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Mardi et mercredi, l’exploitation, dont les unités de production sont à l’arrêt depuis un mois, a été bloquée par un ancien employé.

Poumon économique de la partie française et seule carrière légale de l’île, l’exploitation de Hope Estate emploie aujourd’hui une dizaine de personnes. Après avoir cessé son activité en mai 2014, la carrière avait repris du service depuis plus d’un an après avoir trouvé un repreneur, le groupe JHP, qui avait succédé à Colas (groupe Bouygues). Sa production, estimée à 1.000 tonnes de granulats par jour, alimente largement l’industrie des travaux publics et du bâtiment de chaque côté de l’île. Une cessation d’activité, et c’est plusieurs secteurs économiques qui s’en trouveraient fortement impactés puisque faire importer les agrégats coûte beaucoup plus cher…
Or le site est au point mort depuis plusieurs semaines. Faute d’électricité, le groupe JHP a été contraint de placer son personnel en chômage partiel. Les contrats en CDD n’ont pas été renouvelés. Et c’est d’ailleurs le cas d’un travailleur saint-martinois qui a vu son contrat, qui courait jusqu’au 24 mai, ne pas être reconduit.
 
LA BALANCE IMMOBILISÉE
Le hic est que cet ex-employé de la carrière n’aurait depuis jamais reçu l’argent de son labeur ni les documents lui permettant de faire ses démarches auprès de Pôle Emploi. A court de patience, celui-ci aurait donc décidé de bloquer le peu d’opérations qui reste à la carrière, c’est-à-dire le transport de matériaux. Aussi, mardi après-midi et mercredi, avec le renfort de 3 autres personnes, l’ancien employé a choisi d’immobiliser l’aire de pesée du site en plaçant un véhicule sur la balance. Sous le regard de la gendarmerie, un ou plusieurs camions chargés de sable auraient tout de même réussi à quitter les lieux pour effectuer des livraisons.
 
UN ÉTAT PARTIAL
« C’est une honte », s’insurge Victor Paines qui, à titre personnel, a soutenu le travailleur saint-martinois dans sa démarche. « Alors que la balance était bloquée, ils ont essayé de faire du transport. Je suis surpris que la gendarmerie ne l’ait pas empêché. » Pour cette figue du collectif Saint-Martin Wake Up, « l’Etat a été partial » dans cette affaire. Le blocage a finalement été levé mercredi. « Comme par magie, on lui a dit que quelqu’un va venir de Guadeloupe pour solder son compte et lui permettre de se déclarer à l’Assedic », constate Victor Paines. De son côté, le capitaine Emmanuel Maignan rapporte que l’un des 4 bloqueurs aurait crevé les pneus d’un camion et que le groupe JHP a porté plainte pour dégradation.
 
DES CHOSES « INTÉRESSANTES »
Contactés suite aux récents événements, les exploitants de la carrière n’ont pas souhaité faire de commentaire. Le manager, M. Rénaud, a d’ailleurs démenti le fait que la carrière ait été bloquée. Il a par contre confirmé que, pour des raisons obscures, le site de production est bel et bien privé d’électricité depuis un mois, et que seules les opérations de transport perdurent. Alors que l’avenir de la carrière de Hope Estate et celui des employés semblent une nouvelle fois menacés, le directeur garde espoir que l’activité redémarre. Victor Paines, lui, laisse entendre à demi-mot que d’autres problèmes rongent la carrière. « Il y a beaucoup de choses intéressantes à découvrir. » Et par « beaucoup de choses intéressantes à découvrir », il serait étonnant que l’homme de Saint-Martin Wake Up fasse allusion à de l’andésite ou quelque autre minéral de Saint-Martin.
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