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Une conductrice a été condamnée à 3 ans de prison, dont 30 mois avec sursis, pour avoir refusé la priorité et provoqué un accident mortel, il y a un an.

Le 15 juin 2015 à 18h50, un motard percute une automobile qui venait de lui refuser la priorité et meurt quelques jours plus tard. L’accident a eu lieu sur la route de Quartier d’Orléans, au niveau d’un carrefour à Belle plaine. La conductrice a été jugée hier par le tribunal correctionnel réuni en audience collégiale. Ce triste accident s’est produit dans des circonstances particulières, hélas très fréquentes sur nos routes : la prévenue comme la victime étaient tous les deux sous l’emprise du cannabis et ni l’un ni l’autre n’avaient de permis de conduire ni d’assurance.
 
À la barre, cette femme née à Saint-Martin il y a 33 ans, raconte qu’elle a bien vu les phares d’un véhicule qui arrivait en sens inverse, mais pas la moto. Estimant qu’elle avait le temps de tourner à gauche sur l’impasse Arrendell, elle commence sa manoeuvre et voit à ce moment-là la moto foncer dans sa direction. Il est trop tard pour réagir, le deux-roues percute violemment l’avant du véhicule et son passager est éjecté sur le pare-brise, côté passager. Elle est indemne et ses deux enfants, qui n’avaient pas bouclé leurs ceintures de sécurité, souffrent de légères contusions.
 
1,3 ET 10,77 GRAMMES DE THC PAR LITRE DE SANG
 
« Comment pouvez-vous circuler sans permis et sans assurance avec vos enfants à l’arrière? » s’étonne le président Égron-Reverseau. Elle explique qu’elle veut éviter à ses enfants de marcher trop longtemps. « Vous allez devoir payer pour tous les dommages occasionnés, vous êtes la seule responsable, toute votre vie vous allez être embêtée avec ça » lui assène-t-il, en rappelant que la mère de la victime s’est constituée partie civile et demande des dommages et intérêts. Circonstance aggravante, elle avait fumé un joint le matin et l’analyse a révélé la présence de 1,3 gramme de THC par litre de sang. « C’était l’anniversaire de la mort de ma meilleure amie et j’étais triste, c’est pour ça que j’ai fumé du cannabis ce jour-là » se justifie-t-elle.
 
Le motard, mort à 29 ans, était employé chez Mac Do et père d’une petite fille, qui vit à Saint-Eustache et qu’il voyait pendant les vacances. Il pilotait une moto puissante – une Kawasaki 600 cc – et n’avait pas attaché la boucle de son casque. L’analyse a mis en évidence la présence de 10,77 grammes de THC par litre de sang.     
 
« UN HOMME EST MORT À CAUSE DE TOUT ÇA »
 
Le procureur Ohayon a évoqué toutes les audiences du tribunal correctionnel à juge unique, le jeudi après-midi, et ce qu’y répète le président : que l’on ne peut pas faire n’importe quoi au volant et certainement pas conduire sous l’emprise de stupéfiants, ce qui constitue un délit pénal. « On est effaré, » poursuit-il, « elle n’a jamais passé le permis par manque d’argent, elle n’a pas d’assurance, mais elle conduit régulièrement depuis plusieurs années, elle n’a pas les papiers de la voiture, qui appartient à son beau-frère et qui est un véhicule volé, les enfants ne sont pas ceinturés à l’arrière et elle fume des joints. C’est vraiment du grand n’importe quoi et un mépris total des règles de la sécurité routière. Et un homme est mort à cause de tout ça ».
 
Il constate qu’elle n’a pas de casier judiciaire, qu’elle est honorablement connue, mais souligne que les faits sont graves et que la peine doit refléter cette gravité. Il requiert 3 ans de prison, dont 2 avec sursis et des amendes.
 
LE MOTARD N’A RIEN VU NON PLUS
L’avocat de la prévenue met en avant le fait que l’on ne voit pas de phare sur ce qui reste de la moto et que le conducteur du deux roues n’a rien vu non plus, comme le prouvent les traces de freinage, sur 5 mètres seulement. Il révèle également que le motard a fait un court passage aux urgences de l’hôpital de Marigot où une fracture a été réduite, que sa famille l’a rapidement fait hospitaliser au Sint Maarten Medical Center, où il a été placé sous coma artificiel avant d’être envoyé en République Dominicaine, où il est décédé 15 jours plus tard. Le tribunal a reçu la constitution de partie civile de la famille de la victime, qui fera l’objet d’un jugement le 13 octobre 2016.
 
Il a condamné la prévenue à 3 ans de prison, dont 30 mois avec sursis, ce qui signifie que les 6 mois fermes seront aménagés par le juge d’application des peines. Elle devra payer 400 euros d’amende pour le défaut d’assurance et 100 euros pour le refus de priorité.  
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