Temps de lecture estimé : 6 minutes
Les violences, verbales et physiques, ont constitué la majeure partie des affaires jugées par le tribunal correctionnel jeudi dernier. 

Contrôlé, il ne se contrôle plus
 
Né à Saint-Martin en 1988, ce jeune apprenti-cuisinier a été condamné à 80 heures de travaux d’intérêt général (TIG) qui l’inciteront peut-être à mieux se maîtriser la prochaine fois qu’il sera contrôlé par les gendarmes. Le 21 avril dernier, rue du Général de Gaulle, le jeune homme s’apprête à démarrer son scooter. Il est garé sur une place pour handicapés et, manque de chance pour lui, une patrouille de gendarmerie passe par là et décide de le contrôler. Sa réaction est immédiate : « Vous me cassez les couilles avec votre contrôle de merde! ». Il refuse de donner son identité, le ton monte et les gendarmes doivent le maîtriser. Sa réaction est d’autant plus regrettable qu’il est à 100% en règle.
 
À la barre, il reconnaît qu’il a résisté et regrette son attitude, qu’il attribue au fait qu’il avait des problèmes avec sa copine ce jour-là, mais il se plaint quand même de faire l’objet de trop nombreux contrôles routiers. Le procureur Ohayon, qui fait état d’un incident similaire pour lequel il a été jugé en composition pénale, lui rappelle que c’est précisément le travail des gendarmes de faire des contrôles. Il a accepté de faire ses 80 heures de TIG, qui seront remplacées par un mois de prison avec sursis s’il ne s’en acquitte pas dans un délai de 18 mois.
 

 
Une triste affaire
 
Mariés depuis 25 ans, ils vivent à présent chacun de leur côté, elle avec leurs trois enfants dans l’appartement qui leur appartient et lui, SDF, dans un conteneur. Il a été jugé jeudi dernier pour violences volontaires sur son épouse et avait fait auparavant l’objet d’une composition pénale. Dans l’incapacité de payer les 200 euros de l’amende à laquelle il avait été condamné à cette occasion, il a dû comparaître au tribunal correctionnel. L’affaire est simple, mais triste. Le 29 août 2014, sa femme arrive chez elle vers 16 heures et remarque que le linge mis à sécher n’a pas été rentré alors qu’il a plu. Lorsqu’il revient du casino vers 1 heure du matin, ils se disputent à ce sujet. Il s’énerve, la pousse, elle l’attrape par son T-shirt, il la repousse et elle se blesse à la tête en tombant. Elle porte plainte, précise que ce n’est pas la première fois qu’il la frappe et bénéficie d’une ITT de 3 jours.
Les gendarmes, lors de l’audition du mari, lui demandent pourquoi ils ne divorcent pas, et il répond qu’il voudrait bien mais que financièrement ce serait difficile, car il a perdu son emploi de chauffeur-livreur. Elle l’a finalement mis à la porte en décembre 2014 et il vit depuis dans un conteneur. Appelée à la barre pour témoigner, elle sort son mouchoir, pleure et tourne la tête, sans jamais regarder dans la direction de celui avec lequel elle a partagé 25 ans de vie conjugale. Le parquet a demandé une peine d’avertissement et le tribunal l’a condamné à un mois de prison avec sursis. Il a également reçu la constitution de partie civile de son épouse, qu’elle devra chiffrer avant le 30 juin prochain. D’abord réticente à demander des dommages et intérêts, « parce qu’il ne pourra pas payer », elle a été encouragée par le juge à le faire, dans la mesure où l’insolvabilité du prévenu peut être prise en compte par la commission d’indemnisation des victimes.  
 

 
Une triste affaire (bis)
 
Le prévenu, né en 1992 à Saint-Martin, n’était pas présent à l’audience, où il a été jugé pour violence avec arme. Mais son père était là et a répondu à toutes les questions du tribunal. Le 1er mai 2016, le père en question appelle les gendarmes après que ce fils violent se soit disputé avec son frère et l’ait frappé avec un marteau. Très calme à l’audience, le père estime que son fils a besoin d’un traitement psychiatrique. Il raconte qu’il ne lui parle plus depuis ce jour-là, qu’il tabasse régulièrement le chien, qu’il ne dort pas et erre la nuit dans les rues, qu’il a eu des histoires avec les voisins, que la vie est impossible avec lui, et qu’il craint le pire. Le juge lui explique qu’il existe dans le système judiciaire français la possibilité d’interner quelqu’un qui présente un danger pour les autres. Le père le sait déjà, mais s’est trouvé en butte à une impossibilité d’hospitaliser son fils, faute de structures spécialisées suffisantes à Saint-Martin et en Guadeloupe. Il parle du passé, explique que son fils a accidentellement perdu son meilleur ami il y a cinq ans, qu’il l’a envoyé en Angleterre étudier à la suite de ces faits et qu’il a perdu les pédales pendant ce séjour lointain.
 
Le psychiatre estime qu’il est accessible à une sanction pénale et qu’il a très bien compris ce qu’il avait fait. Il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve, ainsi qu’à une obligation de soins. « S’il y a de nouvelles violences, vous allez immédiatement voir les gendarmes pour que votre fils soit placé en garde-à-vue et hospitalisé » a conseillé le juge à ce père désespéré.
 

 
Coups de feu et violences conjugales
 
Le tribunal correctionnel a rendu jeudi dernier les délibérés de deux affaires jugées le 19 mai. L’individu jugé pour avoir fait irruption à Sandy Ground chez un couple qui lui devait 450 euros, avoir tiré plusieurs coups de feu et blessé l’homme avant de prendre la fuite, a été condamné à 8 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de 2 ans et à une obligation de soins. Le rapport du psychiatre parlait d’un malade maniaco-dépressif, de psychose schizophrénique et d’un «être dangereux», mais accessible à une sanction pénale tout de même.
 
Prévenu pour avoir commis des violences sans ITT sur sa compagne alors que la situation du couple était déjà bien dégradée, ce père de deux enfants a lui été condamné à 750 euros d’amende avec sursis. Le tribunal a reçu la constitution de parie civile de son ex, à laquelle il devra payer la somme de 300 euros.
Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.