui se dit « de gauche mais sans étiquette » et médiatise régulièrement ses prises de position.

SMW : Quelle est la philosophie du Hope Party ?
 
Jules Charville : Pour la première fois à Saint-Martin, il s’agit de la création d’un parti pour le peuple. D’ailleurs notre slogan est « For the people, with the people, by the people ». La majorité de ses membres sont nouveaux et n’ont jamais été membres de l’association « True Hope for Saint-Martin » (ndlr créée fin 2013). Le parti rassemble aussi beaucoup de jeunes. Nous avons pour ambition de redonner un véritable espoir à la population, de lui être plus proche dans la façon de faire les choses. Par exemple, lorsqu’il sera question de créer une liste électorale, nous pensons l’associer par des réunions de proximité. Nous serons ouverts à des propositions de candidats dans chaque quartier. D’ici la fin de l’année, une liste sera bouclée.
Le Hope Party porte, comme son nom l’indique, l’espoir d’un meilleur Saint-Martin. Il nous faut sortir de ce marasme économique, nous sommes dans une crise qui semble ne pas avoir d’issue. Nous pensons être la solution politique, nous avons des propositions fortes pour l’économie et la jeunesse.
 
Quels sont les dossiers qui vous préoccupent ?
 
Il faut absolument recommencer le PLU et la nouvelle équipe aura ce travail à faire. Surtout, il faudra le faire en concertation avec la population, il sera nécessaire d’écouter les propriétaires terriens, il faut qu’ils soient entendus. Le PLU ne peut se définir sans eux.  
 
Je reste aussi très attaché à la question des 50 pas géométriques. Il y a près d’un millier de dossiers en souffrance et de nouveaux qui arrivent ! Le problème c’est que la commission ad hoc censée travailler sur cette question ne se réunit pas assez souvent. Pour preuve, il y a eu une première réunion en mars 2015, puis plus rien jusqu’en avril 2016. Normalement cette commission est supposée se réunir tous les deux mois. J’en conclus un manque de volonté politique. Il y a aussi un vrai manque de moyens car une seule personne est en charge de tous ces dossiers.
 
Concernant la modification de la loi organique (ndlr : l’association True Hope avait remis un rapport en ce sens à Aline Hanson il y a deux ans) tout se fait au ralenti. Ça avance à petits pas alors que ce dossier est vraiment important. Notamment sur la question de la gouvernance, pour laquelle il faut absolument faire la séparation des pouvoirs. Autre exemple, la loi organique ne permet pas de recouvrer les recettes de la Collectivité autrement que par le Trésor public. A Saint-Barth, c’est pourtant possible. Sur la coopération, il n’est pas normal que la présidente ne puisse signer un accord avec son homologue de Sint Maarten sans la préfecture. La loi organique peut lui donner ce pouvoir.
 
Vous évoquez en début d’entretien la crise économique. Quelles sont vos propositions pour offrir un nouveau souffle au territoire ?
 
Il faut absolument lutter contre le chômage. Lors de la campagne de 2012, on a entendu des promesses de créations d’emploi. Cela a fait rêver beaucoup de jeunes. Hope Party affirme qu’il faut les faire espérer avec des actions concrètes. Je prends pour exemple l’hôtellerie. La Belle Créole, c’est une niche de 300 à 400 emplois. Le propriétaire a un permis de construire pour des villas, il faut aller le chercher, au lieu de faire rêver la population avec des projets qui n’ont jamais lieu. Je pense aussi au site de Happy Bay. Ce sont des niches d’emploi qui ne sont pas activées. J’en conclus qu’il n’y a pas de volonté pour que les choses se débloquent. Au lieu de proposer des choses grandioses, améliorons nos infrastructures. Un schéma routier existe, ils en parlent. Sortez-le ! Qu’il y ait un début de travaux ! Assainissement, eaux usées : avancez ça avant de penser à amener des supers projets où vous savez qu’avec l’existant ce n’est pas suffisant, c’est du rêve !
Il faut mettre en place des choses simples, rendre la vie plus facile. Travailler sur l’insécurité : la police territoriale est presque invisible ! Il faut faire de Saint-Martin ce que c’était avant, dans le sens où la vie y était vraiment agréable. Ceci, pour nos touristes : faire en sorte que leur séjour redevienne un moment agréable. Aujourd’hui ils ne sont plus à l’aise, il un a un réel problème de délinquance et sur ce tout petit territoire c’est inconcevable. On peut faire plus pour la sécurité, c’est inacceptable que la COM et l’Etat acceptent ça. On a un problème, et il peut se régler. Je ferai en sorte de stabiliser cette île pour que les investisseurs soient encouragés à y revenir. Et il y a du travail.
 
 
Qui est-il ?

 
HOPE-PARTY-2-Jules-Charville.jpg
Jules Charville est entré en politique à l’âge de 24 ans lorsqu’en 1977, le docteur Hubert Petit qui souhaitait se représenter aux élections municipales l’invite à rejoindre sa liste. Après la défaite contre Elie Fleming, la liste se représente en 1983. Jules Charville va alors siéger sur le banc de l’opposition lors de la première mandature d’Albert Fleming. Le conseiller municipal continue de s’engager aux côtés du docteur Petit et siègera dans l’opposition jusqu’en 1992, année de son retrait momentané de la vie politique, pour se consacrer à son entreprise.
En 2001, Jules Charville revient aux affaires sur la liste d’un nouveau parti, le MAP. En 2006, un an avant les premières élections territoriales, il initie un rassemblement politique devenu ensuite le RRR. Sous la première mandature de la Collectivité, l’homme qui souhaitait plutôt être présent au Conseil économique, social et culturel (CESC) en devient le secrétaire. En 2012, il décide de ne pas rejoindre le RRR emmené alors par Alain Richardson, arguant de « divisions ». Il rejoint alors l’Union pour la Démocratie (UD), espérant « retrouver l’esprit de rassemblement ». Six mois après l’investiture de la majorité RRR, Jules Charville quitte le groupe de l’opposition pour faire cavalier seul sur les bancs du Conseil territorial, estimant que c’est ainsi qu’il parvient à « mieux défendre les intérêts de la population ».
 
 
Les membres du Hope Party (conseil d’administration)

 
HOPE-Party-3-membres.jpg
 
Jules Charville
Eugene Duzant
Jimmy Hodge
Jeannette Boirard
Guy Cairo
Sabrina Charville
Victor Paines
Thierry Stephen
Helene Hunt
Clement Gumbs
Shamani Richardson
Xavier Hanson
Alum Paines
Abigail Pavot
Gregoire Dumel
Angeline Laurence
Martin Hughes
Pierre Lake
Helene Micot-Bride.
Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.