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Face à la progression de l’épidémie, les autorités espèrent sensibiliser la population aux gestes de prévention demain sur le Front de Mer, à partir de 8 heures du matin.

Avec déjà 200 cas confirmés de zika dont six femmes enceintes depuis le 15 janvier, et un nombre de cas cliniquement évocateurs toujours très élevé (140 sur la seule semaine 23), Saint-Martin est toujours placé en phase 3a du Psage (programme de surveillance, d’alerte et de gestion des émergences), phase épidémique appelant des mesures de gestion habituelle. La propagation du virus ne s’essoufflant pas, la Préfecture, la Collectivité, le Centre hospitalier et l’Agence régionale de santé ont donc organisé une vaste opération de sensibilisation à destination de la population. Rendez-vous est donné ce mercredi 22 juin à partir de 8 heures sur le Front de mer de Marigot, à proximité du marché.

f346e026708bd9bfa4c258b6d0707a5d_lINCITER À SE PROTÉGER
Comme la Dengue et le Chikungunya, leur cousin Zika se transmet par les piqûres de moustiques porteurs du virus. L’entrée dans la saison cyclonique et les précipitations plus abondantes vont de pair avec le risque de voir se multiplier les gîtes larvaires, ces eaux stagnantes qui constituent de véritables pouponnières pour l’Aedes aegypti. Les autorités vont donc distribuer à la population des flyers « ZIKA, Le Combat Reprend ! », édités en français, anglais et espagnol. Il sera rappelé à la population les réflexes à adopter pour se protéger contre les insectes piqueurs : utilisation de répulsifs, de vêtements longs et de moustiquaires.
DISTRIBUTION DE GOLOMINES
Les « golomines » ou «guppies», petits poissons de 2 à 3 centimètres, raffolent des larves de moustiques. Placés dans les citernes, ils concourent ainsi à les éliminer et donc, à lutter contre la prolifération des insectes. Un cadeau de Mère Nature dont on aurait tort de se priver d’autant qu’il est possible de s’en procurer gratuitement auprès de l’Agence régionale de santé. Ce mercredi, lors de la manifestation anti-zika à Marigot, il sera également possible de repartir avec un petit sac de guppies pour les placer dans votre citerne.
Le chiffre
Plus de 90% des lieux de ponte des moustiques (eaux stagnantes) pourraient être contrôlés (suppression des dessous de pots à fleurs, nettoyage des gouttières, gestion responsable des déchets…).
200 cas à Saint-Martin, 20 cas à Sint Maarten…
 
Mercredi dernier, chez nos amis du Sud, le ministre de la Santé Emil Lee faisait état de 20 cas confirmés de Zika recensés au lundi 13 juin, rapporte le Daily Herald. De l’autre côté de la frontière, la CIRE Antilles – Guyane (cellule inter-régionale d’épidémiologie) rapporte elle 200 cas confirmés depuis le début de l’émergence en janvier. On se souvient des railleries occasionnées par les différences de statistiques entre les deux côtés de l’île, lors de l’épidémie de Chikungunya. Pour le Zika, on est également en droit de se demander si le moustique s’arrête à la frontière, à moins qu’il trouve la chair humaine du côté français un peu plus tendre… Ces écarts de chiffres s’expliquent probablement par les disparités de fonctionnement entre les deux systèmes de santé, le système de protection de notre territoire français incitant plus volontiers à consulter. Les autorités néerlandaises ne peuvent cependant pas ignorer les chiffres du côté français… à moins de vouloir minimiser l’épidémie pour des raisons économiques.

Antilles-Guyane : déjà 2 cas de microcéphalie

En Guyane, un nouveau cas de microcéphalie lié à Zika vient d’être confirmé chez une femme enceinte de 32 semaines porteuse du virus. En mars dernier, le premier cas de malformation cérébrale était identifié en Martinique, chez un fœtus dont la mère, infectée par le zika, était sous surveillance échographique renforcée. Selon une étude récente publiée par The New England Journal of Medecine, une femme enceinte infectée par Zika lors de la grossesse aurait entre 1 et 13% de risques de donner naissance à un enfant victime de microcéphalie. Les femmes enceintes doivent donc rester particulièrement attentives et adopter des mesures de protection renforcées contre les piqûres de moustiques.
LE SAVIEZ-VOUS ?
Il n’y a pas de transmission de la maladie de personne à personne. Par contre, le virus présent dans le sang d’une personne pendant les premiers jours de la maladie peut être récupéré par un moustique lors d’une piqûre. Le moustique une fois infesté peut alors transmettre le virus aux personnes vivant dans l’entourage. En effet, pendant les 7 premiers jours de la maladie, la personne malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une personne malade durant cette période se contaminera en prélevant le sang et donc le virus. Se protéger, c’est donc éviter de transmettre l’infection à son entourage.
Il n’existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d’antalgiques (comme le paracétamol), le repos. De plus, les médicaments de type salicylés (aspirine) sont à éviter du fait de la coexistence de la dengue dans les zones où circule le virus et du risque induit de saignement. actuellement, aucun vaccin n’existe contre la maladie Zika.
Les virus du Zika, du Chikungunya et de la Dengue sont différents. Le fait d’avoir déjà été infecté ne protège que contre la maladie concernée, pas contre les autres maladies.
Les femmes enceintes sont particulièrement à risque puisque susceptibles de développer des malformations congénitales. Il leur est recommandé de consulter leur médecin pour assurer un suivi, si elles résident ou se rendent dans des zones où le virus est présent. Il est spécialement recommandé aux femmes enceintes de se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques et tout particulièrement au cours des deux premiers trimestres de la grossesse. Il est important pour toutes les femmes enceintes résidant en zone épidémique, avec ou sans antécédent de piqûre de moustiques ou de symptômes de l’infection à Zikavirus, d’avoir un suivi médical de grossesse adapté. Le suivi habituellement recommandé chez les femmes enceintes devrait permettre de dépister les microcéphalies, notamment grâce aux échographies périodiques de suivi de grossesse.
Le syndrome de Guillain-Barré ou polyradiculonévrite inflammatoire aiguë est une atteinte des nerfs périphériques, il s’agit d’une complication neurologique en lien avec l’infection par le virus Zika, décrite au Brésil et en Polynésie française lors des épidémies de Zika en 2013 et 2015. Des études sont en cours pour établir l’association entre l’infection au virus Zika et les risque de développer un syndrome de Guillain-Barré.
Le moustique Aedes aegypti pique essentiellement durant la journée. Il est plus actif au lever et au coucher du soleil. Contrairement à d’autres moustiques, ses piqûres sont peu douloureuses. Par ailleurs, c’est un moustique furtif. Dès qu’il est dérangé, il s’envole et peu même interrompre son repas sanguin. Ses piqûres passent donc souvent inaperçues, voilà pourquoi il faut se protéger systématiquement durant la journée.
Les pulvérisations insecticides ont été considérablement réduites au cours de ces dernières années pour trois raisons essentielles. D’abord, du fait de la baisse d’efficacité des composés insecticides liée aux phénomènes de résistance. Ensuite, les composés insecticides n’étant pas sélectifs, ils peuvent générer des déséquilibres écologiques. Enfin, des directives européennes ont considérablement réduit le nombre de composés autorisés ; il n’y actuellement qu’une seule famille d’insecticide destinée à tuer les moustiques adultes, ce qui constitue un élément qui favorise le développement des résistances.
(Source : « Zika, le guide en 42 questions-réponses », édité par la préfecture de Région Guadeloupe et l’Agence régionale de santé)
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