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En officialisant la création de son Samu Social, la Croix-Rouge de Saint-Martin fait un pas de plus pour lutter contre l’exclusion sociale. Un dispositif  jusqu’alors peu structuré et fonctionnant de manière épisodique.

Comme partout ailleurs, et même si la misère est moins pénible au soleil, Saint-Martin souffre d’une recrudescence de personnes qui se déconnectent du système. Et peu de structures existent pour apporter des réponses à cette forme d’exclusion sociale. La Croix-Rouge de Saint-Martin, sous l’égide de son directeur territorial Antilles Ghislain Coëffard et de son responsable local, Pascal Courbet, ont su convaincre l’Etat et la Collectivité de l’urgence à mettre en place un véritable SAMU Social. Objectif : maintenir un lien et rétablir un dialogue avec les personnes en situation d’exclusion et leur apporter des réponses.
 
L’Etat, l’A.R.S. (Agence Régionale de Santé) et la Collectivité de Saint-Martin, par un chassé-croisé de financements, ont ainsi permis à la Croix-Rouge l’installation des équipes de travail dans de nouveaux locaux au-dessus de la station essence Cadisco de la Baie Orientale, et l’embauche récente de deux médiateurs sociaux à temps plein, en les personnes d’Amédée Six et de Sinius Adams. Deux Saint-Martinois, hommes de terrain, connus depuis longtemps pour leur investissement dans la vie locale. L’inauguration officielle de ce nouveau dispositif s’est déroulée jeudi dernier en présence de la préfète de Saint-Martin Anne Laubies, et de nombreux partenaires (hôpital Louis Constant Fleming, CCI de Saint-Martin, Initiative Saint-Martin, la gendarmerie nationale…)
 
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Sinius Adams et Amédée Six, les deux médiateurs sociaux qui vont à la rencontre des personnes démunies.
 
CRÉER UN OBSERVATOIRE DE L’EXCLUSION SOCIALE
Les maraudes (qui permettent d’aller à la rencontre des personnes dans la rue) quasi-quotidiennes sont devenues possibles par une organisation mieux structurée et surtout permanente sur un secteur géographique plus grand : Quartier d’Orléans, Sandy Ground, Agrément, Marigot. Alors qu’en 2015, 17 maraudes uniquement de nuit ont pu avoir lieu, ce sont désormais jour et nuit que les médiateurs et les bénévoles vont à la rencontre des plus démunis. En deux mois, l’équipe est allée à la rencontre de plus d’une centaine de personnes. « Cette extension de l’activité à la journée permet de rencontrer un public différent de celui de la nuit, comme par exemple les jeunes déscolarisés, les personnes vivant dans des maisons ou appartements totalement insalubres », explique Pascal Courbet. « Notre objectif, continue-t-il, est d’identifier de mieux en mieux les personnes vivant en grande difficulté, de leur apporter des réponses au plus proche de leurs besoins en les orientant vers notre réseau de partenaires. Partenaires administratifs, de santé, mais aussi les entreprises ou toute autre entité privée ou publique qui, à un instant T pourra aider une personne ». Et Ghislain Coëffard d’ajouter : « Nous sommes conscients du manque cruel de structures existantes pour apporter des réponses concrètes et rapides. Pour exemple, il n’y a pas aujourd’hui de structure d’accueil d’urgence pour les hommes. Seules les femmes et enfants peuvent être recueillis au Manteau de Saint-Martin. En revanche, notre travail sur le terrain va permettre de créer un véritable observatoire de l’exclusion sociale à Saint-Martin. Et outre le fait de renforcer toujours le lien avec ces personnes et de maintenir le dialogue, nous serons dans le futur en mesure de demander un accompagnement plus fort de la part de l’Etat, de la Collectivité et de leurs administrations ».
 
La création du Samu Social n’est autre que le prolongement de la formidable chaîne de solidarité humaine initiée par la Croix Rouge et ses partenaires.
 
Vous avez besoin d’aide ou êtes le témoin d’une urgence : contacter le Samu Social au 0690 32 32 66 ou composer le 115.
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